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    L'Edito

    Migrants

    Par Mohamed BENABID| Edition N°:5409 Le 11/12/2018 | Partager
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    Finalement, la migration a son pacte. Sur la forme, c’est une raison suffisante pour s’arrêter sur le bilan du sommet de Marrakech. C’est un pied de nez pour ceux qui doutaient du caractère soutenable des négociations.

    En dépit de la fronde des anti, la communauté internationale a pu décrocher un compromis dans une sorte de clash de conscience et pour une crise humanitaire que l’Europe tout particulièrement, faisait mine de ne pas voir.

    Sur le fond, cette première victoire est de bonne guerre, mais ne devrait pas masquer les évidences. Pas besoin d’être grand clerc pour imaginer que le Pacte mondial sera cloué au pilori si les ambitions s’en tiennent à des principes généraux: «Dignité du migrant», «plus grande coopération». Des mesures qui ne sont même pas contraignantes.  Tout cela pour ça? seront tentés de proclamer les détracteurs.

    Au-delà de sa victoire diplomatique, la performance sur le Pacte mondial peut donc paraître modeste tant qu’elle n’est pas suivie d’effets. Il ne faut pas laisser le doute s’installer. Le dossier de la migration est une nourriture pour l’extrême droite et le populisme de nombreux pays dont elle a reconfiguré les cartes politiques. 

    Une intolérance qui persiste à n’analyser les déplacements humains qu’à travers le prisme de la menace identitaire, du fardeau pour les budgets publics, jamais de la source de prospérité, du moteur économique ou de la soupape démographique. Même pas sensible au désespoir des populations forcées à partir pour fuir les guerres. 

    A l’heure où les voix de la globalisation portent de moins en moins, où le multilatéralisme est ringardisé violemment et où l’ordre international autour des Nations unies paraît bien timide et souvent asymétrique. C’est donc cette image d’un monde cynique offrant régulièrement des facettes hideuses de ses transformations qu’il s’agit de dissiper un tant soit peu.

     

     

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