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    Textiles: Des investisseurs saoudiens prennent le large

    Par L'Economiste | Edition N°:921 Le 21/12/2000 | Partager

    . Leur expérience marocaine ratée dans la confection décourage d'autres initiatives. La société Khamsin, paralysée par la faible productivité et l'anarchie, travaille à perteSi le travail devenait une denrée rare,* peut-être serait-il plus respecté?Aujourd'hui, la situation est totalement paradoxale. D'un côté, les diplômés-chômeurs effectuent des grèves de la faim pour trouver du travail. De l'autre, il y a les ouvriers qui multiplient les grèves sauvages jusqu'à ce que la mort de l'entreprise soit constatée. Résultat, ils perdent leur travail et vont grossir les rangs des chômeurs.Dans la zone industrielle de Rabat-Salé, les entreprises vont mal. Plus d'une trentaine d'entre elles sont sur la sellette. Parmi ces entreprises, certaines ont fermé leurs portes depuis près de deux ans maintenant et les autres tentent tant bien que mal de faire bonne figure sans plus en avoir les moyens financiers. Pourtant, un dénominateur commun relie toutes ces usines: ce sont les batailles entre syndicats et directions qui engendrent souvent des arrêts de travail, des grèves et parfois des occupations des locaux.A Khamsin, une entreprise de confection à capitaux saoudiens, spécialisée dans le pantalon de ville, «c'est la dérive«, explique M. Brahim Mouzouni, le directeur général. Selon lui, depuis que l'entreprise est installée en 1996, elle ne dégage aucun bénéfice. «Pis encore, elle perd de l'argent«, déclare-t-il. Pour la création de l'usine, les Saoudiens ont investi au départ un montant de 15 millions de DH. En l'espace de trois ans, de 1996 à 1999, l'entreprise a perdu son capital. Et l'hémorragie ne s'est pas encore arrêtée.En février 1999 et jusqu'en juin, un mouvement de grève qui aura duré quatre mois a conduit à la quasi-cessation de l'activité. L'usine a perdu tous ses clients à cause de l'indiscipline et le non-respect des exigences des clients, souligne M. Mouzouni.Parmi ces donneurs d'ordre étrangers, figurent le Français Lee Cooper, l'Anglais Birdwear et le Portugais HBK Clothing. Ce n'est qu'à ce moment que M. Mouzouni arrive dans l'entreprise. Le rythme du travail au sein de l'usine n'est pas soutenu et la production s'en ressent. Elle ne dépasse pas 3 pantalons par jour et par ouvrière. Il tente de redresser la barre et réinstaurer une certaine rigueur. Mais c'est peine perdue face à la pugnacité des ouvriers et du syndicat. Pour se défendre, le syndicat invoque la dignité de l'ouvrier: «En quoi cette dignité est bafouée si nous demandons à l'employé de produire juste ce qu'il doit normalement produire?«, s'interroge M. Mouzouni. Cependant, la direction sera épaulée dans son travail par le Bureau régional du syndicat. Et même si celui-ci a exhorté les troupes au travail, ce n'était pas suffisant. Il y avait des résistances au sein de l'usine même et elles ont réussi à faire fléchir le syndicat. D'ailleurs, «ces poches de résistance tentent de devenir la première autorité de l'entreprise«, fait observer M. Mouzouni. Selon lui, la plupart des syndicalistes proviendraient de branches différentes, telles que la santé, l'enseignement ou l'agriculture. Rares sont ceux, selon lui, qui saisissent la technicité d'une usine de confection. «En confection, l'individuel prime sur le collectif. Un bon syndicaliste doit d'abord saisir cette complexité avant de prendre une décision qui pourrait entraîner la fermeture de l'usine«, souligne-t-il.Si les problèmes ont commencé à Khamsin, c'est parce que la direction, à l'instar des entreprises de confection, a exigé «une rigueur inconditionnelle« et a demandé aux employés d'augmenter la production à 11 pantalons par jour. Ce qui représente la moyenne dans le secteur. «Mais aussi, l'équivalent de leur salaire«, indique le directeur général. Et d'ajouter: «En fabriquant trois pantalons par jour, elles sont surpayées«. Le seuil de rentabilité de l'entreprise aussi ne commence qu'à partir de 11 pantalons quotidiennement par personne. D'où les déboires financiers de l'entreprise.Bien que la direction ait tenté de raffermir sa position, les chances de voir l'activité stimulée ont été bien minces. La production n'a atteint que 5 pantalons par jour.Les finances de l'entreprise ne sont pas au beau fixe. La sécurité sociale et les impôts n'ont pas été payés depuis deux ans et représentent la somme de 2,7 millions de DH. «Et l'entreprise continue à perdre de l'argent, soit près de 430.000 DH par mois«, indique la direction.Le Conseil d'Administration de l'entreprise compte se réunir en début 2001, peut-être pour prendre les mesures nécessaires à la fermeture de l'usine.Les investisseurs saoudiens avaient fait de cette entreprise une expérience au Maroc. Mais il faut reconnaître qu'elle sent le roussi. En guise de réussite, c'est plutôt la débâcle. Et surtout, 100 millions de Dollars qui s'envolent en fumée. Si Khamsin avait réussi, les Saoudiens devaient investir d'autres créneaux tels que la bourse, le bâtiment....Tout s'est écroulé. Radia LAHLOU

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