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    Culture

    Voie du soufisme, voie du salut

    Par L'Economiste | Edition N°:921 Le 21/12/2000 | Partager

    . Selon le penseur Faouzi Skalli, l'homme a besoin, aujourd'hui d'effectuer un retour aux sources pour se réconcilier avec lui-mêmeDans une atmosphère imprégnée de spiritualité, Faouzi Skalli, Directeur du Festival de Fès des Musiques Sacrées du Monde, a donné lors de la manifestation culturelle «les dimanches ramadanesques de L'Agora«, organisée au profit de l'Association L'Heure Joyeuse, une conférence sous le thème: «Le soufisme aujourd'hui«, dans le cadre conviviale du Centre de Conférences L'Agora. Auparavant, l'orchestre de samaâ, dirigé par M. Hassan Daadi a interprété des chants soufis transportant l'assistance dans le monde enchanteur du mysticisme et de la spiritualité.En prenant la parole, Faouzi Skalli, a commencé par expliquer que le soufisme constitue la dimension intérieure de l'islam, autrement dit, sa partie ésotérique. Pour faire ressortir le rôle de la spiritualité dans la vie de tout être humain, il a mis l'accent sur cette relation inexorable qui les a toujours liés. Et le conférencier de constater que l'homme a besoin d'un bien-être spirituel pour combler le vide dans sa vie. Aujourd'hui, encore plus qu'avant, on assiste à un retour au soufisme et à ses valeurs toujours aussi valables et plus que jamais actuelles. N'est-il pas un «océan sans limites qui nous apporte un breuvage sans fin qui n'étanche pas notre ivresse«. Cette ivresse est celle des soufis qui ne se lassent jamais de puiser dans les réserves divines à la recherche de l'état de grâce et de l'accomplissement spirituel. Ibn Machiche, un soufi de renommée disait: «Celui qui a trouvé Dieu, qu'a-t-il perdu et celui qui a trouvé autre chose qu'a-t-il trouvé?« Leur objectif ultime, l'élévation à travers un amour inconditionnel de Dieu, un amour qui ne peut être formulé par des mots, à l'image du bonheur suprême de l'union avec l'entité divine après avoir parcouru un long chemin. Pour parcourir ce chemin, le soufi est armé de la religion qu'il revêt comme on revêt un vêtement. Il vit une expérience personnelle et profonde qui le conduit à la maturité et le met sur le chemin de la vérité. C'est ce que les soufis appellent «daouk« (saveur ou goût spirituel). Religion et spiritualité ne font donc qu'un, selon l'éminent conférencier. La religion est là pour développer le côté spirituel de l'individu. Les textes sacrés ne manquent pas de préciser que la religion n'est pas un héritage qu'on perpétue par la force des choses ou par habitude, mais une expérience personnelle et spirituelle que chacun vit au fond de lui-même. Cette recherche de la paix intérieure préside à un retour en force de la chose spirituelle dans la vie de l'homme d'aujourd'hui. Il tente de se réconcilier avec lui-même après une période de rupture dictée par certaines théories qui ont rejeté tout ce qui n'est pas palpable et matériel, citons à titre d'exemple, le positivisme, le marxisme ou encore l'existentialisme. Toutes ces idéologies ont fait perdre son âme à l'homme. La globalisation qui a standardisé toutes les pensées n'a pas facilité les choses. Le salut se trouve donc dans la spiritualité qui offre un mode de pensée ancrée dans la tradition musulmane. En adoptant la méthode soufie, l'homme commencerait par se débarrasser de tout ce qui est de trop, à savoir tous ces voiles qui l'éloignent de lui-même. Au bout de ce dépouillement, il retrouve sa vraie nature «la fitra« qui constitue la réalité première de tout homme. Dans cette opération, Faouzi Skalli met en garde contre le repli identitaire, l'objectif étant, au contraire, l'ouverture sur l'universel. Le soufisme n'est pas une idéologie où tout le monde pense de la même façon. Il y a autant de chemins qu'il y a d'êtres humains. Le soufisme est par excellence le domaine de la diversité. Au-delà du temps et de l'espace, la religion en général et le soufisme en particulier restent toujours d'actualité. Et Faouzi Skalli de préciser «même en anthropologie, l'élément religieux est le coeur battant de toute civilisation«. C'est dire que la spiritualité est loin d'être superflue. Kenza ALAOUI

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