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    Economie

    Privatisations : Un débat de fond remplace la polémique

    Par L'Economiste | Edition N°:260 Le 26/12/1996 | Partager

    La séance parlementaire du 24 décembre consacrée à la privatisation élude la polémique passionnelle. La loi et la liste des privatisables peuvent être amendées.


    Pas de bagarre autour de la privatisation. La séance parlementaire demandée par M. Abdellatif Filali n'a pas alimenté la polémique née ces dernières semaines entre M. Saaïdi, ministre de la Privatisation, et M. Miloud Chaabi. Bien au contraire. Le débat ne s'est pas personnalisé, il s'est élevé au niveau des idées.
    C'est l'évaluation du processus de privatisa-tion qui a servi d'argument tant à M. Abdellatif Filali qu'aux présidents des groupes parlementaires.
    Cependant, le Premier ministre a néanmoins exprimé un message politique: la transparence est totale, la loi a été respectée, dans l'esprit et dans la lettre, et les procédures et les commissions fonctionnent pour sécuriser le processus. En cela, il reprend les arguments de M. Saaïdi et affirme donc la solidarité de son gouvernement sur la question.
    Il s'exprime d'ailleurs sur certains prix de transfert, sujet favori de M. Miloud Chaabi: parfois les conditions ne permettaient pas de cession au prix fixé par la commission.

    Par ailleurs, il ramène les privatisations à leur juste proportion: elles ne représentent que 2 à 3% des recettes ordinaires de l'Etat. En valeur absolue, ce ne sont "que" 9,8 milliards de Dirhams dont 8 pour le Trésor et le reste pour la CDG, la BNDE... Il n'y a donc pas de quoi bouleverser le Budget de l'Etat puisque le cumul des recettes sur 3 ans est en dessous du volume d'un an d'investissement étatique, qui avoisine aujourd'hui les 15 milliards. Voilà le décor planté, en chiffres, pour cadrer le débat, montrer sa portée nationale.
    Flash-back. Le Premier ministre rappelle non sans fierté que la privatisation n'a pas été imposée par le PAS ou la Banque Mondiale, c'est un choix interne de politique économique. L'Etat avait investi dans la banque, l'industrie et les hôtels après l'Indépendance, car il jugeait utile de le faire. Aujourd'hui, les privés sont à même de reprendre les entreprises et d'affronter les batailles internationales. L'Etat cède mais n'oublie pas que son rôle est aussi de «construire le secteur privé», de mobiliser l'épargne nationale et internationale bref de conduire vers la libéralisation, conclut M. Filali.
    «Mais privatisation ne signifie pas libéralisation», relève M. Kemou pour l'UC. Des entreprises ont été privatisées, mais les prix de leurs produits ont augmenté.

    M. Khalifa, du Parti de l'Istiqlal, revient pour sa part sur la cession du Hyatt de Casablanca et sur les cessions directes.
    Au passage, il se pose en défenseur des petits porteurs et s'interroge sur le noyau dur de la Samir, de Fertima et de la Sonasid.
    Le plus incisif sera M. Fathallah Oualalou, président du groupe USFP, mais surtout économiste de la première heure. Le socialiste ne remet pas en cause le principe de privatisation.
    Les privatisables convoitées avaient été créées par ses prédécesseurs au parti, et notamment feu Abderrahim Bouabid. Celui-ci avait mixé le capital public, privé, marocain et étranger dans la Samir, la Somaca, la BMCE
    Au passage, il donne quelques coups de griffes: la Cior ou la CTM ont-elles de meilleurs résultats qu'avant? Les cimentiers et les pétroliers sont-ils tentés par des cartels? Les investisseurs étrangers comme ABB, Lyonnaise des Eaux, ignorent la production et s'orientent vers les services publics. Un comble pour la privatisation. C'est à se demander, conclut le député, s'il ne faut pas privatiser le privé.

    A quand le tour des télécoms?


    Baisser les tarifs, s'intégrer à l'économie mondiale, améliorer les services tout cela est possible dans les télécoms grâce à la libéralisation. C'est M. Filali qui l'affirme.
    Tout le monde l'approuve: le patronat, les syndicats, les associations d'ingénieurs.
    Mais le projet présenté au Parlement en est ressorti pour se retrouver dans un colloque. Certes, il y a quelques réserves: celle de la base de la CDT qui craint pour les effectifs des postiers. Celle de l'ONPT qui voudrait encore cinq petites années avant de perdre son monopole. Or, les techniques et les données commercialisées changent tous les six mois. Les grands opérateurs qui pourraient aujourd'hui être intéressés par l'ONPT, ou une activité au Maroc, peuvent ne plus l'être dans un an. L'ONPT continue de moderniser l'équipement et libéralise quelques activités comme la distribution d'Internet ou les téléboutiques. Mais les professionnels estiment que cela n'est pas suffisant pour créer l'explosion des équipements et des services liés.
    Rappelons que la réforme prévoit de séparer la poste des télécommunications, la réglementation (dévolue à l'Etat) de l'exploitation, où règnera la concurrence privé-public.

    Khalid BELYAZID

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