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    Economie

    Visite de Sa Majesté le Roi en France : Les relations économiques seront plus fluides

    Par L'Economiste | Edition N°:229 Le 09/05/1996 | Partager

    Paris, le 8 mai 1996. De notre envoyée spéciale, Nadia SALAH

    La garantie à 70 % de la CFD pour un emprunt de 1,5 milliard de FF mais des " interrogations " sur le programme Nord à l'economie n'a pas été en reste du voyage officiel de S.M ; le Roi en France, bien que ces thèmes n'aient pas mis en avant.

    Côté marocain, l'idée est de desserrer la pression des repaiements de la dette. Mais la demande s'est heurtée au fait que les réserves en devises sont trop importantes pour justifier davantage de souplesse que celles obtenues dans l'accord Arthuis-Kabbaj, concernant le traitement de 1 milliard de FF.
    "La garantie d'un emprunt marocain est le maximum que nous pouvions faire", souligne un haut fonctionnaire français qui aurait préféré que l'arrangement ne soit pas rendu public durant la Visite Royale. Le refinancement a été annoncé dans nos colonnes, dès le 2 mai: à ce moment-là très peu des détails étaient connus. A l'heure où nous mettions sous presse le présent numéro de L'Economiste, les conditions bancaires n'étaient pas fixées. Les banques candidates doivent faire leurs propositions.
    Pour l'arrangement Arthuis-Kabbaj concernant la réduction de la dette proprement dite sont apparus des signes d'embarras.
    En effet, les 400 millions de FF de dettes effacées, sous conditions qu'ils soient destinés à des programmes dans le Nord, ont fait l'objet de demandes d'assouplissements de la part de Rabat. "Pas question d'élargir la destination géographique", indique un diplomate français. "Pour assouplir les modalités de gestion, il faut étudier", commente un fonctionnaire du Trésor français.
    Là comme auprès des diplomates, on se dit très "embarrassé d'avoir à traiter avec plusieurs interlocuteurs marocains (...) en attendant que l'Agence responsable soit réellement opérationnelle".
    Rappelons que le nom de M. Bahraoui, ancien secrétaire général du Ministère du Plan et actuellement chargé des programmes du Nord au Ministère de l'Intérieur, a été plusieurs fois cité pour prendre la direction de l'Agence.
    A Paris, la partie française ajoute que l'opérationnalité de l'Agence permettra à la France d'argumenter et d'appuyer auprès de Bruxelles les demandes marocaines visant à obtenir des aides pour la lutte contre la drogue et créer des activités de substitution dans le Nord.
    Côté politique, le grand moment de la visite restera le Discours du Souverain devant l'Assemblée Nationale française. Discours consacré aux modes d'évolution institutionnels, il a rencontré l'approbation de la majorité de l'Assemblée.
    Les propos de SM le Roi ont été en revanche soulignés par plusieurs personnalités, et surtout ont été repris par M. Seguin, puis par le président Chirac lui-même. Ils ont mis en exergue les résultats obtenus par "la démocratisation à la marocaine": expression des partis politiques, sécurité, progrès dans la liberté de la presse et dans la liberté économique.
    Pour Paris, donc, c'est la dynamique du mouvement qui compte, et cette dynamique est non seulement approuvée mais aussi fortement appuyée, quand elle n'est pas en plus donnée en exemple.
    Le travail d'image qui a été fait est déjà perceptible: quand vous signalez que vous êtes du Maroc, vos interlocuteurs ont déjà recommencé à vous regarder comme des gens normaux. Avant, soit vous étiez plaints comme si vous arriviez d'un enfer, soit vous aviez droit à cette odieuse flagornerie qui ne voit que la bonne affaire commerciale à faire sur le dos d'un "profiteur". Tout dépendait de la manière de vous habiller...
    La mise au point qu'a réalisée la visite de S.M. le Roi devrait rendre les relations humaines plus simples, donc les relations économiques plus fluides pour un plus grand nombre d'entreprises.

    Une mise au point des connaissances

    Accueil plus que chaleureux pour les officiels comme pour les accompagnants. En fait, la réception du Souverain à l'Assemblée Nationale française a servi à lancer, dans la classe politique de l'Hexagone, un débat qui a des allures de mise au point des connaissances.
    Car en ce domaine, elles datent. Les dernières nouvelles ont bien cinq ans d'âge et encore sont-elles appuyées sur des méthodes d'analyses qui, elles, ont entre quinze et vingt ans. N'y figurent pas les interrogations des milieux d'affaires marocains sur la campagne d'assainissement. Rien, absolument rien, sur les débats et les enjeux concernant les futures réformes constitutionnelles.
    La présence du Souverain qui a sa double légitimité, religieuse et de sang, devant l'Assemblé Nationale, avec sa légitimité de vote, est un paradoxe suffisamment puissant pour pousser aux remises à jour.
    C'est ainsi que les informations et les discussions se sont orientées vers les différentes formes de l'Islam, vers l'évolution des comportements des citoyens, et en un mot vers les problèmes de modernisation.

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