Economie

Villas économiques: Une clientèle potentielle de 240.000 ménages

Par L'Economiste | Edition N°:2174 Le 19/12/2005 | Partager

. Ils sont actuellement locataires. Une circulaire adressée aux agences urbaines. Objectif: donner la priorité au concept pour les dérogations d’urbanisme Le Premier ministre s’est déplacé au ministère de l’Habitat pour découvrir le nouveau concept de villa économique que Mohamed Taoufik Hejira lui a présenté avec maquettes à l’appui, vendredi dernier. Après le départ de Driss Jettou, qui n’a pas assisté à l’exposé d’Ahmed Lahlimi, prévu au programme de la matinée, le ministre est revenu sur la genèse du projet. Les opérations-test à Agadir et Marrakech ont très bien marché au point que beaucoup de candidats ont passé des nuits blanches devant l’établissement public afin d’être les premiers servis. Passé ce cap, il fallait préparer le concept pour lancer une opération d’envergure d’une consistance de 9.299 villas économiques. C’est chose faite. Aujourd’hui, c’est au secteur privé de prendre le relais, a dit le ministre. D’ailleurs, les Erac peuvent céder des projets si un promoteur se manifeste. Sur les encouragements de l’Etat en faveur de l’implication du privé dans cette opération de villas économiques, une circulaire sera prochainement envoyée aux agences urbaines pour donner la priorité des dérogations d’urbanisme aux projets de villas économiques. A moyen terme, dans les nouvelles générations de documents d’urbanisme, des zones entières seront dédiées à ce produit, a promis le ministre. Autre promesse de Hejira: dans la deuxième tranche de 500 ha nets du partenariat privé/public, le ministère réservera une partie pour cette opération. Pour un promoteur privé, la mobilisation du foncier à des prix compétitifs sera décisive pour la réussite de l’opération.Pour convaincre l’assistance composée de promoteurs privés et d’architectes, le ministre a fait appel à Ahmed Lahlimi, haut-commissaire au Plan, pour faire un exposé sur la classe moyenne à la lumière des données dont dispose son département sur le sujet. Les éléments fournis à cette occasion montrent l’importance de l’habitat dans l’économie. En moyenne, l’investissement dans le logement s’élève à 22,6 milliards de DH par an, soit 56,5% de l’investissement dans les BTP. Lahlimi a voulu être «plus pragmatique et tenter une approche modeste d’une demande potentielle pour un programme de villas économiques d’une valeur unitaire de 600.000 DH». Les chiffres qu’il a avancés se basent sur les résultats du recensement de la population et de l’habitat de 2004. A cela s’ajoutent les données des enquêtes nationales sur la consommation et les dépenses des ménages. Autre élément pris en compte, les autorisations de construire délivrées.Le haut-commissaire a été catégorique: les Marocains préfèrent les logements autonomes. Les villas économiques arrivent donc à point nommé. Ainsi, 75,2% des ménages habitent des logements de style marocain dont 62,6% dits modernes et 12,6% traditionnels. A cela s’ajoutent 3% des ménages qui habitent des villas. Il est également revenu sur le type de logement selon l’ancienneté. Ainsi, l’état du parc montre que 80% des maisons marocaines traditionnelles ont plus de 20 ans. Pour les maisons modernes, plus de 52% ont moins de 20 ans. C’est le cas également pour 53% des villas et 66% des appartements. Au total, plus de 35% des ménages habitent des maisons marocaines ou des villas de construction récente. Les plus anciennes sont occupées par 7,8% des ménages.Face à une demande favorable à l’habitat autonome constitué de maisons et de villas, l’offre n’a été que de 89.200 unités en moyenne au cours des dix dernières années.Lahlimi a tenté de définir la clientèle potentielle du programme des villas économiques. Ainsi, les ménages intéressés par ce nouveau produit pourraient se recruter dans une classe moyenne définie par une dépense mensuelle de l’ordre de 8.000 DH. Le revenu mensuel est de 10.000 DH. Cette catégorie sociale comprend 800.000 ménages en 2004 et s’accroît annuellement de 2% au cours des cinq prochaines années. La clientèle potentielle à cibler pour les villas économiques serait constituée de 240.000 ménages locataires dont 160.000 sont dans les maisons marocaines, 70.000 dans les appartements et 10.000 dans des villas. Cette clientèle se compose de dirigeants ou cadres à hauteur de 61%, de commerçants et d’artisans de 25%. Le reste est constitué d’ouvriers qualifiés. Cependant, le projet n’a pas pris en compte les forts potentiels de la région de Casablanca où sont localisés 34,1% des clients. Les opérateurs publics d’habitat n’ont rien prévu dans cette zone.M. C.

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