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    Courrier des Lecteurs

    Première sortie publique de la Samir : La raffinerie rassure ses nouveaux actionnaires

    Par L'Economiste | Edition N°:237 Le 04/07/1996 | Partager


    La première assemblée générale grand public de la Samir s'est déroulée dans une atmosphère conviviale. Le noyau dur n'est pas prêt d'être constitué. La situation financière de la raffinerie ne justifie aucun empressement. Le dividende distribué est de 12 DH par action.


    Sur les 50.000 actionnaires(1) de la Samir, seuls 70 ont estimé nécessaire d'assister à leur première assemblée générale le 28 juin. Parmi eux des institutionnels comme la SNI, la CIMR et des banques, mais également de nombreux petits porteurs (pharmaciens, commerçants, enseignants) qui rencontraient pour la première fois le Staff de l'entreprise. Face à un comportement atypique du titre Samir, il fallait rassurer les actionnaires en attente de la constitution du noyau dur. "La recherche du noyau dur doit s'effectuer dans la sérénité. Ce n'est que d'ici la fin août qu'il sera connu", affirme M. Abderrahmane Saaïdi, ministre de la Privatisation et des Entreprises Publiques. "La situation financière de l'entreprise est bonne et ne justifie aucun empressement à ce sujet. Le plus beau noyau dur est celui qui existe déjà", poursuit-il.

    Salomon Brothers ont préparé à ce sujet un rapport sur la perception du noyau dur par le marché.
    M. Abderrafie Manjour, Directeur Général de la Samir, ajoute de son côté: "les résultats de l'année 1995 permettent l'une des plus fortes rémunérations de l'action à la Bourse de Casablanca, tout en dégageant des réserves suffisantes pour la croissance de l'entreprise". Le cash-flow s'est élevé à 552 millions de DH en 1995. Un dividende fixé à 12DH l'action sera distribué. Applaudissements et brouhaha dans la salle.

    "Les prévisions pour 1996 sont des résultats égaux sinon meilleurs que ceux de 1995 et ceci malgré une conjoncture assez difficile", indique M. Manjour.

    Action de fonds de portefeuille


    Les actionnaires peuvent être rassurés. Pour M. Saaïdi, le titre Samir devrait être conservé, c'est une valeur d'avenir. "C'est une action de fonds de portefeuille".

    Quant à la prochaine tranche, M. Saaïdi a affirmé qu'il n'y aura pas une seconde tranche, mais 3 tranches. "Nous ne reviendrons pas à la Bourse avant que le noyau dur ne soit constitué".

    Concernant le bilan de son activité, la Samir a su maintenir en terme de volume la même part de marché qu'en 1994, dont elle détient 75%. Le reste représente la part de la SCP (18%) et celle de l'importation (7%). Le seul recul relatif des ventes par rapport au marché a été enregistré au niveau des GPL. Celui-ci a été d'ailleurs largement compensé par la progression des exportations des huiles lubrifiantes. Pour répondre à la demande de son marché, la Samir a importé 5.120.000 tonnes de pétrole brut au prix moyen CIF Mohammedia de 16,94 Dollars/baril en 1995.

    Quant aux filiales(2), leur contribution au résultat global est relativement limitée à 1%. En fait, la valeur de ces participations ne correspond qu'à 3,7% de l'actif immobilisé de la Samir.

    Chiffre d'affaires: Plus 6 milliards


    La mauvaise conjoncture économique de 1995 conjuguée à l'incidence négative de la discrimination fiscale entre le fuel-oil et le charbon ont entraîné une diminution de 6% des ventes de la Samir. Sur le plan des résultats, le bénéfice net de l'exercice s'est élevé à plus de 423 millions de DH représentant 67,7% du capital social et 41% du capital social actualisé par l'intégration des réserves en 1996. Le résultat 1995 correspond également à plus du tiers des fonds propres.

    Le ratio de financement des immobilisations se situe à près de 1,5 traduisant l'effort entrepris pour renforcer le fonds de roulement de la société. Le ratio de 1,25 rapportant l'actif circulant hors stocks au passif circulant exprime un bon degré de solvabilité de la raffinerie.

    En matière de gestion, le compte des produits et charges fait apparaître un chiffre d'affaires de 6,67 milliards de DH correspondant à la contre-valeur de la vente de 4.597.998 tonnes de produits pétroliers. Il a permis de couvrir les charges d'exploitation de 6 milliards environ et de dégager un bénéfice de 705,76 millions de DH représentant 10,6% de la valeur de ces ventes.

    Le bénéfice net de l'exercice s'établit à près de 423,3 millions de DH. Il est affecté à raison de:
    - 21,16 millions pour la réserve légale de 5%,
    - 82,56 millions pour le dividende statutaire, 8% du capital social,
    - 154,42 millions pour la réserve extraordinaire,
    - 165,13 millions pour le superdividende (somme nécessaire pour porter les dividendes par action à 12 DH).


    1) La participation des salariés de la Samir atteint 2% du capital.
    (2) Filiales et participations: La compagnie d'assurances "Sanad", la société de Conseil et Placement d'Assurances "C.P.A.", la Société de vente de lubrifiants "Lubna", et récemment: BMCE International, la société hôtelière Samir "S.H.S.", la société Nationale des Autoroutes du Maroc "A.D.M.".


    Plan décennal de développement de la Samir


    La Samir a établi un plan décennal d'investissement glissant, dont la stratégie vise quatre objectifs. Le premier est de maintenir la compétitivité de la société dans un environnement en pleine mutation. Le second est d'anticiper l'évolution du marché marocain et l'impact de la libéralisation du secteur de l'énergie. Le troisième objectif vise à faire passer à terme le cash-flow de la raffinerie de 60 millions à plus de 90 millions de Dollars. Le quatrième et dernier consiste à développer les joint-ventures.
    A court terme, ce plan d'investissement comprend un programme d'un montant global de 500 millions de DH. L'essentiel est déjà réalisé et porte sur l'optimisation des performances techniques et économiques des installations existantes. Actuellement, le coût opératoire de 8 Dollars par tonne de pétrole brut est l'un des plus performants en Europe de l'Ouest et Afrique du Nord.
    A moyen terme, un programme de l'ordre de 300 millions de DH est en voie de réalisation. Il correspond à l'augmentation à moindre coût de la capacité des installations de raffinage existantes. Ainsi, la production des huiles lubrifiantes, qui est passée de 100.000 à 125.000 tonnes pour un investissement de 15 millions de DH, soit 1,5% du coût initial de ces installations, pourra être portée facilement à 150.000 tonnes par an. Grâce à un investissement de 145 millions de DH, il est actuellement procédé à une augmentation de la capacité de raffinage de 6 à 8 millions de tonnes, soit une hausse d'un tiers de la capacité pour une dépense de 1/20ème du coût actualisé des installations.
    La troisième tranche du plan décennal de 2.250 millions de DH correspond à l'installation de nouvelles unités de production. Il s'agit principalement de la conversion des produits lourds en distillats plus légers et plus précisément la transformation de fuel-oil en gasoil. Cet investissement arrive à temps, le gasoil devenant un produit leader et le marché marocain des combustibles se diversifiant.
    Le financement du plan décennal est prévu par autofinancement à hauteur de 40% et par crédit à l'export des pays d'origine de l'équipement. La rentabilité globale des investissements est de l'ordre de 20% sur les fonds propres pour les tranches II et III.
    D'autres investissements sont envisagés dans un cadre de partenariat avec des entreprises marocaines ou étrangères. C'est le cas des cires industrielles, du noir de carbone et de l'ammoniac-urée.

    Fatima MOSSADAQ


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