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    Enquête

    Telefonica instaure les stock-options pour l'ensemble de ses salariés

    Par L'Economiste | Edition N°:705 Le 16/02/2000 | Partager

    · La mesure concernera en particulier ceux travaillant en Espagne

    · La multinationale procédera à une augmentation de capital de 140 milliards de Francs pour prendre le contrôle de ses filiales latino-américaines


    Après l'opacité, la transparence. Juan Villalonga, le très médiatique président de Telefonica, vient de prendre à revers ses détracteurs en décidant de jouer cartes sur table. Lors d'une réunion extraordinaire d'actionnaires, il a en effet fait approuver un plan qui prévoit que tous les employés du groupe, et en particulier les 46.000 travaillant en Espagne, pourront bénéficier de stock-options. Par un de ces effets d'annonce dont il a le secret, le président de Telefonica a, dans le même temps, fait approuver une augmentation de capital de 140 milliards de Francs (près de 220 milliards de DH), la plus importante jamais réalisée par une entreprise espagnole. Objectif de cette dernière mesure: la prise de contrôle totale de l'ensemble des filiales au Brésil, en Argentine, au Pérou et au Chili, pays où les télécoms espagnoles sont hégémoniques.

    Au-delà de l'importance de cette augmentation de capital qui propulse Telefonica largement en tête des entreprises espagnoles par sa capitalisation boursière (95 milliards d'Euros), c'est surtout l'initiative des stock-options qui a retenu l'attention. Jusqu'alors accusé de cacher son jeu, Villalonga a révélé le montant de ses propres stock-options: 120 millions de Francs (près de 190 millions de DH). En "démocratisant" la répartition des gains, Villalonga a voulu mettre un point final à une polémique qui, depuis deux mois, écorche l'image de Telefonica et, par contrecoup, celle du gouvernement de Jose Maria Aznar (PP, droite). Les deux hommes entretiennent en effet des liens de profonde amitié. En décembre, la presse espagnole avait révélé qu'en vertu d'un plan contracté en 1997 et jusque-là tenu secret, une centaine de dirigeants de Telefonica avaient bénéficié de 307.339 actions, ce qui, trois ans plus tard, signifiait une plus-value globale de 3 milliards de Francs. La nouvelle avait scandalisé l'opinion, au motif que tout cela était "légal, mais pas moral", ainsi que les actionnaires de Telefonica. Pour ces derniers, la mise à la préretraite de milliers de salariés, la position de quasi-monopole de Telefonica (malgré sa privatisation), la baisse de qualité des services, l'opacité de la direction rendaient l'existence de ces stock-options plus que discutable.


    Eviter le discrédit social


    L'initiative de Villalonga a été saluée avec enthousiasme par le ministre de l'Economie, Rodrigo Rato pour qui "le système des stock-options ne doit pas profiter à une poignée de privilégiés". Dans le camp de l'opposition, on voit surtout là une manoeuvre pour enterrer la polémique. Il y a quelques jours, Francisco Marugan, un des responsables socialistes au Parlement espagnol, a estimé que "Villalonga tente ainsi d'éviter le discrédit social". Pour les deux principales centrales syndicales UGT et CCOO, cela résulte des "pressions de son ami José Maria Aznar à la veille des élections générales". Juan Villalonga se remet-il ainsi en selle? Celui que certains surnomment le "Terminator des télécommunications", notamment en raison de sa capacité à se débarrasser de ses adjoints (une vingtaine en trois ans) devra sans doute expliquer en quoi les stock-options permettent de fidéliser l'encadrement.

    François MUSSEAU Correspondant à Madrid
    Syndication L'Economiste-Libération (France)

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