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    Economie

    Sous-traitance internationale : L'électronique se fraie une place dans les exportations

    Par L'Economiste | Edition N°:227 Le 25/04/1996 | Partager


    La sous-traitance tournée vers l'export génère des entrées de devises conséquentes. Mais la forte concentration autour du textile
    cache d'autres opportunités.


    Les données statistiques traitées par le CMPE révèlent que la
    sous-traitance internationale se taille une part croissante dans les entrées de devises.
    En effet, les exportations de la sous-traitance représentent 15% du total des recettes réalisées avec l'étranger, émanant essentiellement du secteur textile.
    Entre janvier et septembre 1995, ce volet de l'activité a généré
    4,4 milliards de DH, réalisant un bond de 40,5% par rapport à la même période de l'année précédente.
    Le textile conserve sa place de leader, puisque les vêtements confectionnés représentent à eux seuls plus de 68% des recettes de la sous-traitance dédiée à l'export, réalisant un accroissement de 34% par rapport à 1994. Cependant, la production de fils et tissus de coton ainsi que des fibres synthétiques en sous-traitance connaît une chute brutale. En revanche, les biens d'équipements industriels ont généré 272 millions de DH issus essentiellement de la commercialisation des diodes.
    Pour les demi-produits, la sous-traitance des composants électroniques, nulle en 1994, a réalisé une bonne performance avec 54 millions de DH de recettes d'exportation.

    Des pays de l'Est compétitifs


    Ces chiffres confirment la forte concentration de la sous-traitance internationale autour du textile. Pourtant, une étude publiée en juin 1994 dans "Vues économiques" démontre un net ralentissement des importations européennes de textile en provenance du Maghreb au profit des pays de l'Est.
    Parmi les facteurs explicatifs, les coûts de la main d'oeuvre restent du même ordre dans les deux zones, voire nettement plus faibles en Roumanie et en Pologne. En outre, la qualification de la main d'oeuvre favorise l'Europe de l'Est, compte tenu du taux de scolarisation. De plus, "la culture de travail" de la main d'oeuvre relative à la tradition industrielle locale avantage aussi les pays de l'Est. De même, les perspectives de développent des marchés locaux, au regard de la population et du PNB/tête, mettent en avant
    les pays de l'Est. Donc, proximité géographique et culturelle, qualification de la main d'oeuvre et potentiel industriel important, constituent des atouts majeurs de l'Europe de l'Est.
    "Déjà en 1970, les experts de la Banque Mondiale comparaient le Maroc aux pays asiatiques, en préconisant une évolution de la sous-traitance vers l'électronique", souligne M. Abdenbi Jaïdi, directeur général de Casablanca International Electronics Assembly (CIEA). Cette activité requiert un travail manuel minutieux et précis. Selon lui, ce type d'activité sied particulièrement à une main d'oeuvre féminine qualifiée.

    En partenariat avec des opérateurs philippins, CIEA s'est lancée en 1987 dans l'assemblage électronique consacré à l'export en surmontant plusieurs handicaps.
    Dès le départ, les promoteurs ont dû assumer la mise en place de l'unité industrielle et la formation du personnel sans aucune garantie préalable de marchés. "Les donneurs d'ordre soumettent ce type d'unité à un audit avant de confier les premiers échantillons". En outre, le Maroc ne bénéficiant pas d'une notoriété dans la
    sous-traitance électronique, CIEA devait prouver ses compétences par la qualité et la rigueur du travail moyennant des prix compétitifs.
    En terme de transfert technologique, l'expérience de CIEA est originale dans le sens où elle s'est engagée dans un partenariat Sud/Sud. "Nous avons recruté des experts philippins pour assurer l'encadrement du personnel, la conception de l'usine et le choix des équipements". Le travail en équipe a nécessité une formation de l'ensemble du personnel en langue anglaise pour que le transfert de savoir-faire profite à tous les échelons de l'entité. Actuellement, CIEA s'engage dans la voie de la certification ISO 9002.

    L'électronique sous-exploitée


    A ce jour, la branche électronique demeure sous-exploitée et les quelques unités existantes sont dépendantes des fournisseurs étrangers en matières premières et pièces de rechange.
    "Pourtant, le circuit intégré dont nous assurons la production est à la base de tout processus de développement électronique".
    Par effet d'entraînement, il peut être mis à disposition d'autres unités d'assemblage pour procurer au marché local et maghrébin des produits finis montés localement.
    Parmi les contraintes majeures au développement de la sous-traitance internationale, les opérateurs dénoncent la lourdeur des procédures douanières. Ainsi, plusieurs donneurs d'ordre fournissent leur sous-traitant en équipements pour une longue durée. L'équipement en question étant introduit en admission temporaire, le sous-traitant est tenu de le réexpédier puis de le réimporter tous les trois ans...
    Les coûts des facteurs élevés ainsi que l'accès aux cautions bancaires sont également présentés comme des freins au développement de ce type d'activité.

    Mouna KABLY


    Sous-traitance et transfert de technologie


    · Dans les industries textiles, la sous-traitance internationale se situe au niveau de la conception des produits bien plus qu'au niveau de la production. "Les sous-traitants locaux disposent pour la plupart d'un équipement comparable à celui des entreprises européennes". Donc, l'apport technologique du donneur d'ordre se traduit surtout par la fourniture des patrons et modèles.
    · Dans les industries mécaniques, électriques et électroniques,
    la sous-traitance internationale est surtout industrielle. Elle induit un transfert technologique plus important que dans le secteur textile. Elle se reflète au niveau des équipements et de la qualification de main d'oeuvre imposés tous deux par le donneur d'ordre.
    Les produits réalisés localement ont les mêmes caractéristiques que les produits européens et sont exécutés selon les mêmes procédés.
    Le produit final doit être conforme à la norme européenne, car il devra être inséré dans un ensemble construit par le donneur d'ordre lui-même.

    · La sous-traitance de compensation concerne essentiellement l'industrie mécanique. Ce système impose au fournisseur étranger de pièces détachées (constructeur d'automobiles) de compenser ses ventes par l'achat en grandes séries à un sous-traitant marocain, d'un des éléments de ses matériels. Ce marché doit être régulier et défini sur une période assez longue. Le système de compensation a eu pour effet la maîtrise de la production en grandes séries de sous-ensembles à des prix compétitifs. Pour l'heure, un léger recul est relevé sur le marché à l'export. "La disparition d'une partie de l'obligation de compensation a entraîné une baisse importante des besoins des constructeurs par rapport aux années précédentes", explique M. Abdelhak Mounir, président de l'AMICA. Mais compte tenu des avantages comparatifs du Maroc, les constructeurs n'ont pas intérêt à délocaliser, "sauf s'ils sont tenus de respecter cette même loi de compensation sur d'autres marchés".
    · Le transfert technologique concerne peu le domaine de l'organisation et de la gestion des entreprises sous-traitantes indépendantes. En revanche, la création d'entreprises conjointes liant sous-traitants et donneurs d'ordre génère un transfert de technologie et de savoir-faire tant au niveau de la production que des méthodes de gestion. Cependant, dans ce schéma, le donneur d'ordre cherche à garantir l'avenir de sa production et limite les exportations directes du sous-traitant.

    Mouna KABLY.




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