L'Edito

Posture préventive

Par Mohamed BENABID| Edition N°:5402 Le 30/11/2018 | Partager
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Textile, distribution, bombonnes de gaz... les poupées russes de l’ALE avec la Turquie ne finissent pas de s’empiler. Elles montrent que les vertus de l’ouverture économique sur certaines régions se révèlent en réalité un piège pour plusieurs secteurs.

Elles confirment l’impuissance des différents gouvernements qui se sont succédé à en atténuer les contrecoups et masquent peut-être aussi un autre sujet,  l’impréparation aux négociations commerciales.

Pour les bombonnes de gaz turques, les sociétés pétrolières redoutent des arbitrages défavorables à la production locale. Les risques d’exposition à la puissance partenaire s’alimentant de la maîtrise de maillons stratégiques.

Comme pour la sidérurgie où le Maroc a perdu du terrain. Le sujet est sensible dans un secteur qui consolide à peine sa libéralisation et/ou les positions ne sont jamais définitivement acquises.

On peut s’interroger à ce stade sur la capacité à esquiver de futurs coups, pour cet ALE, comme pour d’autres. A défaut de revenir sur les engagements pris sur le plan bilatéral et multilatéral, le gouvernement devrait s’employer à éviter une myopie naïve.

Le juste milieu est à trouver entre une ouverture émulatrice, capable de stimuler la compétition, la mise à niveau, idéalement créatrice d’emploi, et une vigilance soucieuse de préserver les maigres acquis de l’industrialisation. Sans pour autant cautionner la rhétorique suspecte d’un patriotisme économique dans ses excès. Et sans protéger les rentes de situation. Une posture préventive en somme.

Mohamed BENABID

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