Economie

Presse écrite
Ce que contient la convention collective

Par L'Economiste | Edition N°:2172 Le 15/12/2005 | Partager

. Les droits des journalistes renforcés. Les entreprises de presse contraintes de se mettre à niveauLa presse écrite a désormais sa convention collective. Très attendue, sa signature a eu lieu mercredi 14 décembre à Rabat entre le ministère de la Communication, la Fédération marocaine des éditeurs de journaux (FMEJ), présidée par Abdelmounaïm Dilami, et le Syndicat national de la presse marocaine, représenté par son secrétaire général, Younès Moujahid. Pour Nabil Benabdellah, cheville ouvrière de ce projet, «il s’agit de définir un cadre global de dialogue et de concertation pour régir les relations entre entreprises de presse et journalistes professionnels». Conclue pour une durée de deux ans, la convention fixe des normes auxquelles entreprises et professionnels de la presse doivent se conformer. A Commencer par les salaires des journalistes. Ceux-ci obéiront à un classement à créer par une commission mixte (SNPM et FMEJ). Objectif: élaborer une grille de référence établissant les différents statuts des journalistes professionnels, les salaires y afférant et l’échelle de promotion. Cette commission devra achever ses travaux avant décembre 2006. En attendant, le salaire brut d’un journaliste ne peut être inférieur à 5.800 DH. Le 13e mois est considéré comme un droit acquis. A partir de janvier 2007, cette prime sera généralisée, sauf pour les entreprises connaissant des difficultés économiques, résultat financier négatif à l’appui. La prime d’ancienneté est de mise. Elle est de 7% du salaire versé après 2 ans de service, 12% après 5ans et 17% après 12 ans. Elle passera à 22% au-delà de 20 ans et 27% après 25 ans. Les journalistes seront obligatoirement immatriculés à la CNSS. L’entreprise assure également la couverture du risque maladie. S’agissant du congé, les journalistes sont soumis au régime général du code du travail et au statut particulier des journalistes professionnels. Il est ainsi de 26 jours ouvrables pour les journalistes ayant moins de 5 ans d’expérience et 45 jours pour les autres. Le recrutement s’effectue pour une durée indéterminée, sauf exception (remplacement d’un confrère, surcroît exceptionnel de travail, publications saisonnières). Au-delà d’une période de douze mois, et sous réserve d’un contrat écrit stipulant le contraire, tout journaliste est présumé être engagé pour une durée indéterminée.Pour défendre leurs intérêts, les journalistes seront représentés par des délégués élus du personnel et des délégués syndicaux.Revenant sur les acquis que garantit cette convention, Abdelmounaïm Dilami a précisé que la signature «n’est pas une fin en soi. Elle constitue un cadre dans lequel d’autres étapes restent à franchir». A la fin de son intervention, le président de la FMEJ a demandé à la salle d’observer une minute de silence à la mémoire du défunt journaliste libanais Gebrane Tuéni, tué par les ennemis de la liberté et du Liban.Pour sa part, Moujahid a souligné les limites de la convention. Au retard enregistré dans son adoption, s’ajoute pour lui le nécessaire renforcement des dispositions en faveur des ressources humaines travaillant dans le secteur. A commencer par la grille des salaires qui reste à harmoniser et à revoir à la hausse. Les retards pris par certaines entreprises en matière de sécurité sociale doivent être rattrapés d’urgence. La révision de la convention demeure nécessaire. En attendant, et ouverte à toutes nouvelles adhésions, celle-ci prend effet à partir du 1er janvier 2006. Toutes les entreprises de presse devront s’y conformer, au plus tard, avant janvier 2007.


Vers un nouveau code de la presse

En attendant, deux principaux chantiers attendent la presse en 2006. Il s’agit de la mise en place d’un fonds collectif en faveur des professionnels de la presse et d’un nouveau code de la presse et de l’édition. Tels sont les grands chantiers 2006 de la presse. Le fonds se veut un moyen de traiter les questions sociales et matérielles des journalistes. Les textes réglementaires et les montages financiers liés à sa mise en œuvre sont en préparation. A cela s’ajoute la création d’un autre fonds de soutien à l’accession à la propriété. Il sera financé par une quote-part des entreprises de presse prélevée sous forme de pourcentage sur la masse salariale, des subventions publiques ou privées, nationales ou internationales et par des donations. Le nouveau code de la presse, comme l’a souligné le ministre de la Communication, «sera un cadre où pourra agir une presse influente, libre et responsable».Tarik QATTAB

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