Affaires

Risques catastrophiques: Bientôt un dispositif de couverture

Par L'Economiste | Edition N°:2172 Le 15/12/2005 | Partager

. Un projet de loi en cours de préparation par la SCR et la DAPS . Il prévoit un fonds mixte public/privé . La SCR aura sa place, même après la suppression de la cession légaleLe Maroc disposera bientôt d’un fonds pour l’indemnisation des risques catastrophiques. «Un projet de loi est en cours de finalisation par la Société centrale de réassurance (SCR) et la direction des Assurances et de la Prévoyance sociale. Il prévoit un fonds mixte public/privé pour la prise en charge aussi bien des risques de catastrophes naturelles que des risques terroristes», confie Mustapha Bakkoury, PDG de la SCR (et par ailleurs directeur général de la CDG), dans une déclaration à L’Economiste. Le premier financier du pays assure que «le texte de loi en phase de finalisation actuellement empruntera le circuit législatif début 2006».Bakkoury ne cache pas sa satisfaction lorsqu’il souligne que «bientôt le Maroc aura son système de couverture». C’est une grande préoccupation des pouvoirs publics, qui sont conscients de la nécessité de mettre en place un mécanisme d’assurance et de réassurance de ces risques. A l’occasion de son 45e anniversaire, la Société centrale de réassurance a organisé, le 13 décembre, en collaboration avec le Centre africain des risques catastrophiques, un séminaire sous le thème «La gestion des risques catastrophiques». La filiale de la CDG a inauguré par la même occasion un business center dans ses locaux de la Tour Atlas et annoncé la création du Centre africain des risques catastrophiques. Une entité qui sera logée au siège de la SCR et qui en assurera la gestion. L’objectif étant de disposer d’une base de données des risques catastrophiques sur le continent africain. Invité pour exposer «la gestion des risques catastrophiques en France», René Vandamme, directeur général de la Caisse centrale de réassurance à Paris, a insisté sur «la mise en place graduelle d’un système de couverture des risques catastrophiques et terroristes». La survenance de catastrophes et la multiplication des attentats terroristes dans le monde a amené le législateur français à réfléchir sur de nouveaux mécanismes de couverture et d’indemnisation. D’abord l’année 1986 signe la fin de l’exclusion de l’acte terroriste des couvertures d’assurance. La loi souligne: est réputée non écrite toute clause contraire à la couverture de ce risque. Mais pour que le risque terroriste soit couvert, le texte exige qu’il soit joint à un contrat sur un autre risque, comme par exemple l’incendie ou l’explosion. Ensuite, est venue la réforme de 2001 qui a changé tout le système. Comme le marché de la réassurrance n’avait plus de capacités suffisantes pour garantir ces risques, l’Etat français a mis en place le système Gareat qui permet une répartition des primes entre les acteurs du marché et l’Etat. Par un jeu de franchise et de plafond d’indemnisation, la France s’est dotée d’un système de couverture et d’indemnisation privé/public qui fonctionne. Enfin, 2006 introduira une troisième réforme qui permettra à la CCR, l’équivalent de la SCR, de couvrir les risques masse après les attentats de Londres et de Madrid.La SCR devra évoluer vers le même schéma. La CDG et les pouvoirs publics ont renforcé sa capitalisation pour mutualiser la couverture des risques catastrophiques, après la suppression de la cession légale en 2006. Même si les compagnies d’assurances nationales et africaines ont assuré, à travers un film institutionnel projeté mardi, qu’ils continueront à se réassurer auprès de la SCR. Aujourd’hui, elles réservent 30 à 35% de leurs traités de réassurance à la SCR, du fait de sa proximité, son assistance et sa connaissance du marché local.


400 zones à risque au Maroc

Sueurs froides! Une carte préparée en 2003 révèle l’existence de 400 zones à risque d’inondations, de tremblements de terre et de «tsunamis» au Maroc. Lahcen Aït Brahim, du département des sciences de la Terre à la faculté des sciences de Rabat, déplore le manque de système d’alertes pour ces risques. Le plus dangereux reste le glissement d’une partie d’un volcan en activité dans les îles Canaries. Un affaissement qui provoquerait, selon des simulations réalisées par une équipe de chercheurs anglais, marocains, espagnols et français, des vagues géantes qui arriveront aux côtes marocaines en moins de 30 minutes. Les eaux pourraient gagner à plus de 12 km en terre. B. E. Y.

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