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    Economie

    Un programme USAID-MCIA : Le secteur informel initié au crédit

    Par L'Economiste | Edition N°:248 Le 03/10/1996 | Partager


    L'agence américaine menacée de fermeture à l'horizon 2000 maintient au Maroc une présence limitée. La micro-entreprise, délaissée par le système bancaire faute de garanties physiques, bénéficie des derniers programmes.


    Ce n'est pas la PME. C'est encore plus petit, plus fragile. «Elle appartient au secteur informel, utilise une technologie traditionnelle, ne tient aucune comptabilité, emploie moins de 10 personnes et appartient à un seul propriétaire». C'est la définition de Paul Rippey, chef de mission de VITA, le contractant qui démarrera le projet micro-entreprises. Pour ajouter à tous ses malheurs, la micro-entreprise n'est bien sûr pas éligible au crédit bancaire. Or, dans cette économie dite informelle existe un gisement de développement et d'emploi. Un financement adapté doit être mis en place pour donner les micro-coups de pouce nécessaires. L'USAID, l'agence américaine d'aide au développement, donnera au fonds de financement de micro-entreprises 15,5 millions de Dollars et l'Etat marocain procédera à des coupes budgétaires, mais pas de fermeture. L'USAID gardera une «présence limitée» au Maroc, mais ne cessera pas d'injecter ses Dollars. Fin septembre, 12 pays ont d'ailleurs été rayés de ses programmes pour plusieurs motifs.
    D'abord, le Congrès américain qui ne jure que par la rigueur budgétaire diminuera, pour 1997, les crédits de l'agence de 25%.
    Du coup, celle-ci est obligée de réduire ses engagements aux pays qui n'en ont plus besoin, comme ceux de l'Europe de l'Est. Il y a aussi ceux qui sont accusés de gabegie, de gaspillage des aides et qui ne recevront plus rien du regardant contribuable américain: Nigeria, Zaïre, Gambie...
    D'un autre coté, des pays doivent être privilégiés par l'aide américaine pour des raisons politiques: Egypte, Israël, Jordanie qui se sont pliés au processus de paix scellé par «les accords de Washington», Cambodge et Mongolie... qui bénéficient de l'ESF (Economic Support Fund). Le Maroc échappe à ces deux catégories, de privilégiés et de punis, et reçoit une aide qualifiée de «normale» par le staff du bureau de Rabat, au titre de «l'assistance pour le développement».
    Pour gérer un budget de 32,1 millions de Dollars par an, au gré du déblocage des programmes, l'effectif est passé de 200 personnes (dont 19 Américains) à 70 personnes (dont 10 Américains). «En 1998, l'effectif sera stabilisé à une quarantaine d'employés, avec 5 à 8 Américains pour gérer cette présence limitée, par la contraction des programmes», prévoit M. Farbman, directeur de l'USAID à Rabat.

    Bureau expérimental à Fès


    Les programmes doivent converger vers quatre objectifs stratégiques: santé de la mère et de l'enfant, éducation de base dans le milieu rural, gestion de l'eau et croissance. Pour ce dernier objectif, l'USAID a signé en août dernier un accord portant sur le financement de la micro-entreprise, d'un montant de 5,167 millions de Dollars. Le programme s'étale sur 8 ans, de 1995 à 2003. La première année, 2 millions de Dollars ont été débloqués, et le protocole signé dernièrement porte sur 4,1 millions supplémentaires. Pour accélérer le démarrage du projet, une association sera créée par VITA (Volunteers In Technical Assistance). Un million de Dollars débloqué par l'USAID iront dans l'assistance technique, le budget de fonctionnement, pour lancer la machine à micro-crédits, dont le premier devrait être accordé à Fès, en février 1997. Dans cette ville aux milliers d'artisans sera ouvert le premier bureau expérimental. Suivront Marrakech, Essaouira et, plus tard, après maîtrise du système, d'autres villes. L'association aura un nom évocateur de type «Salaf Tadamoun», et un bureau dans un quartier d'économie informelle. Les employés, 5 par bureau, seront choisis dans ce monde d'artisans et de commerçants. Ils iront même vers les emprunteurs potentiels pour leur proposer les crédits.
    Au début des opérations, le plafond sera fixé très bas, probablement autour de 3.000 DH et pour 6 mois. Il faudra aux crédit-men de l'informel de se montrer d'autant plus prudents qu'aucune garantie «réelle» ne sera exigée. En revanche, le cautionnement mutuel sera obligatoire par 4 autres personnes issues des activités informelles, mais pas du même métier. Dans une telle formule, la répartition du risque est meilleure que dans le cautionnement mutuel, initié par la Banque Populaire, entre artisans ou commerçants du métier. Car lorsque la conjoncture est mauvaise, elle l'est pour tous les signataires.
    «Il faudra aussi être prudent, car il faut éviter d'aller en Justice dans ce type de financement. Notre expérience en Guinée, avec 2.600 prêts et 6 millions de Dollars, nous a appris que le recouvrement est quasi-absolu. Au Bangladesh, 98% des crédits sont remboursés sans problème», rassure Paul Rippey pour VITA.
    Quant au taux d'intérêt, appelé pudiquement «taux de recouvrement», il sera celui du marché et inclura la couverture des frais. Car, au-delà de cette première phase de démarrage de 18 mois, le système devra être viable. Ce sera une institution financière, plus formelle, avec des capitaux privés, et poursuivant le même objectif.

    Les autres programmes en cours

    - Dyna-PME, d'une enveloppe globale de 14 millions de Dollars, s'étale de 1992 à 1999.
    Il vise d'abord à dynamiser la PME par le crédit. 350.000 Dollars serviront à garantir des crédits à hauteur de 50 à 90% des montants. La décision d'octroi des crédits, limités à 12 mois maximum, revient à la Banque Populaire et au cocontractant. L'USAID est en train de refaire le programme. Un comité directeur sera créé avec le Ministère de l'Incitation de l'Economie. Dyna-PME vise aussi la réforme administrative. Des propositions sont faites pour reformer la loi sur les associations, l'enregistrement au RCC, la simplification de la fiscalité... Un soutien aux cabinets de consultants et prestataires de services est également prévu.
    - L'AMI: Agribusiness Marketing Investment aide au développement des exportations par les études, la recherche d'opportunités. L'enveloppe du programme atteint les 20 millions de Dollars.
    - Le PREM: Projet Ressources en Eau du Maroc de 16 millions de Dollars. Le nouveau cocontractant porte un nom prédestiné. C'est un joint-venture formé pour gérer ce projet. Le programme s'étale de 1995 à 2000.
    - Le projet santé de la mère et de l'enfant dure depuis 25 ans et continue jusqu'en 1998. D'un montant de 52 mil-lions de Dollars, il a concerné la vaccination, les équipements, les moyens contraceptifs... Les subventions ont diminué progressivement pour que la population et l'Administration prennent le relais et pérennisent les services.
    - L'éducation de base dans le monde rural bénéficie d'un programme de 18 millions de Dollars. La signature a eu lieu le 27 septembre dernier avec le MEN. Ce sont les petites filles rurales qui devraient bénéficier le plus de ces programmes visant d'abord à former leurs instituteurs à des pédagogies spécifiques, à des classes multigrades.
    - TFD: Training For Development était à l'origine consacré à la formation de cadres confirmés. Réduit de 28 à 14 millions de Dollars, il doit désormais servir les objectifs stratégiques et les autres programmes dans leurs besoins en formation.

    Khalid BELYAZID

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