L'Edito

Printemps islamiste

Par L'Economiste| Edition N°:2177 Le 22/12/2005 | Partager

La question islamiste sera incontestablement au cœur des prochains arbitrages politiques au Proche-Orient. Deux événements pourraient avoir des implications majeures dans une région du monde déjà malmenée par la crise en Irak. D’abord en Egypte, ensuite en Iran. En Egypte où les frères musulmans sont bon an mal an parvenus à faire passer 88 représentants au Parlement. Ce ne sont pas des passagers clandestins mais des députés qui se sont fait élire en dépit de la pression du régime Moubarak. Une percée législative au forceps, qui peut-être cache une poussée beaucoup plus importante des barbus au pays de Naguib Mahfoud. Du moins, beaucoup plus que ne le laissent entendre les chiffres officiels. Certes, nous ne sommes plus à l’ère nassérienne. L’Egypte d’aujourd’hui ne fait plus la pluie et le beau temps en matière de géopolitique dans la région. Ces «évolutions» politiques n’en révèlent pas moins le rejet par une des plus fortes populations arabes du modèle politique occidental. Elle est aussi annonciatrice d’un avenir incertain. En Iran, où depuis son arrivée au pouvoir, le nouveau président a tout fait pour se faire remarquer, multipliant les déclarations, aussi provocantes les unes que les autres. Il faut remonter à l’époque Khomeyni pour retrouver des prises de position aussi extrêmes. Ces déclarations n’ont servi en rien les desseins d’un pays qui n’a fait que s’attirer les foudres des capitales occidentales. Comble de la stupidité, si l’Iran cherchait un consensus, ou de la discrétion, autour de son programme nucléaire, c’est raté. Un régime de Mollah est toujours suspect. A moins d’un retournement de conjoncture, il est prématuré de s’attendre à une rédemption politique d’Ahmadinejad. En attendant, le printemps islamiste retrouve ses hérauts.Mohamed Benabid

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc