×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    L'Edito

    Malnutrition

    Par Nadia SALAH| Edition N°:5265 Le 04/05/2018 | Partager
    nadia_salah.jpg

    Le FMI l’a encore rappelé jeudi 3 mai. Cela fait des années qu’il se fait l’écho des inquiétudes de l’opinion publique marocaine: il faut une croissance de 6% par an, juste pour que le chômage n’augmente pas.

    Maintenir le chômage là où il est n’a évidemment rien  à voir avec la désastreuse sortie du gouvernement et son 1,2 million d’emplois, une annonce bien taillée pour exaspérer les gens vis-à-vis des responsables politiques.

    Une exaspération alimentant un boycott, ce qui fera sûrement plus de mal que de bien à l’économie, puisqu’un boycott, par définition, est fait pour faire du mal.

    Quelle est la propension de l’économie marocaine à atteindre 6% de croissance? Nous y sommes arrivés ou nous avons dépassé ce taux de croissance, 12 fois en 38 ans, de 1970 à 2008.

    Soit une fois tous les trois ans, avec quelques belles pointes au-delà du 10%. La moyenne des taux de croissance sur une aussi longue période n’a pas beaucoup de sens, mais,  par acquit de conscience, signalons qu’elle était un peu au-dessus de 5.

    Ce n’est pas la même musique quand on franchit l’année 2008. Depuis, on a affaire à une baisse tendancielle où le plus haut du plus haut a été de 5,2 (en 2011). La moyenne est tombée à 3,6. C’est clair: nous sommes à la moitié de ce qu’il faudrait réussir à faire. Et, plus navrant, la tendance va dans le mauvais sens.

    La baisse tendancielle de la croissance est un peu comme la malnutrition chronique: on n’en meurt pas, mais tout se détraque; on attrape tous les microbes qui passent, on a de moins en moins de force.

      La différence est que la baisse de la croissance touche des millions de familles, pour qui l’horizon s’obscurcit doucement.

    Le pire n’est pas là. Il est dans le fait que leur horizon menace les espoirs qu’elles ont investis dans leurs enfants. Mais en face, il n’y a toujours pas de stratégie économique.

    Les responsables politiques doivent arrêter de traiter les gens comme s’ils ne comptaient pas.

     

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc