Affaires

Sida: Les pays riches appelés à une plus grande coopération

Par L'Economiste | Edition N°:2173 Le 16/12/2005 | Partager

. Les pays arabes particulièrement sollicités  Plus de coopération de la part des pays riches, notamment les pays pétroliers arabes, pour financer les programmes de 2006 du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.  C’est en gros les conclusions du 12e conseil d’administration du Fonds mondial onusien réuni à Marrakech depuis le 14 décembre. «Le Fonds possède actuellement 1,9 milliard de dollars et il lui faut d’autres contributions d’un montant de 1,1 milliard de dollars pour pouvoir mener à bien ses programmes de prévention et de traitement du sida», expliquent ses directeurs. Initié par le Japon, lors du sommet du G8 à Okinawa en juillet 2000, ce fonds mondial a été établi formellement début 2002 comme une association indépendante. En peu de temps, il a réussi à appuyer plusieurs programmes. «En 2005, il a financé 35 programmes nationaux de lutte contre ces trois pandémies pour un montant total de 201 millions de dollars», précise Richard Feachem, directeur exécutif. Selon Hussein Al Gezaïry, dans les pays arabes, 700.000 séropositifs ont été recensés en 2005. 620.000 nouveaux cas de tuberculose sont enregistrés chaque année ainsi que 15 millions d’infections de paludisme. C’est dire les efforts de lutte à entreprendre dans la région. Le Fonds onusien en est conscient, mais aussi les pays concernés. Parallèlement à la 12e session du conseil d’administration à Marrakech, une autre réunion de haut niveau des ministres de la Santé dans la région Nord-Afrique et Moyen-Orient s’est penchée sur une stratégie de lutte contre ces trois pandémies.  Cela va-t-il avoir un impact sur la diminution de ces maladies? Nul ne peut le dire et encore moins les ministres de la Santé. Mais il s’agit de ne pas baisser les bras. Pour le Maroc, le défi sera d’infléchir la courbe des personnes atteintes du sida pour 2015. Selon le ministre de la Santé, Mohamed Biadillah, le Maroc compte actuellement 1.850 cas de sida qui bénéficient d’un traitement gratuit par la trithérapie. Ces personnes sont prises en charge par la Santé publique en partenariat avec le Fonds mondial onusien de lutte contre le sida.  L’Association marocaine de lutte contre le sida (ALCS) estime, quant à elle, à 16.000 le nombre de séropositifs (malades et porteurs sains) en 2005. Le Maroc est pourtant devenu un modèle dans le domaine de la prévention.  «La rencontre de Marrakech est aussi une manière d’encourager les avancées en matière de prévention dans le Royaume», indique le professeur Feachem. Ce dernier a d’ailleurs participé au Sidaction, organisé au profit des sidéens et des séropositifs. Une opération qui a recueilli plus de 20 millions de DH de promesses de dons, lors d’une grande soirée télévisée organisée la semaine dernière. Ces recettes serviront à la prise en charge des malades, à la prévention et la sensibilisation du public. L’objectif est de lutter aussi contre l’exclusion économique et sociale des personnes atteintes.


Des chiffres qui parlent

Dans le monde, près de 5 millions de personnes ont été contaminées par le virus du sida au cours de l’année 2005, ce qui porte leur nombre à 40,3 millions, soit 38 millions d’adultes vivant avec le VIH et/ou le sida et 2,3 millions d’enfants de moins de 15 ans. 17,5 millions d’adultes contaminés sont des femmes -25,8 millions (fourchette: 23,8 à 28,9 millions) en Afrique subsaharienne. Au Maroc, 55% des cas de sida ont été déclarés dans 3 régions: Souss-Massa-Drâa, le Grand Casablanca et Marrakech.De notre correspondante, Badra BERRISSOULE

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