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    Economie

    Retombées des pluies, assainissement, Ramadan : Les indécisions de l'activité économique

    Par L'Economiste | Edition N°:221 Le 14/03/1996 | Partager

    L'atmosphère économique est à la morosité. Cependant, les indicateurs ne sont pas tous à la baisse. Bien que la tendance à fin février ne soit pas encore significative, une enquête effectuée par la rédaction de L'Economiste permet de faire le point.


    La morosité est si bien installée dans les esprits qu'un grand banquier de la place a jugé utile d'adresser, via la presse, une lettre ouverte aux investisseurs. Les nombreux communiqués du Ministère de l'Intérieur sur la reprise de l'activité industrielle et commerciale visent aussi à redonner confiance aux opérateurs économiques.
    A défaut d'indicateurs statistiques, il faut se contenter d'indices. Même les baromètres censés donner une première tendance sur l'activité des deux premiers mois de l'année ne sont pas établis pour la plupart et, lorsqu'ils le sont, n'ont qu'une signification limitée.
    La campagne d'assainissement, fortement réclamée par les opérateurs eux-mêmes, a semé la psychose. Les pluies tant attendues ont pris des allures de catastrophes. A cela s'ajoute le mois de Ramadan où l'activité économique ralentit traditionnellement. De plus, le désengagement de l'Etat et la baisse des marchés publics n'ont pas été relayés par le secteur privé.

    La conjugaison de tous ces facteurs rend en effet difficile l'appréciation de la conjoncture.
    Les premiers indices disponibles, appuyés par un petit sondage réalisé auprès des différents intervenants (banques, ports, industries, commerce, Office des changes, commerce extérieur...) par la rédaction de L'Economiste dégagent des tendances mitigées.
    Les importations des deux premiers mois de l'année ont enregistré des hausses de 27% au port de Casablanca par rapport à la même période de l'année dernière. Le fret aérien global est en croissance de près de 10%, à l'exception de l'aéroport Mohammed V qui a enregistré un recul de plus de 7%.
    Autre élément positif: les sociétés de financement des importations/exportations connaissent une bonne reprise. Elles affirment que les prospections des jeunes pour le lancement de projets (importation de matériels, appareils téléphoniques, entretien de golfs) augmentent.

    Attentisme

    La conjoncture ne semble pas décourager les jeunes investisseurs. En effet, les intentions de création d'entreprises mesurées par le nombre de certificats négatifs accordés par le Registre Central du Commerce s'est accru de 4% en janvier-février 1996 par rapport à 1995.
    Autre indice, la fréquentation des hôtels 5 étoiles par les hommes d'affaires a aussi connu une augmentation importante. Le taux de remplissage des hôtels casablancais pour ce type de clientèle a dépassé les 60% alors qu'il était en deçà de 45% sur la même période de 1995.
    Sur un autre plan, les grandes entreprises structurées n'ont rien changé à leurs décisions. Elles continuent à utiliser normalement leurs lignes de crédits, affirment les banques tout en précisant que l'activité ne peut être appréciée de manière chiffrée avant avril/mai. Les intentions d'investissement sont maintenues et les budgets publicitaires, souvent les premiers touchés en cas de crise, n'ont subi aucune modification.

    Pour les PME, en revanche, une tendance à l'attentisme est constatée, bien que les contacts commerciaux restent prometteurs. Des programmes d'investissement sont élaborés mais tardent à être réalisés. "Les promoteurs ne sont pas pressés de les concrétiser", soulignent les banquiers. Par ailleurs, aucun cas concret de renonciation à l'investissement n'est signalé. Ici encore, les effets significatifs ne pourront être mesurables qu'à partir d'avril/mai, après l'établissement des bilans. Pour le leasing, le recul de l'activité est net, moins 10% sur les deux premiers mois de l'année par rapport à la même période de l'année précédente. Le recul touche tous les secteurs.
    Toujours dans le domaine bancaire, les indices tels que le taux de fréquentation des agences bancaires et le volume des retraits de liquidités dans les agences du Nord dénotent l'effet de crise. L'activité des agences du Nord s'est nettement ralentie après une légère reprise à la veille de l'Aïd, mais le volume des retraits d'argent est difficile à quantifier, car il peut être faussé par le nombre de bons de caisse anonymes en circulation.

    "Nouvelles règles du jeu"

    D'une manière générale, chez les industriels de taille intermédiaire, les banques relèvent de l'inquiétude et de l'attentisme. Cette tendance est amplifiée par une appréhension sur la prochaine campagne de recouvrement fiscal et le dénouement de l'opération d'assainissement, en attendant de cerner "les nouvelles règles du jeu".
    Le secteur des BTP (bâtiment et travaux publics) connaît une chute de l'activité. Cette dernière est accentuée par le ralentissement du programme des 200.000 logements. Si la baisse de 18,7% des ventes ciment à fin février n'est pas significative en raison des pluies et des inondations de certaines carrières, en revanche une chute importante est signalée dans la commercialisation de matériaux de chantier et du gros matériel de stockage. Chez un gros distributeur, aucune commande n'a été enregistrée pour les ponts roulants, les matériels industriels, de stockage et électrique basique pour toute l'industrie. D'une manière générale, les importateurs de matériels industriels se plaignent d'un ralentissement des commandes. Ils se disent même être au creux de la vague.
    Côté investissement étranger, les chiffres ne sont pas encore prêts, ni auprès de l'Office des Changes, ni auprès du commerce extérieur. Le sentiment dégagé cependant auprès des milieux d'affaires et les chancelleries est l'incompréhension vis-à-vis de la situation actuelle, même si les relations commerciales se poursuivent normalement.

    Fatima MOSSADEQ


    Bilan et répercussions des opérations d'assainissement


    Le comité de suivi chargé de la lutte contre la contrebande relevant du Ministère de l'Intérieur dresse un bilan de la situation suite à cette campagne. Plus de 1.000 opérations de contrôle ont eu lieu depuis le début de cette campagne. Des saisies de divers produits ont été effectuées à travers tout le territoire. Les retombées sur les transactions commerciales et industrielles sont conséquentes pour tous les secteurs et pour toutes les villes.
    L'électroménager a connu des hausses de l'ordre de 5 à 50% à Fès, de 20 à 50% à Marrakech, 35 à 40% à Agadir, 20 à 30% à Meknès, 10 à 40% à Casablanca, 10 à 15% à Kénitra, 10 à 35% à Oujda. Les transactions dans le secteur électrique ont augmenté entre 10 et 30%. Le secteur agro-alimentaire a enregistré jusqu'à 50% de hausse. Il en est de même pour les secteurs textile, pièces de rechange, habillement, cosmétiques et produits pharmaceutiques qui enregistrent des résultats positifs allant de 10 à 50% selon les régions.

    Fatima MOSSADAQ.

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