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    Economie

    Primeurs : La pomme de terre tire les exportations vers le bas

    Par L'Economiste | Edition N°:237 Le 04/07/1996 | Partager


    C'est la fin de la campagne traditionnelle d'exportation des primeurs. En dépit de restrictions tarifaires, les opérateurs ont maintenu leurs exportations sur l'UE d'une manière générale.


    Le Maroc est en train de terminer ses ventes de primeurs sur les marchés étrangers. Au 20 juin 1996, les exportations de primeurs pour cette campagne ont atteint 246.290 tonnes contre 288.406,6 en 1994/95, soit une baisse de l'ordre de 14,5%. Cependant, cette baisse est essentiellement le fait de la pomme de terre qui a accusé une chute de l'ordre de 43,4% par rapport à 1994/95. En effet, la pomme de terre a été cette année confrontée aux pluies intenses enregistrées au mois de janvier qui ont particulièrement affecté les zones traditionnelles de production, limitant considérablement les exportations du Maroc. Les prix de leur côté sont demeurés bas malgré une offre réduite.

    En revanche, la tomate a maintenu ses tonnages (159.483 tonnes) et les autres légumes et fruits marquent une très légère augmentation. Par destination, la France a été cette année le principal canal de distribution pour l'origine Maroc. Le cas de la tomate reste significatif avec près de 80% des tonnages orientés vers ce marché. Au niveau des légumes et fruits divers, la France, en première position, a accueilli 25.676,3 tonnes contre 23.596,7 en 1994/95 (+9%).

    Campagne tumultueuse


    Pour les professionnels marocains, la campagne d'exportation 1995/96 a été "une campagne tumultueuse". En effet, les prix sur les marchés étrangers ont connu de grandes fluctuations, ainsi que des conditions climatiques exceptionnelles à partir de la fin janvier, qui se sont concrètement traduites par une baisse de rendement (entre 20 et 25% par rapport à l'année passée) dans l'ensemble des bassins de production maraîchère de la Méditerranée. Conséquence, notamment pour la tomate: baisse des tonnages et amélioration des cours.

    Pour l'APEFEL, les restrictions tarifaires et non tarifaires imposées par les instances communautaires au Maroc ont stoppé l'évolution des exportations marocaines en tomates qui se stabilisent autour de 160.000 tonnes. Les exportations marocaines de tomates auront même enregistré un recul remarquable sur les marchés de l'UE au cours de la période traditionnelle d'exportation. Ainsi, pour la campagne 1995/96 (de novembre 1995 à mars 1996), les réalisations du contingent tomates à prix d'entrée conventionnel ont atteint un total de 130.720 tonnes sur un contingent UE total de 145.676 tonnes. Durant cette même période, les exportations ont atteint 155.508 tonnes en 1993/94.

    Par ailleurs, la surabondance de l'offre de l'origine Espagne et Canaries, en début de campagne, a pesé lourdement sur le marché communautaire. De septembre à novembre, l'Espagne a pu placer un peu plus de 140.000 tonnes de tomates (contre 115.241 tonnes en 1994/95). Cette situation a entraîné "la fixation du prix de la tomate à des niveaux relativement bas et concourant par là-même à la cotation des tomates marocaines au-dessous du plancher qui est imposé par le système des prix d'entrée", précise l'APEFEL. Ainsi, la tomate marocaine a été assujettie tout au long du mois d'octobre au paiement de l'équivalent tarifaire maximum, soit 360 Ecus par tonne dédouanée. Elle a été assujettie 19 fois au paiement de droits additionnels au cours du mois de novembre et 18 fois au cours du mois de janvier.

    Alléger les marchés


    Afin d'alléger les marchés de destination et de réaliser des cotations en accord avec les exigences du prix d'entrée, les producteurs-exportateurs marocains de fruits et légumes ont constamment autolimité leurs expéditions qui restent en deçà des contingents fixés par l'UE. Ainsi par exemple, souligne l'APEFEL, le comité de coordination primeurs a décidé pour des périodes déterminées soit l'arrêt de l'exportation des petits calibres, soit la limitation de la cargaison des navires à 800 palettes, soit le contingentement hebdomadaire des exportations ou même, parfois, l'arrêt des exportations sur l'UE.

    Cependant, les opérateurs ne manquent pas de souligner les aspects positifs de cette campagne, notamment les efforts de diversification dans la tomate cerise et la tomate en grappe, produits à forte valeur. Ainsi, les exportations de la tomate cerise sont passées de 503,3 tonnes en 1994/95 à 1.000 tonnes cette campagne (+98,6%) et celles de la tomate grappe de 469,6 tonnes à 1.168,4 tonnes(+149%).

    La diversification des débouchés, notamment vers les pays de l'Est, s'inscrit également au programme des exportateurs. Cependant, souligne l'APEFEL, "ces marchés, très incertains, ne permettent pas encore l'établissement de stratégie à l'exportation d'envergure sauf quelques rares exceptions". En outre, le Maroc rencontre sur ces marchés une concurrence bénéficiant le plus souvent d'un soutien à l'exportation qualifié de conséquent. Reste en revanche l'opération d'exportation de tomates sur le Canada, initiée du 15 novembre 1995 au 15 février 1996, qui a concerné près de 3.000 tonnes et qui "s'est déroulée dans de bonnes conditions".

    Meriem OUDGHIRI.

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