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    Réforme financière : L'état des chantiers

    Par L'Economiste | Edition N°:237 Le 04/07/1996 | Partager

    La restructuration du marché financier a pris une cadence plus soutenue qu'au cours des dernières années. Plusieurs dossiers sont bouclés mais des chantiers restent encore ouverts. Le point sur la conduite de la réforme.


    Il y a une année, lors de la première édition du Forum Finance, les intervenants sur le marché financier, notamment les sociétés de bourse, se lamentaient sur la lenteur des réformes. "L'absence de calendrier et de recherche de consensus" constituait le principal grief porté à l'égard des autorités monétaires. Aujourd'hui, "les méthodes de travail ont bien évolué", constate avec satisfaction M. Amyn Alami, président de la Société de Bourse des Valeurs de Casablanca. La pusillanimité a donc fait place à un rythme plus soutenu, ce qui a permis de boucler plusieurs dossiers. La méthode adoptée est jugée satisfaisante. Reste que la cadence doit être plus soutenue, souhaite M. Alami qui craint que le retard accumulé sur le projet de loi portant sur le Dépositaire Centrale et les amendements relatifs à la loi de 1993 sur la bourse des valeurs ne perturbe la cohérence et le bon fonctionnement du système. C'est là une des pesanteurs administratives qui pèsent encore sur la gestion des affaires publiques. Pourtant M. Mohamed Kabbaj, ministre des Finances et des Investissements Extérieurs, a été catégorique, précisant que les pouvoirs publics ne pouvaient "pas aller plus vite que cela". Le ministre qui intervenait lors de la séance de clôture a, dans la foulée, déploré l'indiscrétion de certains partenaires associés à la préparation des textes. Attitude qui, de son avis, peut provoquer quelques blocages.

    Implication du privé


    La bourse n'est toutefois qu'un pan de la réforme entreprise depuis plusieurs années et qui constitue un des deux axes de la politique financière initiée par les pouvoirs publics. Un bilan assez exhaustif a été dressé par M. Abdellatif Loudyi, directeur du Trésor, au nom du ministre des Finances lors de la séance plénière. Loi bancaire, libéralisation des taux d'intérêt, privatisation de la BMCE, création des titres de créances négociables, instauration du marché des change, réorganisation de la Bourse, mise en place du CDVM, adoption du code du commerce, tels sont quelques-uns des multiples actions menées durant ces dernières années. Outre la modernisation de la Bourse dont les grandes lignes ont été tracées par M. Alami, d'autres chantiers restent encore ouverts. Il s'agit, entre autres, de la réorganisation de l'épargne institutionnelle, de la privatisation de la BNDE et de la BCP, du marché hypothécaire, de la réorganisation de la CNCA, de la CDG, de la CMR et du FEC.

    L'équilibre budgétaire constitue le second axe de la politique financière. En dépit, des efforts menées pour encourager certains secteurs, notamment la baisse de la TVA de 14 à 10% pour le tourisme, l'institution d'une taxe libératoire de 15% sur la plus-value, le déficit budgétaire est ramené à 2,5% dans la Loi de Finances en discussion, se félicite M. Kabbaj.
    Cette politique permet globalement de constituer une économie performante qui réalise un taux de croissance moyen de 6% par an. A ce titre, le privé est invité à s'impliquer davantage. Le ministre des Finances, se référant aux demandes de report successives précédant le démarrage du marché des changes, estime que le privé n'est pas toujours en phase avec le rythme des réformes. M. Kabbaj considère qu'il devrait mieux s'organiser pour profiter des effets positifs du nouvel environnement financier, d'autant que la conjoncture économique est actuellement positive.

    Décloisonnement du marché


    Dans l'immédiat, il reste cependant quelques points à fignoler pour donner plus d'efficience au marché. "Les intermédiaires doivent se professionnaliser et se spécialiser" , souligne le président de la SBVC. Et de poursuivre qu'il est essentiel de décloisonner le marché (les barrières entre le primaire et le secondaire doivent être rompues) pour que le prix de l'argent soit fixé de manière optimale. Il avance que la réforme sera incomplète s'il n'existe pas une hiérarchie des taux. L'industrie devrait aussi réagir pour soutenir le choc exogène provoqué par l'ouverture du Maroc sur l'étranger et l'accord d'association avec l'UE, en particulier. La Bourse qui "n'est pas une bourse de golden boys mais une institution au service du social" , selon M. Alami, peut leur permettre d'aborder ce nouveau virage dans de meilleures conditions. Encore faut-il transcender la contrainte de la transparence, une condition essentielle pour accéder aux moyens de financement privilégiés. M. Luc de Wulf, économiste principal à la Banque Mondiale, qui présente une vision très optimiste du marché financier marocain à l'an 2.000, a bien mis l'accent sur l'importance de l'information. Mais en plus de l'épargne domestique, il estime que les ressources extérieures constituent une opportunité pour le Maroc. Toutefois, prévient-il: "les conditions d'entrée sont draconiennes, parce que liées aux performances soutenues sur plusieurs années, alors que la décision de sortie des investisseurs est immédiate" .

    Alie Dior NDOUR

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