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    Courrier des Lecteurs

    Prix de l'argent : Les banquiers baissent certains taux

    Par L'Economiste | Edition N°:227 Le 25/04/1996 | Partager

    Un demi-point de moins sur les taux CMT et moins 0,25 point sur les taux des crédits export. C'est du moins la recommandation du GPBM à ses membres, pour donner un coup de pouce à la relance.


    Depuis la libéralisation des taux, les banques sont critiquées par les milieux d'affaires, et même les autorités monétaires y étaient allées de coups de semonce. Les clients reprochent l'identité des taux de référence, qui ont remplacé le taux de base bancaire de Bank Al-Maghrib depuis la libéralisation. Les autorités monétaires, plus nuancées, admettent l'identité des taux mais voudraient voir se différencier les primes de risques. "Pas si simple", répondent les banques par les voix de leur président, M. Othmane Benjelloun (BMCE) et de leur vice-président, M. Abdelaziz Alami (BCM). Néanmoins, le Groupement Professionnel des Banques du Maroc fait un effort sur les taux. Le GPBM recommande aux banques de diminuer, à compter du premier mai, les taux de référence d'un quart de point pour l'export (soit 8,50%) et d'un demi-point pour les crédits à moyen terme (soit 10%). En revanche, les autres taux débiteurs ainsi que les taux créditeurs rémunérant les dépôts à terme, bons de caisse et comptes sur carnets, seront maintenus à leur niveau actuel. Selon M. Othman Benjelloun, cette concession sur les taux se traduira, si elle est appliquée par toutes les banques, par une baisse de 130 millions de DH des produits d'exploitation du secteur bancaire, soit environ 110 millions pour le crédit à moyen terme et 20 millions pour le crédit export. Ces montants devraient donc se retrouver sur les comptes d'exploitation des emprunteurs.

    Combattre la morosité


    La corrélation entre les taux débiteurs et les investissements n'est pas prouvée. D'ailleurs, M. Abdelaziz Alami, président de la BCM, cite pour exemple le niveau du taux de crédit d'investissement sur la période 1989/1991. Celui-ci s'était établi entre 12 et 14% alors que le crédit à moyen et long termes réalisait un bond de plus de 30%. En 1995, les données du GPBM fixent les crédits bancaires à 20,8 milliards de DH pour des taux débiteurs de 11 à 13,5%, soit une progression de 14%. Par la baisse provoquée, "les banquiers expriment leur volonté d'aller à contre-courant de la morosité ambiante des milieux d'affaires", soulignent les deux responsables du GPBM.
    En dépit de ses faibles montants, le financement des exportations est jugé globalement satisfaisant, même si les exportateurs eux-mêmes qualifiaient déjà avant la baisse les taux de ce produit de peu motivants pour les banques.
    Elle s'explique aussi et peut-être surtout par la limitation des plafonds de préfinancement à l'export et la suppression partielle du refinancement, d'une part, et d'autre part, par le développement des financements extérieurs en devises. "La part des concours en devises tend à s'accroître au détriment du compte d'exploitation des banques", soulignent MM. Benjelloun et Alami.

    En définitive, les banquiers eux-mêmes sont convaincus que cette baisse des taux ne suffirait pas à elle seule pour relancer l'investissement et les exportations: " On peut attirer le cheval jusqu'à l'abreuvoir, pas le forcer à boire", taquine M. Alami.
    Pare ailleurs, les banquiers réfutent l'existence de toute entente au niveau de la publication des taux de référence. "Le taux de référence publié intègre le coût d'intermédiation majoré d'une marge suffisamment attrayante pour la meilleure clientèle".
    Les banques se sont alignées sur les taux annoncés par la BCP "qui, grâce à sa taille, a l'avantage de bénéficier des coûts d'intermédiation des plus bas". En pratique, le taux annoncé par une grande banque de la place constitue le seuil en dessous duquel toute banque serait perdante. Sachant que le taux créditeur est en moyenne de 8,20% et le taux du crédit à court terme de 9,75% au moins, la marge d'intermédiation tourne autour de 1,50%.
    "Toute réduction de taux débiteur implique une baisse du taux de rémunération de l'épargne avec le risque de la voir dévier vers d'autres placements". Pour les banques, il s'agit d'observer constamment un équilibre entre facturation du crédit, coût d'acquisition des capitaux et coût de gestion.

    Baisse de la rentabilité


    Le GPBM tire la sonnette d'alarme en insistant sur la tendance à la baisse de la rentabilité du secteur (11,6% en moyenne en 1994) susceptible de s'aggraver en cas de réduction supplémentaire des taux débiteurs.
    Par ailleurs, la profession rappelle que le compte d'exploitation des banques est grevé par une série de prélèvements obligatoires sur les ressources "et par un taux d'IS de 39,6% contre seulement 35% pour les autres entreprises". A cela s'ajoute l'obligation pour les banques dès 1997 de provisionner à 100% tout crédit douteux et contentieux, provisions qui restent encore contestées par le fisc.
    Sur les identités des primes de risques, les banquiers récusent aussi les reproches:"Nous sommes tous présents dans les mêmes régions et gérons des portefeuilles presque identiques, donc les ratings ne peuvent être que similaires", souligne M. Alami. De plus, la plupart des gros clients sont financés par des consortiums bancaires sur la base d'un taux unique. La similitude de la prime de risque serait donc imputable au manque de profondeur de l'économie. "Le total des entreprises débitrices auprès du système bancaire ne dépasse pas 30.000 entités". Or, l'élaboration d'un scoring suppose une masse de clientèle beaucoup plus étoffée.
    La marge d'intermédiation ne constitue pas la seule ressource de la banque puisque les commissions sont une composante de la facturation. "Si la structure des commissions est réétudiée, les banques pourront revoir leurs taux débiteurs sans compromettre leur équilibre". Mais la profession reste sceptique quant à la réaction du client peu enclin à payer la prestation de service.

    Mouna KABLY

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