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    L'Edito

    La croissance

    Par Nadia SALAH| Edition N°:5276 Le 21/05/2018 | Partager
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    Les boycotteurs parlaient de pouvoir d’achat. Aujourd’hui, gouvernement en tête, on parle de prix.  On veut noyer le poisson car ce n’est pas la même chose.

    Les prix n’augmentent que très peu, très lentement, et ce depuis longtemps. Le coût de la consommation au Maroc est légèrement inférieur à la moyenne mondiale. Ils montent très lentement entre 0,4% et 1,5% par an depuis 8 ans. Les prix mondiaux sont au-dessus de 2% avec des pointes à 5% et même  9% (record de 2008). Ce qui aurait dû interpeller les analystes des facultés d’économie… Passons.

    Mais alors, si les prix marocains bougent si peu, d’où vient ce sentiment d’avoir plus de peine à vivre aujourd’hui?  En fait, ce ne sont pas les prix qui ont bougé, c’est la situation des familles moyennes qui s’est affaissée. Légèrement certes, mais affaissée tout de même.

    On le voit très bien quand on regarde les taux de croissance: la moyenne mondiale navigue entre 2,5 et 2,9%, le Maroc se traîne entre 1,2 et 2,6%. Une seule pointe en 2015 à 4,5%. Or, il nous faut un minimum de 6% juste pour absorber les jeunes qui arrivent, chaque année, sur le marché du travail.

    Pas besoin d’un dessin, c’est là qu’est le problème: la croissance. Le Maroc est un pays en voie de développement. Si les gouvernements ne se mettent pas tout entiers au service de la croissance, elle ne se fait pas toute seule. 

    Il ne faut pas chercher plus loin le pourquoi de cette vaste destruction de la qualité des emplois que l’on voit depuis dix ans.

    Peu de croissance, on partage les emplois: on est moins payé ou pas payé du tout, quand on a la «chance» de pouvoir rester en famille. Au Maroc, on ne jette pas les enfants chômeurs et les cousines seules à la rue (pas encore?).

    C’est l’absence de croissance qui ronge le pouvoir d’achat. Elle ruine les ambitions des familles pour leurs enfants. Et finalement elle aura bientôt dévoré cette couche moyenne dont le Maroc était fier, à juste titre.

     

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