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    Economie

    Tourisme: Un bon été malgré la Coupe du Monde

    Par L'Economiste | Edition N°:144 Le 08/09/1994 | Partager

    Le tourisme a connu une fausse alerte suite à l'attentat de Marrakech. Aucune conséquence négative. La sérénité est de rigueur du côté des professionnels, même si la saison estivale n'a pas été très facile cette année en raison, notamment, de la concurrence de la Coupe du Monde.

    Une fin de mois d'août agitée pour les professionnels du tourisme : l'attentat de Marrakech a fait planer durant un moment le spectre d'une saison difficile. Mais après le choc, la peur semble s'estomper peu à peu. Selon des professionnels, "la rapidité avec laquelle ont été épinglés les auteurs de cet acte a réinstallé la confiance dans le secteur". Ils soulignent en outre que l'activité est normale.

    Jusqu'à présent, il n'a pas été constaté d'annulations significatives et les réservations des clients étrangers continuent de parvenir régulièrement aussi bien à Marrakech qu'à Agadir.

    L'événement survenu dans la capitale du Sud n'a donc pas refroidi un été jusqu'alors bien vécu. Les chiffres des mois de juillet et août ne sont pas intégralement tombés. Mais, dans l'ensemble, les hôteliers ne font pas grise mine d'autant que la "World Cup" a été un concurrent fort gênant, surtout pendant le mois de juillet.

    Coupe du Monde

    Agadir, une destination de prédilection pour les estivants, affiche des taux d'occupation compris entre 58 et 95%. Les établissements présentent toutefois des situations assez différentes. L'hôtel Anezi annonce des taux de 88% en juillet et 91 % en août, soit des hausses respectives de 12 et 2% par rapport aux mêmes périodes de 1993. Le score est moins bon pour le Club Sangho. Si pour le premier mois du second semestre le taux d'occupation a atteint 67% contre 56% en 1993, la tendance s'est inversée au cours du deuxième mois avec 58% contre près de 87% pour l'année précédente.

    Les effets de la Coupe du Monde se sont fait beaucoup plus ressentir à Marrakech où le taux d'occupation, en recul par rapport à l'année écoulée, n'a pas dépassé 70%. Au Tafilalet, un quatre étoiles, il a été de 31% en juillet et 66% en août. Le Tikida présente une meilleure situation (50% en juillet et 45% en août), mais loin des 100% réalisés en juillet 1993.

    Au Nord, Cabo Negro, Marinasmir et Tétouan semblent définitivement s'imposer au détriment de Tanger. Les établissements de cette ville se contentent pour la plupart de leurs fidèles. Situation confirmée par les chauffeurs de taxis qui ne font plus le tour de la ville pour trouver une chambre à leurs clients fraîchement débarqués. Pour illustration, le Rembrandt n'a réalisé que 35 % en juillet. Le taux est remonté à près de 80% en août mais en dessous de la même période de 1993 où l'établissement affichait complet.

    Pour Casablanca, une ville beaucoup plus intéressée par le tourisme d'affaires, les statistiques du mois de juillet font ressortir une hausse par rapport au même mois de l'année précédente. Comparativement à celle-ci, le nombre d'arrivées a augmenté de 4,1% et les nuitées de 5,7%. Les grands hôtels se sont ainsi bien comportés. Le Sheraton annonce un "bon mois de juillet" avec un taux d'occupation de près de 85%. Ce score tombe à 64% au mois d'août. Les premières estimations montrent cependant que globalement le nombre d'arrivées devrait encore progresser de 5% par rapport au même mois de l'année passée.

    Selon M. Daoudi, directeur de la Délégation Régionale du Tourisme, Casablanca est aussi ouverte au tourisme de loisir. Outre le shopping, la Grande Mosquée Hassan II est devenue un passage obligé, souligne-t-il.

    D'autre part, M. Daoudi fait remarquer que l'attention est déjà portée sur le prochain sommet économique pour lequel toutes les parties prenantes se préparent activement. Dès maintenant, les points "sensibles des hôtels" (standards, ascenseurs, restaurants) sont en train d'être revus et corrigés.

    Croissance du tourisme à l'export

    En ce qui concerne l'origine des touristes, il est noté que les marchés émetteurs traditionnels restent prédominants avec les Français en tête. Les Allemands toujours fidèles à Agadir confirment leur préférence pour le balnéaire. Pour le mois d'août, ils représentaient 63% des nuitées au Club Sangho. Italiens, Espagnols et Anglais allient, pour leur part, la mer et le circuit des villes impériales. Les touristes arabes (Maghreb exclu) ont aussi maintenu leur présence en été. Au Sheraton de Casablanca, ils constituaient 23% de la clientèle, assez largement devant les autres nationalités.

    Pour cet été, les Grecs sont encore au rendez-vous. Mais le fait marquant a été la venue de groupes d'Israéliens à la faveur de l'ouverture en direction de ce pays.

    Les touristes, toutes nationalités confondues, restent cependant très regardants envers leur porte-monnaie. "Ils ne laissent pas grand-chose", se plaignent les hôteliers. Il est vrai aussi que la crise a fini par changer les comportements.

    Du point de vue des nationaux, ils se sont de nouveau rués sur Agadir et le Nord. Pour ceux qui sont portés vers l'étranger, les destinations les plus demandées ont été l'Espagne, la Turquie, la Grèce et la Tunisie. En dépit de la difficulté d'obtenir un visa, certaines personnes ont opté pour les Etats-Unis et le Canada.

    Dans l'ensemble, la saison estivale est intéressante, avancent quelques agences de voyages. Atlas Voyages prévoit de réaliser à peu près le même chiffre que l'année dernière tandis que Alizés Tours tablent sur une croissance de 20%. Les prix intéressants et les voyages à crédit proposés par Wafasalaf en collaboration avec "Escapades" ont donné une certaine vigueur au tourisme à l'export.

    Reste que les professionnels déplorent toujours le manque d'organisation du touriste marocain. "Il ne se décide qu'à la mi-juillet", note un responsable d'agence.

    Stagnation du nombre des arrivées mais les nuitées progressent

    Au cours du premier semestre 1994, le nombre d'arrivées de visiteurs internationaux (touristes étrangers, croisiéristes et RME) a reculé de 2,9% par rapport à l'année précédente, passant de 1,6 million de personnes à 1,56 million. Pour autant, la fréquentation a connu un léger raffermissement. Le nombre de nuitées est ainsi monté à 5,5 millions au lieu de 5,1 millions, soit une progression de 6,9%.

    Selon le Ministère du Tourisme, la baisse du nombre des arrivées découle de la contraction de 15,1% enregistrée au niveau des Maghrébins. Exclue cette catégorie de visiteurs, les arrivées de touristes internationaux se sont pratiquement maintenues à la même hauteur qu'au premier semestre de l'année écoulée : 717.540 en 1994, contre 719.381 en 1993, soit un recul de 0,3%. Les responsables du tourisme expliquent cette baisse par la réduction des allotements aux tours operators pendant la réunion du Gatt à Marrakech. Ce qui avait induit corrélativement une dépréciation de 13,7% du nombre d'arrivées en avril.

    Second élément à l'origine de cette situation : la Coupe du Monde a entraîné des reports de vacances dans la plupart des pays émetteurs. Du coup, les mois de mai (-2,8%) et juin (-3,1%) se sont également inscrits en baisse. Globalement, le recul des flux touristiques en provenance d'Europe est de 1,4%. Mais, si des pays émetteurs traditionnels comme la France, l'Espagne et l'Italie ont respectivement reculé de 8,9, 9 et 3,6% par rapport au premier semestre 1993, les marchés allemand (+10,7%) et anglais (+19%) ont réellement grimpé.

    Autres marchés en progression: la Belgique (+30,8%), la Hollande (+16,3%), la Norvège (16,8%). La croissance des marchés danois et suédois a été moins importante avec respectivement 4,3 et 1,9%.

    Durant le premier semestre 94, l'activité touristique a généré un peu plus de 5 milliards de Dirhams, contre près de 5,3 milliards, soit une régression de 4%. Ce retournement résulte, selon le Ministère du Tourisme, de la chute de 17,4% des virements bancaires représentant au total 52,5% des recettes. Les achats de billets ont par contre progressé de 17,2%, passant d'un milliard de Dirhams en 1993 à 1,1 milliard en 1994.

    La réduction des dépenses des touristes et la libéralisation des tarifs des hôteliers avec en toile de fond la réduction des prix des allotements accordés aux tours operators étrangers sont à l'origine de la relative baisse d'activité.

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