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    Economie

    Reprise mondiale : 4 chantiers prioritaires pour le FMI

    Par L'Economiste | Edition N°:144 Le 08/09/1994 | Partager

    Le tourisme, la confection et tous les secteurs à l'export expliquent leurs difficultés par la récession mondiale. La machine mondiale pourrait repartir si elle était renforcée par des politiques volontaristes, d'après le FMI.

    L'évolution récente des marchés des changes et des marchés financiers montre que les pays industrialisés sont entrés, cette année, dans une phase tout à fait favorable, a affirmé le directeur général du Fonds Monétaire International (FMI), M. Michel Camdessus. L'inflation est à son niveau le plus bas depuis trente ans et cette situation "a jeté les bases d'une reprise qui s'est visiblement renforcée depuis le début de l'année".

    La croissance se maintient aux Etats-Unis tandis que la reprise de l'activité se précise en Europe continentale ainsi qu'au Japon. Les derniers indicateurs disponibles pour l'ensemble des pays industrialisés font état d'une reprise progressive de la croissance. Celle-ci confirme les projections annoncées par le FMI il y a un peu plus de deux mois : +2,5% en 1994 et 1995 contre 1% par an entre 1991 et 1993. Ces prévisions pourraient être légèrement révisées à la hausse en octobre, a précisé M. Camdessus.

    Il estime que parmi les nombreux "défis" lancés aux responsables économiques et à la communauté internationale, quatre méritent d'être examinés de plus près :

    - Renforcer la croissance dans les pays industrialisés tant à court terme qu'à long terme tout en continuant à lutter contre l'inflation. Les politiques budgétaire et monétaire ont un rôle déterminant à jouer à cet égard, précise M. Camdessus. La politique budgétaire ne peut mieux renforcer et prolonger la reprise actuelle qu'en prenant la forme de programmes spécifiques d'assainissement des finances publiques dans une perspective à moyen terme, a souligné en substance le directeur du Fonds. Le ralentissement de l'inflation durant la phase de récession a permis, lui, de réduire les taux d'intérêt à court terme, donnant ainsi une importante impulsion à la reprise.

    - Réduire très sensiblement le chômage structurel dans les pays industrialisés : à ce niveau, il est indiqué que des mesures structurelles radicales doivent être mises en oeuvre pour assouplir les salaires, alléger les impôts et les réglementations qui découragent l'embauche, encourager et faciliter l'acquisition de compétences nouvelles en accordant davantage de crédits à l'enseignement, à la formation et au recyclage notamment.

    Le chômage touche actuellement 8% de la population active, soit 33 millions de personnes, dans les pays industrialisés. Il frappe plus spécialement l'Europe, et surtout l'Espagne, rappelle M. Camdessus. A la question de savoir s'il est possible de ramener ce "fléau" à des niveaux plus tolérables, le directeur du Fonds pense que la reprise ne peut à elle seule réduire le chômage. "Nous n'obtiendrons de résultats acceptables, a-t-il dit, que si nous réduisons le chômage structurel aussi bien que le chômage conjoncturel".

    Les politiques budgétaire et monétaire ont leur rôle à jouer dans cette lutte contre le chômage. Selon le FMI, elles devraient en effet réduire leur composante cyclique et empêcher la récente dégradation conjoncturelle de déboucher sur un chômage structurel. M. Camdessus estime par ailleurs que les dispositions en vigueur visant à protéger les chômeurs, les bas salaires et les emplois précaires bénéficient d'un consensus social qui rend les réformes difficiles.

    - Assurer une croissance durable dans les pays en développement qui n'ont pas pu progresser au cours des dernières décennies et réduire la pauvreté dans le "Quart-Monde". Pour ce faire, ces pays peuvent s'inspirer des politiques menées avec succès par une quarantaine de nations, allant de l'Argentine au Bangladesh, en passant par le Mexique, le Ghana ou le Népal.

    Ces politiques sont celles traditionnellement proposées, voire imposées, par le FMI (rigueur budgétaire, politique monétaire non-inflationniste, économie de marché, taux de change réaliste).

    - Veiller enfin au développement de l'économie de marché dans tous les pays en transition. Dans la plupart de ces pays, et plus particulièrement en Russie, le processus de transformation n'a pas donné les résultats escomptés parce que "les progrès enregistrés dans la stabilisation macro-économique et la réforme des entreprises ont été insuffisants et que ces insuffisances se sont renforcées mutuellement".

    Les pays en transition qui commencent à bénéficier d'une reprise de la croissance sont ceux qui ont réussi à ramener l'inflation à un niveau "raisonnable" et progressé de manière significative dans la voie des réformes structurelles, affirme le Fonds.

    H.E.

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