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    Economie

    Recherche maroco-canadienne sur le transport de tomates : Les producteurs canadiens montent au créneau

    Par L'Economiste | Edition N°:260 Le 26/12/1996 | Partager

    Un projet de recherche pour le transport des produits agricoles frais marocains dans les meilleures conditions soulève la protestation des producteurs canadiens. Au-delà de cette protestation apparaissent les difficultés pour les opérateurs marocains à trouver des marchés de substitution à l'UE.


    Décidément la tomate marocaine occupe encore les devants de la scène. Après les entraves et les mesures restrictives rencontrées sur les marchés de l'Union Européenne qui reste le principal débouché aux exportations marocaines, c'est au tour des producteurs canadiens de monter au créneau. Ainsi, le projet de recherche sur la tomate marocaine coordonné par le Centre de Recherche et de Développement sur les Aliments (CRDA), Département du Ministère de l'Agriculture canadien, a soulevé un tollé de protestations chez les producteurs outre-Atlantique. Il est à rappeler que la convention, signée le 28 août 1996, porte sur un projet intitulé «contrôle de l'atmosphère lors du transport transocéanique de la tomate et application du HACCP/analyses des risques pour en assurer la performance optimale».

    Y sont associés le CRDA, une compagnie d'ingénierie canadienne (ISTI) spécialisée entre autres dans le transfert de technologie et Atlas Fruit Board (AFB). Le budget total s'élève à 800.000 Dollars canadiens, dont 300.000 fournis par le gouvernement canadien. L'expérience a pour objectif de tester une technologie qui permette une meilleure et plus longue conservation de la tomate afin qu'elle soit transportée dans des conditions techniques optimales et moins onéreuses, l'objectif étant d'arriver sur les marchés lointains à un prix de revient compétitif. Mais aussi de trouver une alternative à la dépendance du Maroc vis-à-vis du marché européen, notamment en tomate. Ce projet sera mis en oeuvre au Maroc avec la collaboration des membres d'AFB, sur une période de deux ans, afin que son application soit étendue à toutes les régions de production, aussi bien pour les serres que pour le plein champ.

    Choc


    A l'annonce de cette nouvelle, «les producteurs de tomates de serre du Québec ont été choqués... Les producteurs déplorent le manque de cohérence du gouvernement fédéral qui, d'une part, affirme vouloir développer l'industrie canadienne et, d'autre part, investit dans une recherche qui risque de servir surtout à des intérêts étrangers», rapportait le journal canadien «La terre de chez nous», en date du 22 novembre 1996.
    Pour les professionnels marocains, la recherche pourra avoir des effets positifs, non seulement sur les exportations marocaines, mais aussi sur d'autres exportations. «C'est un point de recherche qui peut être bénéfique à toutes sortes de produits acheminés dans les mêmes conditions que les produits marocains». De plus, ajoutent-ils, «si le gouvernement canadien a accordé son aide c'est que la tomate marocaine et les produits marocains en général répondent à un besoin du marché au Canada et qu'ils ont pu y maintenir une place et leur notoriété. Ceci permet de mettre à la disposition du consommateur canadien des produits de qualité à des niveaux de prix raisonnables».

    La protestation des Canadiens est, pour les opérateurs marocains, légitime. Cependant, elle dénote des difficultés à pouvoir approcher de nouveaux débouchés et trouver des marchés de substitution à l'UE et ce, pour la tomate où la dépendance est de 90%, sinon de 95%, des exportations sur l'UE. Aujourd'hui, les exportations des produits horticoles frais et transformés représentent 80% des exportations agricoles totales du pays. L'UE absorbe près de 70% des exportations en agrumes et 90% en primeurs. Si elle demeure le principal débouché de l'origine Maroc, elle est devenue un marché de plus en plus difficile d'accès.

    Face à cela, la diversi-fication est un impératif pour les professionnels. Des efforts sont actuellement déployés avec pour objectif de placer un maximum de tonnages sur les marchés autres que ceux de l'Union. Ainsi donc, l'exportation agricole est confrontée à un certain nombre de défis et a plus que jamais besoin d'être soutenue, notamment dans son financement. «Il subsiste encore des travaux qui devraient être encouragés et financés par l'Etat», estiment les professionnels. Pour l'année 1995, et au titre de la subvention pour les actions de promotion économique à entreprendre par les associations professionnelles au niveau de tous les marchés sur lesquels le Maroc est présent, les opérateurs marocains indiquent avoir reçu 800.000 DH. Au total, la marge de manoeuvre des exportateurs reste étroite, et même la notion de diversification des marchés doit être nuancée. En effet, les exportateurs marocains se heurtent au protectionnisme de l'UE, notamment face aux primes de restitution accordées aux opérateurs européens qui exportent en dehors de l'Union.

    Meriem OUDGHIRI

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