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    Sur un marché encore timide : Le plastique composite cherche sa voie

    Par L'Economiste | Edition N°:221 Le 14/03/1996 | Partager

    Peu exigeants en investissements, les procédés de fabrication des plastiques composites ont l'avantage d'être de gros demandeurs en main-d'oeuvre de qualification moyenne. Mais le marché local reste peu réceptif à ces innovations.


    Fibromar, la nouvelle société de fabrication de produits composites, démarre son activité à Tanger dès septembre prochain. Le projet a bénéficié d'un crédit Chamal, financement réservé aux provinces du Nord.
    L'équipement de base sera importé des USA et les moules conçus en matière composite par le promoteur lui-même.
    Diplômé de l'Ecole Polytechnique de Montréal, M. Chakib Bojji est chargé de projet au Centre de recherche appliquée sur les polymères à l'Université de Montréal. Il possède à son actif une expérience professionnelle dans la conception de pièces de structure en matériaux composites auprès du constructeur américain Ford.
    Par l'obtention de cartes de représentation, M. Bojji envisage de fabriquer des produits de marques américaines destinés au marché européen. Une multitude de produits peuvent être fabriqués en matériaux composites, notamment le sanitaire, les pièces de rechange pour l'industrie automobile et autres matériels tels que les citernes. Mais le secteur automobile reste très porteur. Contraint de respecter les normes de qualité en vigueur dans les pays occidentaux (taille, composition), le promoteur envisage d'installer un laboratoire d'essais et de contrôle sur le lieu de production.
    La superficie couverte s'étendra sur 1.700 m2 comprenant une aire de stockage pour les matières premières, les produits en cours de finition et les produits finis avant la livraison. Concernant l'approvisionnement en intrants, le polyester comme la fibre de verre et l'acrylique sont disponibles localement, leur importation étant assurée par des sociétés spécialisées (Deborel).

    En l'absence de main-d'oeuvre qualifiée, M. Bojji se charge de former lui-même une vingtaine d'ouvriers sur une durée d'un mois.
    Le procédé de fabrication est à forte utilisation de main-d'oeuvre, moyennant un coût d'investissement relativement bas. Pourtant, la fabrication de produits à base de matériaux composites est peu développée au Maroc, car elle requiert un certain savoir-faire.
    Ainsi, hormis les quelques unités de fabrication de baignoires en acrylique (Confor Acryl), de garnitures pour véhicules (Maghreb Elastoplast) ou de bateaux (petites unités à Agadir et Tanger), ce procédé reste peu utilisé.
    "Or, les pays avancés se lancent actuellement même dans la fabrication de ponts, de câbles et de matériels d'aviation en matériaux composites". Conformément à la tendance mondiale, tout porte à croire que le composite finira par investir le marché local à des degrés de technicité plus ou moins complexes.

    Procédé polluant

    Pour l'heure, cette branche demeure tournée vers l'exportation. Les normes américaines et européennes exigent des investissements lourds en système d'aération du fait de l'aspect polluant du processus de fabrication. "Certes, les produits ne sont pas toxiques, mais les émanations rendent le travail des ouvriers pénible". Un nouveau procédé sera introduit par Fibromar dans le but de limiter ces effets nocifs.
    En terme d'investissements, les plastiques composites sont moins exigeants que les plastiques classiques. "Aussi paradoxal que cela puisse paraître, le composite peut être fabriqué manuellement, avec quelques outils de base".
    Cependant, il existe plusieurs procédés de fabrication.
    Moulage compact et moulage par projection sont les techniques basiques les plus simples à utiliser. Ainsi, la fabrication de bateaux fait appel au moulage compact. Celui-ci requiert une main-d'oeuvre nombreuse et moyennement qualifiée et quelques outils de base avec un moule. La fibre de verre et la résine constituent les matières premières requises. La résine liquide (polyester) est placée dans le moule avant d'être recouverte d'un tissu de fibre de verre. "L'essentiel du travail de la main-d'oeuvre consistera à enlever les bulles d'air".

    Le second procédé porte sur le moulage par projection. "Au lieu de placer un tissu en polyester, on projette de la résine avec de la fibre de verre à l'instar de la peinture au pistolet". Utilisée pour la fabrication des baignoires, la feuille d'acrylique est thermoformée avant d'être renforcée avec du composite. Le coût du produit fini est inférieur à celui de la baignoire en céramique. "De plus, on peut lui inculquer toutes les formes possibles (jacuzzi)". Outre le confort au toucher et la bonne résistance, la baignoire acrylique conserve mieux la chaleur de l'eau.
    Enfin, le moulage sous vide constitue le troisième procédé plus complexe et couramment utilisé dans l'aéronautique, notamment pour la réparation des avions de chasse.
    Le marché local se développe lentement car il subsiste une certaine réticence à l'égard de la matière plastique. "Les produits plastiques sont encore perçus comme des produits de remplacement".


    Mouna KABLY

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