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    "Carte bancaire banalisée d'ici 5 ans"

    Par L'Economiste | Edition N°:1 Le 31/10/1991 | Partager

    La Banque Populaire qui a lancé sa "carte privative"" l'année dernière, mène en ce moment une campagne publicitaire importante en faveur de ce nouveau service, campagne qu'elle cible à travers ses deux personnages-mascottes sur le monde de la petite entreprise.L'arrivée de la Banque Populaire sur le marché de la monétique est un événement en soi, eu égard d'abord à la taille et au réseau de cette banque et ensuite parce qu'elle tirera des professions et des couches sociales en général peu bancarisées vers l'usage de la banque électronique et des nouveaux moyens de paiement. Peut-être est-on sur le seuil d'une bancarisation rapide, qui avait sauté l'étape du chèque...Pour sa part, l'Interbank envisage d'élargir l'interbancarité en proposant à son réseau d'accepter la carte de la B.C.P. La décision devra être prise dans un prochain conseil d'administration.


    La Banque Populaire a un poids important dans le système bancaire. En 1990 elle a accordé 19 % des crédits, reçu 36 % des dépôts bancaires. Aussi, c'est tout naturellement qu'elle a pour stratégie d'instaurer un système national de paiement électronique.
    Après l'adhésion en 1989 au réseau Visa et Mastercard, notamment pour utiliser les assouplissements des changes, la B.C.P. a lancé la carte de paiement Banque Populaire en 1990, avec assez peu de publicité. A la différence des deux premières pour lesquelles est exigé un revenu minimum annuel de 100.000 DH, la carte de paiement Banque Populaire ne nécessite qu'un revenu annuel de 50.000 dh.
    Le porteur de ces cartes bénéficiera des avantages liés à la détention d'une carte de paiement: réduction de la détention et du transport des espèces, garantie de paiement,...
    La carte est assortie d'une garantie et le débit n'intervient qu'en fin de mois. Ceci en fait une sorte de mini-carte de crédit.

    Le commerçant affilié au réseau de la carte a une responsabilité forte.En plus de la commission à payer et qui est à taux variable de 0 à 4 %, il devra respecter un certain nombre de consignes de la B.C.P.
    En effet il aura à vérifier que la date de la validité de la carte n'est pas dépassée, que la signature à son verso est identique à celle qui se trouve sur la facture, qu'elle n'est pas perforée, et enfin qu'elle ne figure pas sur la liste d'opposition. Aussi pour être remboursé, le montant de la transaction ne peut dépasser son plafond de garantie que sur autorisation téléphonique de la B.C.P.
    Le plafond varie par exemple, entre 1.500 DH pour un restaurant et 15.000 H pour un hôtel.
    La carte présente cependant un avantage certain pour le commerçant , souligne-t-on à la Banque Populaire. Elle peut constituer un produit de concurrence. Le commerçant qui accepte la carte attirera une clientèle à fort potentiel d'achats et plus nombreuse. La carte privative pousse à la dépense, les porteurs sont poussés à consommer la totalité de leurs moyens.

    Pour la banque, le lancement de la carte de paiement populaire s'inscrit tout d'abord dans un soucis de mieux servir ses clients.
    La carte de paiement peut constituer aussi un "moyen marketing". En effet la B.C.P. rappelle dans sa publicité "Plus large réseau de commerçants, du plus grand nombre de guichets automatiques bancarisés", et enfin plus grand réseau d'agences". En attirant des porteurs elle augmente encore plus son nombre de clients. De plus, la carte est acceptée par les commerçants affiliés au réseau BMCE.
    La carte privative constitue aussi une source de profit puisque par rapport au chèque,elle intègre une commission.
    Il nous a été confié que, pour le moment, la carte n'est pas encore rentable en elle-même. Elle intègre un certain nombre de coûts dont le matériel informatique nécessaire, les machines pour les petits détaillants et des terminaux en liaison avec la B.C.P. via le téléphone, pour les commerçants les plus dynamiques. Mais elle devrait l'être dans un avenir proche.

    En effet, la B.C.P. prévoit toute une batterie de mesures pour parvenir à banaliser l'utilisation de cette carte dans un délai inférieur à cinq années. Elle envisage alors, de lui annexer différents services tels une assurance, des voyages organisés, un tirage au sort de cadeaux, et éventuellement des lettres d'anniversaire, ce qui permettrait de personnaliser la relation banque-client.
    De son côté, M. Radi Filali, directeur d'Interbank, prévoit une proposition à son conseil d'administration. Si sa proposition est retenue, les clients d'Interbank accepteraient la carte privative de la B.C.P, puisqu'il est dans l'intérêt de toutes les banques que la monétique progresse précise-t-il.

    Laïla TRIKI



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