L'Edito

Couac

Par L'Economiste| Edition N°:2174 Le 19/12/2005 | Partager

La pantalonnade qui s’est dénouée à la Chambre des conseillers nous invite à réfléchir sur les rapports entre démocratie et information.«Pas de changement», disaient Oualalou et Jettou qui ne connaissaient pas le budget qu’ils défendaient. «Pas de changement», répétaient tous les ministres… Jusqu’au jour où ils se sont aperçus que leur propre politique (tourisme, énergie, promotion des investissements…) allait être «plumée» par deux mesures fiscales, une par action, l’autre par omission. Et ne parlons pas du tissu économique dans son ensemble qui aurait eu à choisir entre plonger dans la clandestinité ou se figer dans l’état où il se trouvera au 31 décembre 2005. Ce qui n’est pas exactement dans la ligne de la politique économique du Royaume, on en conviendra!Avec ce gros couac, nous ne sommes pas dans le domaine de la gouvernance ou de la cohérence des actions publiques, mais dans celui de l’information. Ni plus ni moins. Bien sûr il est facile de reprocher aux ministres de ne pas lire les textes qu’ils défendent, mais en réalité ce reproche est injuste. Pis: il est inefficace. Le vrai problème c’est la chaîne de l’information. En effet, on ne peut pas imaginer qu’un ou plusieurs responsables dans cette chaîne ait (aient) sciemment menti pour induire en erreur les hauts fonctionnaires, le gouvernement et les élus de la nation! L’information sur les effets économiques a été mal transmise, peut-être mal évaluée, mais en tout cas mal discutée. Des mesures désastreuses pour un objectif excellent ont ainsi parcouru presque toute la chaîne de décision, de l’idée à la loi.Il n’en reste pas moins que se pose toujours la question de l’égalité devant l’impôt: seulement 20% des entreprises payent des impôts. Ce n’est pas celles-ci qu’il faut surtaxer, c’est les autres qu’il faut surveiller… et donner à la Direction des Impôts les moyens de le faire.Nadia SALAH

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