×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Dossiers

    Sous-traitants automobiles : Les équipementiers de premier rang font la loi

    Par L'Economiste | Edition N°:248 Le 03/10/1996 | Partager

    Grand utilisateur de la sous-traitance, le secteur automobile était présent au Sistep. Pas totalement sortis de la rude et laborieuse traversée du désert, les équipementiers suivent avec prudence l'évolution du marché automobile, réanimé par l'économique. Ils espèrent néanmoins que les administrations des douanes et des impôts leur faciliteront les choses.

    La sous-traitance automobile connaîtra-t-elle des jours meilleurs? Le projet de voiture économique laisse penser que c'est possible. Dans les faits, la réponse est plutôt délicate. D'un côté, Fiat Auto Maroc, optimiste, essaie de respecter des engagements qui risquent de lui échapper, notamment le lancement de la Palio, prévu pour janvier 1998. De l'autre côté, les fournisseurs marocains semblent stressés. Et pour cause, ils veulent s'accrocher aux constructeurs qui représentent pour eux un marché important mais trouvent des difficultés à engager une stratégie de mise à niveau afin d'être reconnus comme fournisseurs à l'échelle mondiale. L'enjeu est très important.
    Cette stratégie exige des investissements de capacité et de qualité. Elle demande aussi, comme la convention le dit expressément, une assistance de Fiat Auto. Ce dernier est dans une position délicate. Ses interlocuteurs directs sont les équipementiers de premier rang, appelés également co-designers, qui participent à la conception même du nouveau modèle. Il leur revient de concevoir les composants. A leur tour, ils deviennent des donneurs d'ordre. Leurs sous-traitants doivent être homologués.
    Pour la Uno, le problème ne s'est pas vraiment posé, puisque selon M. Abdelhak Mounir, président de l'AMICA et directeur général de Maghreb Elastoplast, les pièces étaient déjà produites localement. Pour la Palio, il en sera autrement. Pour produire les nouvelles pièces, de nouveaux investissements sont inévitables. Par exemple, illustre M. Karl Hendrix, le responsable des achats de Fiat Auto Maroc, les glaces qui équiperont la voiture économique auront une épaisseur de 3,2 à 3,5 mm et elles ne sont pas produites actuellement. Pour ce faire, explique M. Hendrix, l'un des deux sous-traitants devra acheter les glaces (produit semi-fini) à l'équipementier italien avant de leur donner les formes requises. Dans le cas des sièges, Sicoa qui fabrique l'armature et Maghreb Elastoplast qui les garnit de mousse et les revêt de tissu sont obligés de travailler avec le fournisseur de Fiat en Italie. Ce dernier, une fois qu'il aura mis au point le design des sièges cherchera les producteurs éventuels. Selon, M. Hendrix, un grand fournisseur de Fiat est en train d'étudier des possibilités de fabrication de sièges pour Fiat, quitte à s'associer avec un industriel étranger au secteur de l'automobile. Les piéçards marocains doivent négocier les conditions et le prix de leur participation à la production globale. Souvent, ils doivent verser d'importantes royalties aux co-designers. Ce qui ne les encourage pas particulièrement. Fiat Auto intervient à ce niveau pour huiler les rouages des négociations. Toutefois, Fiat ne compte pas seulement sur les Marocains. Des équipementiers italiens multiplient les consultations en vue d'une éventuelle installation au Maroc.
    Les sous-traitants marocains qui travaillent pour le compte des constructeurs français sont confrontés à la politique de restructuration qui vise la réduction des fournisseurs et la production à flux tendus. Le vrai pouvoir dans le choix des fournisseurs appartient aux équipementiers de premier rang. Ils soumettent les sous-traitants à leurs conditions et à leurs audits d'évaluation. NRF, fabricant de radiateurs, et Cabelec, qui fournit le câblage, illustrent ce cas.
    Le premier vient de mettre en place une démarche d'assurance exigée par leurs donneurs d'ordre Valeo pour le premier et Labinal pour le second. Cabelec a réussi à faire admettre ses produits dans le cadre de la compensation.
    A part ces deux cas, des équipementiers marocains "restent sceptiques quant à la disposition de Fiat Auto Maroc à tenir compte réellement de leurs intérêts dans la réalisation du projet" de la voiture économique, dit le bulletin Auto Info de septembre 1996, publié par l'AMICA. Selon Auto Info, Fiat "ne fait qu'élever les exigences sans pour autant proposer l'aide et l'assistance".

    Hakima A RIF


    Sous-traitants et équipementiers

    Au niveau international, la configuration du secteur automobile a changé. De nouvelles relations se sont instaurées entre le constructeur et ses équipementiers suite à la désintégration du processus de production. Même les fournisseurs sont devenus des assembleurs. Les planches de bord des Renault, Peugeot, Fiat et autres marques arrivent complètes à l'usine de montage du constructeur. Ainsi, une hiérarchie s'est instaurée dans le secteur avec trois niveaux. En haut de la pyramide trône le constructeur, maître du concept global et de la stratégie d'ensemble. Viennent ensuite les équipementiers de premier rang. Ils sont appelés co-designers du fait qu'ils participent avec le constructeur à l'élaboration du nouveau produit dès les premières ébauches. En liaison avec les constructeurs, ils étudient, conçoivent et industrialisent leurs produits sur la base d'objectifs fonctionnels.
    Ils détiennent les brevets de leurs produits et développent la fonction recherche et développement. Ils ne sont donc plus de simples fabricants et sont responsables du choix de leurs propres sous-traitants.
    Les sous-traitants se situent à la base. Aujourd'hui, ils sont plus en relation avec l'équipementier de premier rang qu'avec le constructeur lui-même. Pour que leurs pièces puissent être intégrées dans le produit final du constructeur, elles doivent nécessairement être homologuées par le co-designer.

    H. A.

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc