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    Economie

    Université d’été «Un monde libre»
    La propriété peut faire évoluer les mentalités
    Entretien avec Mamadou Koulibaly, président d’un think tank libéral

    Par L'Economiste | Edition N°:3338 Le 11/08/2010 | Partager

    . La responsabilité conjuguée au vote rend les élus plus disciplinés. Privatisation: Comment verouiller les cessions de patrimoineLe Pr. Mamadou Koulibaly est président de l’Assemblée nationale en Côte d’Ivoire. Contesté en ce moment, cet agrégé d’économie de l’Université d’Aix en Provence est également président du think tank libéral indépendant Audace Institut Afrique (AIA). Il démontre comment l’accès à la propriété peut changer les mentalités, en Afrique et dans le monde, ainsi que les enjeux de la privatisation. - L’Economiste: L’accès à la propriété peut-il vraiment avoir un impact sur le développement et l’évolution des mentalités en Afrique?- Mamadou Koulibaly: Il faut comprendre que la propriété est une relation qui s’établit entre les hommes au sujet de l’utilisation des différents biens auquel ils ont accès. Définie ainsi, la propriété permet de fixer le potentiel économique des biens. Elle permet aussi d’avoir des informations sur les propriétés. Du coup, une confiance s’installe entre propriétaires qui sont responsables de leurs biens. A partir de ce moment là, la confiance lubrifie les échanges. Ainsi les propriétés deviennent fongibles, avec des combinaisons de capitaux et des divisions d’actifs. De là s’installe le processus de reconstituer en permanence le capital pour s’adapter à la demande et s’enclenchent des réseaux et des relations par la division du travail et des transactions plus sûres. Ce qui a sûrement des effets sur les mentalités dans la mesure où la responsabilité conjuguée au bulletin de vote rend les hommes politiques plus disciplinés.- Autrement dit, vous êtes aussi favorable à la notion de privatisation?- Disons que je suis pour la privatisation dans le sens de la réduction de la taille des Etats. Mais attention, la privatisation ne signifie pas arracher les propriétés des entreprises aux Etats pour les donner à des monopoles privés. A mon sens, la privatisation signifie que chaque fois que l’on décide qu’une entreprise ou un secteur d’activité doit sortir du portefeuille de l’Etat vers le privé, que l’on procède par appels d’offres. L’appel d’offres permet de donner plus de valeur à l’entreprise en question plutôt que le marché au gré à gré qui s’entoure nécessairement de corruptions et de pots de vin. Et si l’on procède par appel d’offres, on fait jouer la compétition et la liberté de l’échange. C’est ce qui permet à la propriété privée de jouer son vrai rôle. Cette liberté de l’échange entraîne une augmentation du rendement des entreprises. Par contre procéder au gré à gré implique une cession du patrimoine de l’Etat à des copains. - Mais la privatisation suppose un terreau fertile et un cadre institutionnel favorable…- La privatisation permet à l’Etat de recevoir quelques moyens et de se consacrer à l’essentiel de ses fonctions comme la Justice, la Sécurité, la Défense. L’Etat n’est pas obligé d’être dans tous les secteurs: financier, bancaire… Mieux, la privatisation implique un Etat de droit avec une justice crédible, une liberté des contrats pour que les juges puissent trancher dans le sens des contractants. Mais en l’absence de l’Etat de droit, les privatisations conduisent généralement à des cessions de patrimoines sans que la population ne voie l’efficacité en retour. Une efficacité qui se mesure par une réduction des coûts et une facilitation d’accès pour les populations.- Il y a aussi les limites de l’accès à tout va à la propriété, qui se traduit par des corporatismes et des excès de lobbying de groupes d’intérêt?- Bien sûr. Mais cela n’arrive que lorsqu’on privatise en dehors de l’Etat de droit. En revanche, lorsque l’opération se fait via le marché boursier, le marché financier ou par appel d’offres, il est difficile qu’un lobby s’impose au reste de la population. Parce que l’Etat de droit suppose que d’autres lobbies se créent pour défendre les intérêts adverses. La compétition entre lobbies finit toujours par maintenir un certain équilibre qui est favorable à la population. Mais s’il y a un lobby qui écrase les autres, c’est que l’Etat donne des privilèges et favorise une partie au détriment du reste. Autrement, on se réfère à la loi et à l’Etat de droit.- Faut-il impérativement libéraliser?- Il faut instaurer les réformes juridiques nécessaires. Car si on privatise en dehors de l’Etat de droit, c’est la catastrophe. Les secteurs entiers appartenant à l’Etat vont se retrouver dans le giron d’entrepreneurs privés. Et les possibilités de contestation seront absentes.


    Réformes

    «LA première piste pour l’ensemble du continent s’articule autour des réformes pour l’Etat de droit », souligne Mamadou Koulibaly. Pour lui, il ne s’agit pas de donner des bulletins de vote tous les 5 ou 7 ans, mais de donner le droit de propriété à l’ensemble de la population et faire en sorte qu’il y ait des titres fonciers, un marché financier pour placer l’épargne au lieu de la maintenir sur des comptes d’épargne classiques. Mais cela suppose aussi que le marché de l’investissement soit ouvert, que les taux d’intérêt ne soient pas fixés de façon rigide et que les bourses de valeurs puissent donner des modèles. Sinon, les élites africaines continueront à placer leurs épargnes à l’étranger, dit-il.Interviewé par Amin RBOUB

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