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    Politique Internationale

    Représentant de l'Ecole Française : Piano : Jean-Efflam Bavouzet en tournée

    Par L'Economiste | Edition N°:229 Le 09/05/1996 | Partager

    Après avoir invité Pascal Devoyon en mars dernier, les instituts français de Casablanca et Rabat patronnent, toujours avec le concours de la Fondation Wafabank, la venue au Maroc du pianiste Jean-Efflam Bavouzet, dans le cadre d'un programme intitulé "L'Ecole Française de piano". Agé de 34 ans, c'est l'un des plus remarquables jeunes pianistes français actuellement. Il jouera à Rabat le samedi 11 mai dans la salle Gérard Philipe de l'Institut Français, puis le mardi 14 mai à Marrakech, sous l'égide des trois Clubs du Rotary International de cette ville et le jeudi 16 mai à Casablanca, au Complexe Culturel Sidi Belyout. Il sera présent également à Fès le samedi 18 mai, dans le programme de la soirée de gala clôturant l'assemblée annuelle du District Maghrébin du Rotary International(1).

    - On lit dans le revues musicales des articles présentant différentes écoles nationales de piano. Selon vous, y a-t-il des distinctions notables entre l'enseignement dispensé dans ces différentes écoles?
    - Il y a encore une cinquantaine d'années les différences entre les écoles pianistiques étaient considérables. Mais les choses ont bien changé. A l'époque où toutes les grandes écoles de musique s'échangent entre elles leurs meilleurs professeurs, où les élèves se rencontrent et s'écoutent lors de nombreuses compétitions, on ne peut éviter le phénomène d'une certaine homogénéisation de l'approche de l'instrument au niveau mondial.

    - Ces dernières années se manifeste une volonté d'authenticité textuelle, en faisant jouer des pianos d'époque, en comparant les différentes éditions des oeuvres des grands compositeurs, Mozart, Beethoven, Chopin..., et les manuscrits originaux. Est-ce également important pour vous?
    - Bien que ne jouant pas d'instrument d'époque, j'ai toujours considéré comme une source stimulante d'inspiration le travail de ces musiciens et musicologues voulant recréer de manière authentique la musique des maîtres classiques et préclassiques. Mais il me paraît également nécessaire de ne pas oublier que Haydn par exemple s'est toujours plaint du manque de contraste dynamique et d'expression de ses pianos et qu'il serait sans doute émerveillé des possibilités de nos pianos modernes. En ce qui concerne le texte, il faut lui accorder une importance primordiale. Il est déjà assez difficile de respecter les indications d'un texte musical mais alors à quoi bon faire ce travail si vous n'êtes pas sûr que ce que vous jouez a été voulu par l'auteur! A cet égard, les manuscrits de Chopin sont passionnants à étudier. Dans le cas de la Polonaise Fantaisie que je joue en ce moment et dont j'ai la chance d'avoir un fac-similé du manuscrit, la comparaison avec différentes éditions est proprement stupéfiante. Les phrasés se contredisent et les nuances de Chopin sont même quelquefois inversées! Qui croire? Son coeur probablement..."

    - Vous êtes passionné non seulement par le répertoire des grands classiques, mais aussi par les oeuvres de musique contemporaine, celles de Béla Bartok, Karlheinz Stockhausen, Maurice Ohana, que vous avez bien connus et dont vous allez présenter deux études, et même le jazz. Que découvrez-vous dans l'univers de leurs audacieuses innovations?
    - Rien ne remplace le contact personnel avec le compositeur. Travailler avec les compositeurs m'a aidé non seulement pour leur musique mais aussi, par analogie stylistique, à comprendre mieux le grand répertoire et les courants d'où ils viennent, Beethoven, Schumann, Stockhausen, Chopin, Debussy, Ohana...
    Le jazz, c'est un autre monde: le monde de l'improvisation, de la spontanéité et du rythme.

    - Vous avez été formé au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris par le grand pianiste et pédagogue Pierre Sancan, né à Meknès, où il a commencé à apprendre le piano. Auriez-vous une anecdote ou un souvenir à évoquer à ce propos?
    - Il parlait toujours avec beaucoup d'affection de son enfance et de son pays d'origine. Il avait des anecdotes très amusantes dont une m'avait fait beaucoup rire: il jouait dans une petite ville d'Amérique "profonde". Bien qu'habitué aux triomphes des grandes capitales, il sentait que la salle était, ce soir-là, particulièrement chaude. Au bout du cinquième bis, le public trépignait, plus excité que jamais. Allant attaquer le sixième bis, le directeur de la salle vient le voir en lui disant: "Vous jouez drôlement bien, mon gars, mais on aimerait voir les filles maintenant!". Perplexe, il croit à une plaisanterie quand il s'aperçoit que son concert était annoncé non pas comme le French pianist Sancan mais comme le French Cancan!! Il y eut une émeute dans la ville... C'était un grand maître de son art, un grand pédagogue et un grand conteur également!

    Propos recueillis par Joseph Glaser


    (1): Au programme de jean-Efflam Bavouzet:
    Haydn, Beethoven, Chopin, Debussy, Ohana, Ravet.

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