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    Economie

    Premiers pas vers la modernisation

    Par L'Economiste | Edition N°:289 Le 17/07/1997 | Partager

    Trois villages d'artisan, une formation adéquate et reconversion de nombre de fours. Ce sont les premières concrétisations des études sectorielles réalisées par le Département de l'Artisanat il y a deux ans.


    Les recommandations des études sectorielles effectuées il y a deux ans par le Département de l'Artisanat commencent à trouver concrétisation.
    Ces études portaient sur la création de villages-pilotes d'artisans, les ensembles artisanaux, la modernisation du secteur de la poterie par l'utilisation de nouvelles techniques d'émaillage et sur la reconversion des fours traditionnels en fours à gaz.
    Ces propositions s'inscrivent dans la nouvelle vision du Ministère du Commerce, de l'Industrie et de l'Artisanat. «Le secteur doit être perçu comme un secteur productif à caractère commercial et non comme un secteur qui a besoin de l'assistance de l'Etat», déclarait M. Driss Jettou lors de la journée d'information sur ces études, en décembre 1995.
    Depuis cette date, trois villages-pilote d'artisans ont été créés: un village polyvalent à Ighram, un village de tissage à Ouled Azzem (Taounate) et un village de tannerie à Taroudant. Ce sont de sortes de groupements d'ateliers préfinancés par les chambres d'artisanat. En contrepartie d'une participation financière, les artisans peuvent devenir acquéreurs de leurs ateliers. Un village coûte en moyenne 2 à 3 millions de DH. Le prix d'un atelier est, lui, compris entre 40 et 50.000 DH. Un village peut compter jusqu'à 100 ateliers.

    En plus du volet productif, ces villages doivent avoir un volet touristique et d'animation.
    Les ensembles artisanaux, dont les ateliers sont mis à la disposition des artisans gratuitement, vont faire l'objet d'une nouvelle formule qui consiste à louer ces ateliers aux artisans. Le contrat de location est de longue durée. Le but, selon un responsable de l'artisanat, est de responsabiliser l'artisan. «Se sentant concerné par les charges de son entreprise, il sera plus compétitif et travaillera mieux son produit».
    Sur les 91 ensembles artisanaux que compte le Ministère, quatre sont fin prêts pour cette formule.
    Côté normalisation des fours à gaz, deux opérations ont été lancées jusqu'à présent. La première concerne le financement à fonds perdus des reconversions de fours traditionnels. Cette opération a bénéficié aux petits producteurs. 90 fours, financés grâce à un don japonais, ont été donnés aux artisans du village de Oued Laou.

    Le financement concerne, en plus de l'acquisition des fours, des hangars de stockage et des aires d'exposition de produits finis.
    La deuxième opération porte sur un financement auquel participe l'acquéreur. Elle a concerné les villes de Salé, Safi, Fès et Meknès. Outre ces deux opérations, les chambres ont financé des laboratoires, des fours communautaires ainsi que des équipements tels des nettoyeurs d'argile. Il est à signaler que 96% des ateliers de poterie utilisent des fours traditionnels.
    Quant à l'utilisation de produits de substitution à l'émaillage des produits de poterie, les recherches sont toujours en cours. Elles sont sur le point d'aboutir à un tagine sans plomb.

    Apprentissage


    LE maître-artisan ne disparaîtra pas. Le Département de l'Artisanat veut perpétuer cette technique traditionnelle d'apprentissage.
    Une opération a été lancée depuis février dernier avec 500 apprentis. Au premier juillet, le nombre des bénéficiaires a augmenté pour atteindre 2.000. Ils sont encadrés par 1.500 maîtres-artisans.
    Cette formation concerne essentiellement les métiers menacés de disparition dont la babouche traditionnelle, le cuir ciselé et les sculptures sur bois. Le principe est simple. Les apprentis sont recrutés parmi les enfants ayant le niveau du cycle fondamental (9 ans de scolarité). Ils sont pris en charge par un maître-artisan à hauteur de 4 jours par semaine et ce, durant deux années. Ces élèves reçoivent également une formation théorique en centre d'attache, un jour par semaine. Cette formation théorique doit être liée au métier concerné et donner des éléments de base de gestion des entreprises artisanales.

    Malika EL JOUHARI

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