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    Politique Internationale

    PSF Maroc grippée dans son action

    Par L'Economiste | Edition N°:297 Le 25/09/1997 | Partager

    C"est depuis plus de 6 ans que Pharmaciens Sans Frontières a une antenne au Maroc. L'association, qui est en proie à des difficultés matérielles, a pour mission de collecter des restes de médicaments et d'en faire don à des personnes nécessiteuses.

    «Une demi-tablette d'anti-biotique, deux bouteilles de sirop dont il ne reste que la moitié, 3 ou 4 ampoules buvables et voici la petite pharmacie-maison encombrée. Mais qu'est-ce que je vais faire de tout cela?». Je pose la question à mon pharmacien qui me dit: «Mais ramenez-les moi, il y a des gens qui en ont besoin». Il explique alors qu'il est affilié à Pharmaciens sans Frontières, une association à but non lucratif. Autorisée officiel-lement en février 1991, celle-ci regroupe les pharmaciens exerçant au Maroc. Sa mission consiste à récupérer les médicaments non utilisés, valables ou périmés, via les pharmaciens de quartiers. Ces médicaments sont ensuite ache-minés vers un centre de tri où ils sont classés par qualité et par date de péremption puis rassemblés par familles (antibiotiques, anti-inflammatoires, collyres...).
    Selon les besoins, les médicaments utilisables sont distribués gracieusement à des orphelinats, associations, centres de santé, hôpitaux...

    Les périmés sont destinés à la destruction sous le regard et la responsabilité du Service d'Hygiène et «selon la réglementation en vigueur». Respect de l'environ-nement oblige.
    «Lorsque le citoyen jette les restes de médicaments dans les égouts ou dans la poubelle, ils atterrissent dans une décharge publique et peuvent causer des intoxications médicamenteuses», explique le Dr Abdelaziz Tir, président de PSF Maroc.
    PSF Maroc bénéficiait jusqu'ici d'un local offert gracieusement, dans un cadre de coopération, par l'Heure Joyeuse. Il servait de lieu de stockage et de centre de tri des médicaments collectés. Les propriétaires viennent de le reprendre et l'Association est actuellement à la recherche d'autres locaux.
    Le Maroc a été le premier pays à adhérer à «Pharmaciens Sans Frontières». Dans sa lancée, PSF Maroc a réalisé des opérations de grande envergure: 12 tonnes de médicaments et matériel médical destinés à la Province d'Errachidia, dons journaliers à plusieurs centres de bienfaisance et hôpitaux.

    Opération Trachome

    Il y a près de 3 ans, PSF Maroc avait organisé sa plus grande opération humanitaire, «Tracho-me», au Sud du Maroc qui avait touché les provinces d'Errachidia et Ouarzazate, et plus spécialement les villages éloignés des grandes pistes et routes. Les stocks de médicaments destinés à cette région ont été estimés à 550.000 DH. 35% ont été donnés par les laboratoires nationaux, 50% par PSF France (association mère) et 15% par PSF Maroc.
    L'objectif de cette action fut de traiter une population sous-médicalisée de 8.000 personnes contre le trachome, maladie à fort taux endémique dans cette région, ainsi que d'autres pathologies. Des équipes de médecins (ophtalmos, pédiatres et généralistes) et des chercheurs de l'Institut Pasteur avaient été appelés en renfort.

    Par ailleurs, Pharmaciens Sans Frontières Maroc était présente sur place et a acheminé des médi-caments vers les sinistrés des inondations au Sud de Marrakech (été 1995), en collaboration avec le Ministère de la Santé et PSF France. Elle a également apporté une assistance en médicaments à la Préfecture Médicale de Derb Soltane/El Fida lors des inondation de février 1996.
    Soutenue par plusieurs phar-macies de quartiers l'association a pu être très active et a même démarré une campagne de sensibilisation. Mais ses efforts ont été entravés par l'impact de l'affaire Ben-abderrazik(1) suite à la campagne d'assainissement menée par les autorités. «Il y a eu une angoisse générale. Personne ne voulait plus entendre parler de médicaments périmés. Pourtant les statuts de PSF Maroc sont clairs», affirme le Dr Tir.
    Une fois le problème du local pour le centre de tri résolu, PSF Maroc se fixe comme priorités de revenir sur l'Opération Trachome pour constater le devenir du traitement prescrit. «Un suivi était envisagé un an après l'opération, il n'a pas été fait faute de moyens matériels», explique le Dr Tir.
    A plus long terme, Pharmaciens Sans Frontières Maroc voudrait réussir un essor régional en ayant des représentations dans plusieurs grandes villes du Royaume.

    Hanaâ FOULANI

    (1) Cf. L'Economiste n°217 du 15 février 1996.

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