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    Economie

    Tourisme : Les hôteliers prudents sur la reprise

    Par L'Economiste | Edition N°:229 Le 09/05/1996 | Partager


    Malgré un retour perceptible de touristes dans la ville, les hôteliers de Marrakech attendent les périodes creuses pour juger de la reprise évoquée dans les statistiques officielles. Ils pointent également du doigt la compagnie aérienne nationale accusée de ne pas suivre ce regain d'activité.


    Les trésoriers des hôtels se réveillent généralement avec le sourire le lendemain des ponts des fêtes religieuses. Les transhumances du week-end de l'Aïd Al Adha ont été une fois encore au rendez-vous cette année; Agadir et surtout Marrakech et Ouarzazate ont fait le plein. Cette dernière qui se prépare activement à la Fête des Roses espère attirer à nouveau les touristes.
    A côté de ce déferlement momentané des résidents, les touristes étrangers reviennent aussi progressivement. Ça va mieux, mais il ne faut pas encore chanter victoire, confie M. Abdellatif Kabbaj, coprésident de Kenzi-Hôtels. Si l'on compare aux années précédentes, reconnaît-il, la ville de Marrakech tourne à nouveau. Mais, tempère-t-il, les choses restent encore fragiles. Après un hiver "très difficile", les palaces et autres 4 étoiles se remplissent à des niveaux corrects en ce début de haute saison touristique. Au mois de mars, les hôtels ont réalisé en moyenne 44% de taux d'occupation. Ce chiffre masque en réalité des disparités entre les différents hôtels de la ville.

    Les hôteliers pieds sur terre


    Quelques établissements parmi les catégories 4-5 étoiles réussissent d'excellents scores: Les Idrissides est à 85%, l'hôtel Atlas, qui reprend bien, fait 57%, et 63% pour le Safir. Parmi les 5 étoiles de la ville, La Mamounia est à 63% (taux appréciable compte tenu du profil de sa clientèle et des tarifs de l'hôtel); La Palmeraie était rempli pour sa part à 54% tandis que le Mansour Eddhabi réalisait un décevant 32%. Sur l'année, la moyenne trimestrielle de remplissage grimpe de 7 points. Elle s'établit à 37,21% contre 30,44% à la même période de 1995. Cela reste insuffisant pour endiguer la prudence des professionnels.
    Face au ton triomphaliste des communiqués officiels annonçant la reprise de l'activité touristique, les opérateurs préfèrent "garder les pieds sur terre".
    Même s'ils se réjouissent au passage du trend haussier du premier trimestre de 1996, les hôteliers conviennent qu'il faut attendre les périodes de basse saison pour porter véritablement un jugement, c'est-à-dire les performances des mois de juillet et août. Pour une unité hôtelière, assure M. Jalil Benabbès-Tâarji, directeur général de la chaîne Tikida, remplir à Pâques ou à fin décembre est un minimum. Il est par conséquent erroné de se référer à cette période pour apprécier, explique-t-il.
    Les opérateurs balaient d'un revers de la main la "résurrection" annoncée de leur activité que l'on retrouve pourtant dans les statistiques: 1995 n'est pas une année de référence, nous sommes loin des niveaux de chiffres d'affaires de 1993, affirment-ils. A leur décharge, il est vrai, la plupart des opérateurs ont vu leur marge fondre sous l'effet de la pression à la baisse des tarifs. Si globalement les prix de 1996 sont identiques aux tarifs de l'année dernière sur l'ensemble des destinations méditerranéennes, il semblait que les prestations hôtelières sont celles qui ont accusé la baisse la plus sensible en terme de tarifs.

    Problème de capacité aérienne


    Cette année, la plupart des 4 étoiles de Marrakech étaient vendus entre 170 et 180 DH en demi-pension auprès des TO étrangers.
    Le regain du côté de la demande risque de se heurter aux problèmes de capacité de l'aérien, expliquent en choeur les hôteliers. Pour illustrer leurs propos, ces derniers font remarquer qu'aucune place n'est disponible en vol régulier RAM au départ de Paris à destination de Marrakech, et ce jusqu'à fin juin. La compagnie, régulièrement pointée du doigt pour ses tarifs, est à nouveau accusée de ne pas suivre la dynamique de l'activité. Preuve à l'appui, les hôteliers brandissent les tarifs charters au départ de la capitale française: sur la Tunisie un billet charter revient à environ 900 FF contre 1.600 sur le Maroc. Malgré la différence d'une heure de vol, les professionnels disent ne pas s'expliquer un si grand écart. Dans la profession, l'on reconnaît volontiers que le manque de diversification du produit limite le potentiel de croissance du secteur. "Aujourd'hui, le Maroc offre un produit de luxe face à une demande de masse", observe un agent de voyages fassi. "C'est comme si vous vendiez des chemises alors que les gens veulent des pantalons", renchérit M. Benabbès Tâarji. Le challenge consiste à transformer ces chemises en pantalons, dit-il. Le prochain " Ça vous intéresse" consacré au tourisme, prévu pour le mercredi 15 mai sur 2M, fera d'ailleurs le point sur toutes ces questions. Y seront entre autres évoqués: les efforts d'assainissement entrepris par les pouvoirs publics, les défaillances dans la qualité des prestations, l'essoufflement de Marrakech, "qui ne serait plus dans le coup". L'émission se penchera aussi sur l'épineuse question de l'adaptation des prix et des produits aux touristes locaux.

    Abashi SHAMAMBA


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