L'Edito

Cerveaux

Par Mohamed BENABID| Edition N°:5254 Le 18/04/2018 | Partager
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Au Maroc, il n’y a pas de croissance, mais il y a des informaticiens! La pénurie de profils IT,  toujours aussi vive à en juger d’après notre enquête (voir rubrique Compétences & RH), se prête à une double lecture.

La première est d’y voir un coin de ciel bleu dans le paysage assez sombre du système éducatif national. Quoiqu’en disent les critiques, le Maroc négocie finalement une place plus qu’honorable dans la guerre des talents. Voilà en effet une précieuse exception, celle de l’excellence des écoles marocaines en informatique. 

Si le digital confirme dans la foulée son statut de marché international des compétences, il faut rester lucide: les succès ne sont jamais définitifs. Partant, il faut redoubler d’efforts pour préserver ces avantages, compte tenu tout particulièrement d’une concurrence féroce. La deuxième lecture est plus nuancée. A moins de se satisfaire de l’argument de la mobilité transfrontalière,  impossible de ne pas voir la moitié vide du verre.

Le Maroc forme, mais n’arrive pas à retenir ses talents. En plus de  l’absence de contrepartie, il faut également tenir compte des pertes de coût d’opportunités ainsi que des effets d’externalité que ces profils auraient pu apporter pour l’économie du pays. Ces préoccupations trouvent une traduction concrète dans la crise de recrutements que rencontrent de nombreuses entreprises qui cherchent à se développer ou à se réorganiser dans le sillage du boom numérique.

Difficile d’inverser un vieux principe: les «cerveaux» émigrent là où ils trouvent travail, épanouissement,  salaires et considération. A quelle hauteur ces déterminants peuvent interpeller gouvernement et/ou entreprise? Que chacun balaye devant sa porte…

 

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