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    Economie

    SM le Roi: Le travail contre l'immobilisme administratif

    Par L'Economiste | Edition N°:248 Le 03/10/1996 | Partager

    Mehdi Qotbi s'est bien démené pour montrer le Maroc à sa petite troupe de journalistes, présentés comme des journalistes de la presse régionale française, mais qui ont des signatures d'envergure nationale. Ils espéraient sans trop y croire une rencontre avec SM le Roi, mais ne s'attendaient pas à une conférence de presse-réunion détendue.
    Pour ce qui concerne les aspects économiques de cette réunion, il faut retenir en premier lieu les investissements étrangers: "c'est à nous de faire ce qu'il faut pour qu'ils viennent (...), ils seront toujours accueillis à bras ouverts". Ce qui dans cette analyse était moins attendu c'est le regret exprimé franchement par le Souverain d'avoir autant de difficultés à réduire les "tracasseries administratives". SM le Roi est allé plus loin en fustigeant "l'immobilisme administratif et le maquis juridico-réglementaire". Sa prise de position et les attentes exprimées ne sont pas anodines dans la conjoncture actuelle.
    En effet, il y a douze mois encore il était fréquent, voire commun, que les hommes d'affaires marocains ou étrangers, et les Marocains plus que les étrangers, signalaient sans complexe les entraves qu'ils rencontraient. Parfois cela avait des effets immédiats: des réformes petites ou grandes venaient à leur secours.
    Mais depuis, il y a eu les interrogations sur les méthodes de la campagne d'assainissement. Un étrange climat s'était instauré dans les relations avec les administrations. Ce climat à fait resurgir des comportements que l'on croyait oubliés, lorsqu'une entreprise a un problème à résoudre: fallait-il essayer, comme avant la démocratisation, de régler ses problèmes discrètement quitte à ce que seuls les initiés puissent en tirer enseignements ou bien continuer à poser ouvertement les problèmes rencontrés, de manière à ce que le plus grand nombre des entrepreneurs tirent profit des améliorations apportées à l'occasion de la résolution du problème?
    Pour l'entrepreneur, c'est un simple choix d'une démarche plutôt qu'une autre: c'est aussi long et dévoreur d'énergie ou de temps, d'un côté comme de l'autre, tandis au bout la solution restera la même: le bon sens finit par s'imposer sachant qu'en remontant dans les filières administratives il est bien rare que le bon droit ne finisse pas par rencontrer l'oreille attentive qu'il lui faut.

    Mais pour la communauté des entreprises, le choix de démarche a des conséquences très différentes: dans le premier cas, celui de la solution individualisée est un retour en arrière, très peu conforme à la liberté d'entreprendre qu'a consacrée la dernière réforme constitutionnelle. Dans ce retour en arrière, bien des dérives peuvent venir se loger: l'abus de pouvoir, l'erreur, la connivence, voire la complaisance ou pis encore, avec en fin de course, le découragement de l'investissement.
    La deuxième méthode, celle consistant à poser les problèmes d'une manière ouverte à travers les instances patronales ou via les médias, les tractations deviennent transparentes et limitent les risques de dérive. Mais c'est une méthode qui met sous pression les administrations: elle tient le décompte du temps gaspillé, identifie les arguments échangés, diffuse la solution apportée, laquelle fera à son tour jurisprudence. C'est sur cette base que de nouveaux investisseurs vont pouvoir se lancer, base qui n'existe pas dans la première méthode.
    Une partie de la communauté des affaires avait fini par penser, suite à la campagne d'assainissement, plus exactement des dérapages qui y sont apparus, qu'il fallait revenir à l'ancienne méthode. En premier lieu, ces hommes d'affaires avaient conclu qu'ils devaient se faire discrets sur les problèmes rencontrés avec les administrations. Que SM le Roi vienne sur ce terrain fait immédiatement pencher la balance dans l'autre sens. Plus, que le Souverain indique qu'il s'agit d'un travail de longue haleine, commencé "depuis des années face à l'immobilisme administratif", montre qu'il faut prendre et reprendre cette tâche. L'administration, qui n'est pas en droit de revendiquer l'incarnation de l'Etat, devra s'en trouver bien pour servir le pays.

    Nadia SALAH

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