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    L'Edito

    Exclusion

    Par Mohamed BENABID| Edition N°:5034 Le 30/05/2017 | Partager
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    En indigné multirécidiviste de la société marocaine, feu Mohamed Mjid avait un jour confié à l’auteur de ces lignes: «Les jeunes au Maroc ne connaissent que le Roi et 60 hizbs»(1). 

    Les «hizbs» font bien évidemment référence au Coran, pas aux partis politiques. L’actualité continue malheureusement de justifier son calembour. Rien ne montre mieux le désert politique que les micro-émeutes de ces derniers jours. Il y a bien là un effet d’aubaine pour des activistes bien ou mal intentionnés qui tentent de faire sortir des formes d’expression politique,  des procédures conventionnelles.

    Avec parfois des débordements vers la violence. Si certains arrivent à faire converger ces mouvements de contestation, c’est qu’en face il n’y a rien. Ni cadrage, ni prise en main. L’enquête de L’Economiste que nous avons publiée hier le montre bien. Les Marocains continuent de faire confiance au Roi mais pas aux partis qui n’ont  plus la faveur des jeunes.

    Le fossé entre la classe politique et les gouvernés est un dysfonctionnement grave. Il se trouve au cœur d’une crise que n’atténuent pas les différentes initiatives pour moderniser l’édifice politique, qu’il s’agisse des seuils de représentativité, des quotas, du non-cumul des mandats...

    Dans bien des situations, l’intérêt pour les gouvernés, la vie des populations dans les quartiers des villes et des campagnes, sont négociés plus comme des objets de communication politique que de véritables projets de développement. Il ne s’exprime d’ailleurs qu’à l’occasion des élections.  Au-delà, la logique d’apparatchiks reprend le dessus.  C’est cela l’exclusion civique et politique.  Elle est  beaucoup plus grave que l’exclusion sociale. Elle la nourrit.

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    (1) Mohamed Mjid, «Poil à gratter jusqu’au bout», L’Economiste du 21 mars 2014.

     

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