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    Economie

    Retraite: Les futures pensions sont-elles menacées?

    Par L'Economiste | Edition N°:921 Le 21/12/2000 | Partager

    . A l'horizon 2040, on assistera à une augmentation des prestations (jusqu'à quatre fois plus) par rapport aux cotisations. Deux employés ayant le même salaire et la même ancienneté, dans les secteurs privé et public, peuvent se retrouver avec des pensions différentesIl n'est jamais trop tôt pour préparer sa retraite, «encore faut-il trouver du travail«, répliqueraient certains. En effet, les jeunes et les moins jeunes doivent dès aujourd'hui penser à leurs vieux jours. La question qui se pose est la suivante: Nos futures pensions sont-elles menacées? Rassurez-vous, jusqu'ici, la situation démographique semble encore favorable (5 actifs pour un seul retraité). De même, le taux de remplacement est élevé; c'est un bon niveau qui permet une marge de manoeuvre par rapport à d'autres pays. Toutefois, il semblerait que d'ici dix ou vingt ans, la situation risquerait fort de se compliquer. En tout cas, c'est ce qui ressort du f'tour-débat, organisé la semaine dernière à l'initiative de l'institut de formation Polyfinance, sous le thème «Quelle réforme pour le système des retraites?«. Les différents intervenants ont tiré la sonnette d'alarme et souligné l'urgence des réformes. «Le régime de retraite tel qu'il est actuellement conçu est, pour certaines caisses, une véritable bombe à retardement si l'on n'y prend garde à temps«, a souligné M. Mohamed Khalki, président de l'ARCIM (une ONG qui représente les retraités de la CIMR). De plus, le taux de 4,5% consenti par les compagnies d'assurances est trop faible, sachant que la participation aux bénéfices n'est pas toujours versée par certaines compagnies à la CIMR. La tentative de ramener ce taux à 3% est jugée scandaleuse (alors que depuis 1949 jusqu'en 1986, il était de 3,5%). Encore heureux qu'elle n'ait pas abouti. M. Mohamed Bendriss Benahmed, DG de la Caisse Marocaine de Retraite (CMR), a pour sa part signalé la multiplicité des caisses autonomes et la mixité des techniques de financement. Le régime souffre, selon lui, d'un certain nombre de faiblesses dues à un ensemble de facteurs endogènes et exogènes. L'hétérogénéité et la générosité des régimes figurent parmi les principaux facteurs de déséquilibre. Ce qui veut dire qu'il y a une absence de lien entre la prestation et l'effort contributif. De même, la baisse de la natalité (2 enfants par femme en 2014 contre 3,25 en 1994), le rapport démographique en dégradation (population active en baisse par rapport à la population des retraités), le rythme d'évolution des pensionnés (6 fois plus rapide que celui des cotisants, 380% contre 60% dans les 40 prochaines années), la stagnation des recrutements et l'accroissement soutenu des retraités ainsi que l'amélioration de l'espérance de vie (65 ans en 1987, 69 en 1999 et 78 en 2060) sont autant de menaces qui pèsent sur nos futures pensions, nonobstant la morosité du contexte économique, le poids du secteur informel, la précarité de l'emploi et le taux de chômage élevé. Si aucune mesure n'est prise pour pallier ce déséquilibre, on assistera, d'ici l'an 2040, à une augmentation des prestations (jusqu'à quatre fois plus) par rapport aux cotisations. Ce qui serait énorme!. Retraite à 65 ansLe système tel qu'il est actuellement présente quelques aberrations. Deux employés ayant le même salaire et la même ancienneté, dans les secteurs privé et public, peuvent ainsi se retrouver avec des pensions différentes. Par ailleurs, les participants à la conférence ont été unanimes quant à la nécessité de la mise en place d'un cadre réglementaire et juridique puisque le mot «retraite« n'existe pas dans la législation marocaine.M. Abdesslam Aboudrar, directeur du pôle Prévoyance de la Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG), a quant à lui expliqué l'objectif de la réforme qui est une composante essentielle de la réforme de l'épargne institutionnelle, des finances publiques, du marché du travail et des marchés financiers. Il faudrait notamment éliminer le déficit actuel (certains ont suggéré que les revenus des privatisations pourraient servir à combler ce déficit), rétablir la solvabilité à court terme, assurer le financement à long terme, améliorer les prestations et atténuer la pauvreté. Et pour ce faire, il est nécessaire, d'après M. Fawzi Britel, économiste et expert-comptable du cabinet Cardex, de relever l'âge normal de la retraite. En effet, si le salarié partait en retraite à 65 ans (au lieu de 60), on aurait un gain de 5 ans de cotisations, ce qui équivaudrait à 5 années de dépenses en moins et 5 années de production en plus. Avant, le salarié mourait généralement six mois ou six ans (au plus tard) après sa retraite de nos jours, lui ou ses ayants droit vivront jusqu'à 79 ans vu l'amélioration de l'espérance de vie. Les pensions peuvent ainsi s'étendre jusqu'à 30 ans après le départ en retraite. Parallèlement, les jeunes entrent de plus en plus tard dans la vie active, occupent des postes intermittents ou sont sans emploi pour de longues périodes.


    Les réformes proposées

    M. Britel a préconisé la redéfinition de l'assiette des cotisations, la révision du mode d'indexation des pensions, la diversification de la couverture, la constitution de réserves effectives et protégées et l'introduction de mesures de flexibilité de la retraite. M. Abdelmajid Alami Greft, secrétaire général de la CNSS, recommande quant à lui l'adoption d'un système à trois piliers: la répartition avec fonds de réserve en capitalisation collective, la capitalisation pure en comptes individuels (l'équivalent des fonds de pension aux Etats-Unis) et l'assurance-vie avec des plans d'épargne en actions. Aziza EL AFFAS

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