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    Une nouvelle page pour la CNCA

    Par L'Economiste | Edition N°:298 Le 02/10/1997 | Partager

    L'attente est terminée. M. Abdellah Lahlou a cédé son fauteuil de directeur général de la CNCA à M. Saïd Ibrahimi. L'homme est du sérail, mais doit faire preuve de tact pour sortir la Caisse du bourbier. Portrait.


    C'est en définitive M. Saïd Ibrahimi, jusque-là directeur général de la BMAO, qui est nommé à la tête de la CNCA en remplacement de M. Abdellah Lahlou. Né en 1956 à Rabat où il a obtenu le bac en 1975, le nouveau patron de la CNCA est diplômé de l'Ecole Centrale de Paris (option économie 1981). Parallèlement à son troisième cycle de génie industrielle effectué dans le même établissement, il a mené des recherches sur la stratégie d'entreprises, puis sur la stratégie d'achat de Renault au Laboratoire Economique, Industriel et Social de l'Ecole.
    M. Ibrahimi a entamé sa carrière professionnelle en 1986 comme directeur d'agence à la BNP. Trois ans plus tard, il est nommé chef du Groupe d'Agences en Région Parisienne. Le nouveau DG de la CNCA ne restera pas longtemps dans cette fonction. Il rentre au Maroc en janvier 1990, mais ne quitte pas pour autant le giron de la banque publique française. M. Ibrahimi est en effet directement installé directeur-adjoint à la BMCI. En mai de la même année, il prend en charge la Direction Centrale de la clientèle entreprise. Il gravit à nouveau les échelons et devient en 1992 directeur central responsable du réseau d'exploitation. En 1995, M. Ibrahimi quitte définitivement la BMCI et le Groupe BNP pour rejoindre la BMAO, filiale de la BNDE, où il occupera successivement les fauteuils de directeur général-adjoint et de directeur général. Un moment pressenti pour un haut poste dans le public, M. Ibrahimi y prend effectivement pied mais via la banque.

    L'homme est bien du sérail. Cependant, il a hérité d'un dossier très sensible que son prédécesseur, sous le siège de la presse, a eu le mérite de sortir des labyrinthes secrets de l'Administration. Un diagnostic est déjà fait et une thérapie prescrite. Si le mal est effectivement bien cerné, il ne lui reste plus qu'à poursuivre l'opération chirurgicale déjà entamée. Le plan de restructuration prévoit une première tranche de recapitalisation à hauteur de 250 millions de DH. Les statuts seront incessamment modifiés. La Caisse sera scindée en deux entités: une BNCA (Banque Nationale de Crédit Agricole) et des banques régionales contrôlées à parts égales par la BNCA et les agriculteurs.

    Appui politique


    Dans l'immédiat, M. Ibrahimi se «fera la main» sur le recouvrement des créances en souffrance, notamment les non-agricoles pour lesquelles une procédure de contrainte par corps a été engagée à l'encontre de plusieurs gros clients. Sur ce volet, un banquier proche du dossier confiait il y a quelques jours: «Le futur DG devra disposer de solides appuis politiques lui permettant de résister aux probables pressions de l'Intérieur, des Finances ou de l'Agriculture».
    Côté professionnel, l'homme, qui affiche une discrétion à la limite de la timidité, a vécu à la BMCI une expérience de restructuration teintée de crises sociales qui lui sera d'un grand secours. Cependant, constate un banquier, «il n'a pas de grands faits d'armes dans son calepin» . Explication: la poursuite de la restructuration de la BMCI s'est faite sans lui, et le temps passé à la BMAO est relativement court pour qu'il puisse être suffisamment bien jugé. En revanche, la même source précise qu'il s'est fait «bien remarquer par sa politique agressive en matière de collecte des ressources». C'est là une des préoccupations de la CNCA qui veut devenir une véritable banque. A cet effet, M. Ibrahimi devra s'appuyer sur des «pros». Ses prédécesseurs MM. Haddaoui et Lahlou avaient déjà commencé à s'entourer de banquiers, entre autres M. Adil Zaïdi, un ancien de la SMDC qui a contribué à la création de Bex Maroc et actuellement DG de Bennes Marrel, et M. Tahar Daoudi également débauché du même établissement et toujours à la Caisse comme directeur financier. Côté encadrement de haut niveau, des solutions existent sur la place. En revanche, «il risque d'attraper une migraine chronique pour la gestion de son armada de fonctionnaires», ironise un banquier. Aborder la question du sureffectif est en effet tabou à la CNCA. M. Lahlou pourra le mettre au parfum. C'est sous sa gestion que la Caisse a vu la naissance de son premier bureau syndical et connu sa première grève. Ambiance.

    Alié Dior NDOUR & Mohamed CHAOUI

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