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    Economie

    Solidarité et développement régional : Les jeunes entrepreneurs découvrent la coopérative

    Par L'Economiste | Edition N°:260 Le 26/12/1996 | Partager

    Que fait-on quand on est jeune avec une idée d'entreprise en tête mais pas les moyens de la concrétiser? Une solution consiste à utiliser les possibilités qui existent, la coopérative et le crédit jeunes promoteurs. Une voie possible pour le développement régional.


    Deux journées d'étude ont été consacrées au rôle de l'économie sociale dans le développement régional. La rencontre qui s'est déroulée à Khémisset les 21 et 22 décembre constitue la première étape d'une série de rencontres à travers toutes les régions du pays, suivie par un colloque national dont l'objectif est «de faire le bilan des dix dernières années de travail coopératif», a souligné M. Ahmed Aït Haddout, le directeur de l'Office de Développement de la Coopération (ODCO), organisateur des journées d'étude.
    L'expérience de la Province de Khémisset est le fait de 28 coopératives de jeunes promoteurs. Le secteur agricole en compte 15, le secteur forestier 11 et l'artisanat 2.
    Si les organisateurs ont jugé nécessaire de faire une sorte de bilan de l'activité économique, notamment dans le secteur coopératif, c'est que les autorités de la Province se préparent à des perspectives qui demandent des efforts soutenus. L'un des problèmes relevés par le gouverneur de la province, M. Abderrahim Bendraoui, est relatif à l'autoroute Rabat-Fès, en cours de construction. Bien que l'autoroute ait plusieurs avantages, il n'empêche, note M. Bendraoui, «qu'elle peut avoir un impact négatif sur certaines localités, comme Sidi Allal Bahraoui, dont l'économie est fortement tributaire de la route». C'est pourquoi les autorités doivent se préparer à l'avance en encourageant la création d'entreprises dans divers secteurs.

    Il s'agit de ne pas «rééditer l'expérience de la ville de Bouznika que l'ouverture de l'autoroute Casablanca-Rabat a plongée dans une crise difficile». Il faut préparer la reconversion des personnes qui tirent leur subsistance du trafic routier. Côté avantages, l'autoroute permettra à la province d'être mieux accessible, ce qui, avec sa proximité de Rabat, pourrait en faire une zone prisée par les investisseurs. C'est d'ailleurs la bête noire des responsables, les investisseurs hésitant à s'installer dans la province, malgré l'existence de trois zones industrielles. Ils préfèrent Salé ou même Meknès ou Fès.
    Selon M. Aït Haddout, les potentialités de la province sont susceptibles d'en faire une importante zone d'activité économique. Les possibilités d'investissement sont nombreuses mais il manque le plus important, les moyens de financement.

    Coopérateurs solidaires


    Dans le but de dépasser ce blocage, notamment en ce qui concerne les garanties des prêts, l'Association des Jeunes Entrepreneurs de Khémisset (AJEK) projette la création d'une société de cautionnement mutuel (SCM) en collaboration avec la Banque Populaire. La SCM permettra, grâce à son esprit mutualiste, de substituer à l'engagement d'un débiteur isolé l'encadrement solidaire d'un groupe d'entrepreneurs. Ses ressources proviendront des souscriptions des adhérents et de la participation au capital de la Banque Populaire.
    Le cautionnement mutuel contribuera à faciliter la création d'entreprises par les jeunes tout en garantissant à la banque prêteuse le bon dénouement de ses engagements, a souligné M. Aït Haddout.

    Un autre projet, liant l'AJEK à la Direction Provinciale de l'Agriculture (DPA) est en cours. Il consiste à promouvoir les investissements agricoles.
    Des expériences ont bien réussi dans ce domaine et les exemples de plusieurs jeunes prouvent que des possibilités de création d'emplois existent, est-il indiqué.
    En décembre 1994, trois jeunes filles ont constitué la coopérative Najah pour l'élevage apicole avec un capital de 45.100 Dirhams. Exploitant 43 ruches, elles ont produit cette année 1.500 kilos de miel vendu entre 50 et 60 Dirhams le kilo. Elles ont pu s'adapter à cette activité bien que leur formation soit aux antipodes de l'apiculture. L'une d'elles possède un diplôme en dessin industriel.

    Dans la même activité, la coopérative Salam compte six membres de la même famille et dispose d'un capital de 265.000 Dirhams. C'est leur oncle, technicien agricole spécialisé dans l'apiculture, qui a eu l'idée de la coopérative dont il assure lui-même la direction. «Les six coopérateurs se sont trouvés sans travail après leurs études, et il fallait que je fasse quelque chose pour eux. Alors, au lieu d'attendre et de perdre du temps dans de vaines recherches d'emploi, j'ai trouvé plus intéressante l'idée de la coopérative qui a l'avantage de procurer du travail aux six personnes». Malgré quelques difficultés liées notamment au financement des campagnes, la coopérative marche bien. Elle a produit 3.000 kilos de miel cette année.
    Dans la riziculture, 620 personnes physiques et 35 coopératives de la réforme agraire ont créé la société des coopératives agricoles de rizerie avec un capital d'un peu plus de 2,6 millions de Dirhams.
    Elle collecte, conditionne et commercialise le riz produit par les coopérateurs. Réalisant 50% de la production nationale, son chiffre d'affaires pour la campagne 1995-1996 a atteint 76,5 millions de Dirhams.

    Le secteur coopératif à Khémisset


    LA Province de Khémisset compte, au 31 novembre 1996, 128 coopératives, soit 16,9% des coopératives de la région du Nord-Ouest. Ces coopératives rassemblent 3.286 coopérateurs et un capital global de 624.000 Dirhams, soit 48.000 Dirhams par coopérative. Durant les onze premiers mois de l'année 1996, il s'est constitué en moyenne 13 coopératives par mois
    Le secteur agricole compte 77 coopératives, dont 20 dans le cadre de la réforme agraire. Les coopératives forestières sont au nombre de 20, regroupant 462 adhérents avec un capital de 96.000 Dirhams.
    Par ailleurs, on dénombre 17 coopératives artisanales avec 152 adhérents, 14 coopératives d'habitation et 7 de transport.

    Hakim ARIF


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