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    Transmission de données : L'ONPT baisse les prix sur Maghripac

    Par L'Economiste | Edition N°:227 Le 25/04/1996 | Partager

    Un peu moins de six ans après sa mise en place, Maghripac, le réseau national de transmission de données, cherche un second souffle. L'ONPT met en place une nouvelle politique commerciale pour réveiller un marché encore atone.


    Confronté à une stabilisation de la demande malgré un marché potentiellement important mais très peu dynamique, l'ONPT a remodelé sa politique tarifaire et élargi son offre. Depuis novembre 1995, le prix de l'abonnement à Maghripac, pour tous les débits, ainsi que les frais de mise en place ont baissé de 40 à un peu plus de 50%. Ces frais d'établissement qui couvrent entre autres la mise en place de la ligne, le coût du câble, le raccordement physique, la réservation d'un modem au niveau du centre et la sortie des techniciens, ont été ramenés de 2.600 à 1.500 Dirhams. Dans le même sens, l'Office a adopté une politique consistant à vendre des modems conformes aux normes du réseau (15.000DH) ou à les mettre à la disposition des clients sous le régime de la location avec service après-vente (200DH/mois) afin d'éviter les problèmes d'incompatibilité. La raison de cette orientation: "les modems généralement achetés par les utilisateurs, bien que normalement homologués, posaient des problèmes de configurations", explique M. Kacem Hajaji, chef du service commercial de données à l'ONPT.

    Réseau international

    Pour mieux couvrir le marché, la baisse des tarifs a été associée à une diversification de l'offre avec le lancement de l'X 32, un service d'accès indirect via le réseau téléphonique commuté mais qui offre toutes les fonctionnalités de l'X 25, le protocole de communication standard utilisé par Maghripac. Les débits offerts sont quant à eux passés de 6 à 8 avec la mise en place du 14.000 bits et du 64.000 bits/seconde. D'autres connexions internationales destinées à assurer un trafic plus fluide et à augmenter les moyens de communication avec un plus grand nombre de pays ont par ailleurs été réalisées. Le Maroc est maintenant relié directement à la France, à l'Espagne et à la Grande-Bretagne, avec possibilité de transit vers les pays avec lesquels celles-ci sont connectés.

    Cette nouvelle politique devrait permettre à Maghripac de dépasser largement le millier d'utilisateurs actuels. D'ailleurs, le marché a répondu positivement à la baisse des tarifs au niveau des petites sociétés, notamment les transitaires et les exportateurs. L'Office avait en effet pour autre objectif l'élargissement du service à cette catégorie. Maghripac pourrait toutefois continuer à subir la concurrence des liaisons spécialisées et d'Internet qui tente actuellement de se frayer un passage. "Ce n'est pas réellement le cas", corrige M. Hajaji chargé en même temps de la commercialisation d'Internet. "Les services sont plutôt complémentaires", précise-t-il. Maghripac répond à un besoin précis: la transmission des données dans les meilleures conditions de qualité, de sécurité et de précision. C'est un service destiné uniquement à des professionnels et présente plusieurs avantages.
    Il utilise la technique de commutation des paquets, un protocole normalisé et adopté par tous les pays comme protocole de communication. Cette technique permet l'échange de données entre des équipements d'origines variées. Le réseau Maghripac propose une offre diversifiée en termes de vitesse de transmission et d'accès. Il s'agit soit des accès directs, soit des accès indirects utilisés généralement par les petits utilisateurs désireux de transmettre des données de façon passagère. Les procédés utilisés permettent d'échanger ces données dans de bonnes conditions et, contrairement au réseau téléphonique, le taux d'erreurs est largement amoindri. A l'opposé des liaisons spécialisées pour lesquelles il est nécessaire d'avoir une connexion pour chaque interlocuteur avec des risques de dérangement fréquents, l'utilisateur n'a besoin que d'une seule ligne X25, à partir du centre, pour établir plusieurs communications simultanées. Quant à Internet, son protocole de communication est totalement différent de celui de Maghripac. Le protocole TCP/IP utilisé est une norme de fait soutenue par la logistique américaine (banques de données à lourds investissements). Même s'il permet de transmettre des fichiers, il n'offre pas la même garantie que Maghripac qui ne permet pas à un tiers utilisateur d'intégrer le centre de transmission pour en changer la configuration.

    Equipements onéreux

    L'atonie de la demande est plutôt expliquée par trois facteurs.
    Premier: Le marché est encore très peu important, les sociétés ne manifestant pas un réel besoin d'échange d'informations. Les administrations, qui ont été les premiers utilisateurs de ce type de moyen de communication dans d'autres pays traînent le pied, à l'exception de la Douane et du Ministère de l'Intérieur entre autres. Sans information, il est pourtant impossible d'alimenter un réseau alors que les autoroutes de l'information sont de plus en plus d'actualité.
    Deuxième point: La mise en place de Maghripac a constitué un ferment pour le développement d'autres activités dans le domaine de l'informatique (réseaux, développeurs de logiciels, système d'information). Cependant, déplore M. Hajaji, "le privé n'a pas joué le jeu". Les équipements (micro, cartes X 25) restent onéreux et se maintiennent nettement au-dessus des prix du fabricant. Résultat: les entreprises, en particulier les PME, hésitent à s'équiper.
    Troisième point: La plupart des sociétés ne raisonnent pas en terme de gain de productivité. Par conséquent, elles ne ressentent pas le besoin de changer leurs méthodes de travail et se contentent, pour certaines, des liaisons spécialisées. Pourtant, ce n'est pas par déficit de communication, de sensibilisation. En effet, l'ONPT n'a pas lésiné sur les moyens et a tenté de secouer le marché à travers des séminaires de formation, la préparation de documents commerciaux et la publicité dans les journaux spécialisés.
    M. Hajaji ne démord pas. "L'offre est nécessaire pour la croissance de l'économie", insiste-t-il. L'ouverture sur l'extérieur lui donnera certainement raison.

    Alié Dior NDOUR












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