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    Entreprise Internationale

    Price Waterhouse-Coopers&Lybrand: Surprismais contents

    Par L'Economiste | Edition N°:297 Le 25/09/1997 | Partager

    «Pour une surprise, c'est une surprise» disent MM. Aziz Bidah et Gérard Morin en commentant le mariage de leurs maisons mères respectives, Price Waterhouse et Coopers&Lybrand. L'un et l'autre ont l'air content de l'idée, annoncée au niveau mondial de marier les deux géants de l'audit et du conseil.


    Les associés-gérants de Coopers et de Price ont matière à être contents de la surprise: la fusion de Price Waterhouse et Coopers&Lybrand donnera au Maroc un cabinet plus que géant qui plus est sera branché sur le premier réseau mondial.
    Internationalement, le mariage de Coopers et Price aboutira à fusionner le numéro un, Coopers (6,8 milliards de Dollars de CA), avec le numéro quatre, Price (5 milliards de Dollars). Le nouveau groupe dépassera les 13 milliards de Dollars de chiffre d'affaires (chiffres d'affaires estimés de 1997).
    Au Maroc les positions respectives ne sont pas les mêmes: C'est Price qui vient devant Coopers. Price Waterhouse, la plus ancienne des implantations de cabinets internationaux dans le Royaume est le numéro un incontesté du secteur avec 37 millions de DH de CA en 1996. Price Waterhouse emploie une soixantaine de personnes, dont six ont le statut «d'associés». Avec ses 15 millions de DH de CA, le rang de Coopers&Lybrand est inconnu: les métiers des cabinets sont certes les métiers de la transparence, mais il est encore rare qu'ils appliquent cette transparence à eux-mêmes. Coopers&Lybrand-Maroc emploie 35 personnes, dont deux sont des associés.
    Après le rapprochement Price-Coopers, le nouveau groupement marocain sera de loin le premier de l'audit et du conseil, puisque l'addition des chiffres d'affaires de 1996 donne déjà un montant de 55 millions de DH et que l'audit comptable et financier est actuellement un domaine en forte expansion.
    Les modalités de la fusion ne sont pas encore connues. Le rapprochement commencera le 1er janvier 1998 et pourrait durer trois ans. Il est évident que, d'un pays à l'autre, ces modalités devront varier, notamment dans le cas où la concentration atteindrait un niveau supérieur aux normes prévues par les lois sur la concurrence. Ce cas ne concernera pas le Maroc, lequel n'a toujours pas de textes sur la concurrence. «Une chose peut être tenue pour acquise, note M. Gérard Morin, associé et directeur général de Coopers&Lybrand au Maroc, si pour une raison ou une autre le rapprochement ne peut se faire dans un pays donné, il y a un risque que l'associé local perde la signature du groupe». Son réseau tient une réunion à Paris cette semaine «où nous aurons des détails supplémentaires», indique-t-il.
    Le nom du futur groupe n'est pas connu, non plus. Par le passé les grandes fusions des années 80 avaient entraîné des rapprochements conservant en partie les noms des cabinets d'origine. Ainsi, lorsque Ernst&Whiney a épousé Arthur Young, en 1989, le groupement est devenu Ernst&Young. Le même principe a été observé pour Deloite&Touche-Tohmastu ou pour KPMG.

    La fin des années 80 avait vu plusieurs grandes fusions de cabinets d'audit mondiaux. Les «big 9» étaient devenus les «big 6», lesquels ne seront plus que cinq si la fusion Price-Coopers aboutit. Les rapprochements, y compris trans-frontières, avaient aussi concerné les cabinets les plus petits. Les cabinets ont suivi l'interna-tionalisation de leur clientèle autant qu'ils ont cherché à réduire les frais de gestion. Dans le même temps, les règles professionnelles ont eu tendance à s'uniformiser dans le monde. La standardisation des diligences (obligations profes-sionnelles des métiers de la comptabilité et de l'audit) n'est pas une vue de l'esprit, puisque, via les Directives de l'Union européenne, les règles propres à l'Europe continentale s'estompent au profit du système anglo-saxon.
    Hormis Price présent depuis l'Indépendance, ce n'est que lorsque le Maroc a commencé à se mettre à niveau et à programmer des privatisations que les grands internationaux de l'audit se sont intéressés à lui.
    Leur arrivée ne fait pas toujours plaisir aux cabinets locaux qui trouvent souvent que les internationaux (qui emploient autant de Marocains que les autres) ont la partie facile sur le marché local (Cf infra).


    Les «big-six» au Maroc


    Lorsqu'Arthur Andersen fait l'audit de L'Economiste, il envoie chaque année deux experts pendant 3 ou 4 jours. L'un d'entre eux vient directement de Paris. C'est ce à quoi sert le réseau: L'Economiste est la seule entreprise de presse marocaine à être auditée et, même si c'est un travail qui se fait chaque année, ce client ne justifie pas qu'Arthur Andersen Maroc développe des compétences spécifiques à ce secteur. Il est plus économique qu'un spécialiste vienne de l'extérieur et qu'il soit accompagné d'un deuxième expert, local celui-là, qui apporte la connaissance du terrain.
    Mais les réseaux internationaux n'ont pas que des avantages. Dans le monde anglo-saxon, qui pourtant n'a pas d'états d'âme face à la globalisation, il leur est parfois reproché de «servir la même soupe» au mépris des distinctions locales.
    Au Maroc, le reproche est plus brutal: forts de leur réputation internationale les «big-six», sont accusés de faire de la concurrence effrénée, voire déloyale aux cabinets locaux.

    En réalité, le phénomène est plus complexe: le Maroc commence son ouverture alors qu'il s'était mis en retard tant pour la comptabilité que pour la certification des comptes, le droit des affaires... Ces retards sont évidemment connus et alimentent la réputation de «destination exotique» où il peut «arriver n'importe quoi». Aussi, lorsque les entreprises privées ou l'Etat lui-même veulent une ouverture internationale, ils sont quasi obligés de chercher une signature internationale. Le but est que la bonne réputation de l'auditeur puisse pallier la méconnaissance de l'audité.
    Price Waterhouse est installé depuis toujours au Maroc et a formé des générations d'experts qui ont depuis créé soit leur propre cabinet, soit des associations. Mais il est resté unique jusqu'au début des années 90. Arthur Andersen a été le premier des grands à lancer le mouvement, avec le cabinet à son enseigne piloté par M. Bachir Tazi. Coopers&Lybrand, représenté au départ par Dar Al-Khribra, s'en est séparé en 1994 pour ouvrir un cabinet à sa propre enseigne tout en gardant son association avec M. Abdelaziz Elmechatt, parallèlement à son association avec M. Gérard Morin. Depuis, tous les autres «big» ont trouvé des associés ou ouvert leur propre enseigne.


    Nadia SALAH

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