×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    Pour attirer les investissements américains : M Abouyoub plaide pour la mise à niveau

    Par L'Economiste | Edition N°:229 Le 09/05/1996 | Partager


    Diversification des partenaires commerciaux oblige, les Etats-Unis font actuellement recette auprès des opérateurs économiques. Cependant, la remise à niveau de l'économie s'impose afin d'offrir aux investisseurs un environnement adéquat.

    Au moment où le Conseil maroco-américain pour le commerce et l'investissement entame une offensive pour vendre le "produit Maroc", la Chambre de Commerce Américaine continue son travail de sensibilisation auprès des milieux d'affaires et des pouvoirs publics pour renforcer le pont économique entre les deux pays. Les membres se sont réunis autour d'un traditionnel déjeuner-débat, le jeudi 25 avril, avec justement au menu ces relations économiques et commerciales. Après l'exposé introductif de M. Aziz Bidah, M. Hassan Abouyoub, ministre de l'Agriculture et de la Mise en Valeur Agricole, devait faire une relecture des échanges avant de tracer quelques sillons où pourraient germer des relations plus solides. Des propos des deux intervenants, il ressort que les relations commerciales se sont beaucoup développées au cours des dernières années sans pour autant atteindre un niveau à la mesure des potentialités. A l'heure actuelle, les Etats-Unis, bien qu'ayant progressé sur la liste des partenaires du Maroc, absorbent moins de 4% des exportations et ne fournissent qu'environ 8% des importations. En revanche, les investissements américains ont été décuplés en cinq ans pour atteindre 550 millions de Dirhams en 1995, soit 12% des investissements étrangers.

    Un environnement similaire


    "Des efforts sont nécessaires pour faire avancer cette collaboration", concède M. Abouyoub. La solution est purement interne. C'est au Maroc d'évoluer pour mieux saisir les opportunités. Il "doit se projeter dans l'avenir en tenant compte des mutations économiques et de la concurrence". Pour mieux s'approcher des Etats-Unis, le pays doit davantage s'aligner tant du point de vue des infrastructures que de la qualité de service et miser par ailleurs sur la formation. Autant que le privé, l'Administration est aussi interpellée. Le partenaire américain est en effet exigeant, veut travailler dans les mêmes conditions que dans son pays, un marché jugé en retour très difficile.
    Cependant, les Etats-Unis ne sont pas seulement un grand marché potentiel pour les exportations marocaines. Ils constituent aussi une importante source de financement, si une stratégie d'approche adaptée est déployée. M. Abouyoub a, dans cette optique, indiqué que le flux d'investissements directs doit être fortement augmenté pour favoriser la croissance non sans souligner l'impact négatif de la conjoncture économique internationale, marquée par la réduction des budgets, sur les financements bilatéraux et multilatéraux. Un constat qui par nature peut être traduit comme une invitation à plus de rigueur et d'initiative pour mobiliser d'autres fonds.
    Le ministre de l'Agriculture et de la Mise en Valeur Agricole, en fin connaisseur des relations Maroc-Union Européenne, souligne dans la foulée que l'Accord d'association va irrémédiablement doper les possibilités d'investissements américains dans le pays. Explication: le Maroc devra s'imposer une remise à niveau qui lui permettra de créer un environnement adapté aux Américains. Autre point important, il précise que plusieurs pays ont intégré le Sud de la Méditerranée dans leur tableau stratégique. Un atout important qui n'attend que d'être exploité.

    Crédibilité


    Des préalables sont cependant nécessaires. L'entreprise est appelée à évoluer, notamment en ouvrant son capital, pour tirer profit des investissements, atteindre une taille critique dans un marché de près de 450 millions de consommateurs. Le secteur financier n'est pas en reste. Le besoin de banques d'affaires écartées des contraintes de rentabilité à court terme se fait ressentir. L'Etat est en train de consolider ce mouvement par la refonte du cadre réglementaire, et... de l'assainissement, un mot qui n'a pas été évoqué, mais qui est certainement venu à l'esprit de l'assistance. "Le Maroc doit être crédible", martèle le ministre.
    Pour l'instant, quelques-uns des éternels problèmes continuent d'être évoqués par les opérateurs économiques, entre autres les démarches administratives, le déficit de terrains industriels, le niveau des moyens de communication à la disposition des entreprises. M. Abouyoub s'est voulu apaisant. Il estime que la Charte de l'investissement constitue le meilleur "guichet unique". Il a rappelé par ailleurs qu'une partie du patrimoine foncier de l'Etat sera cédée au privé sur la base d'un cahier des charges définissant les conditions de sa mise en valeur. Du point de vue de la communication, le ministre est formel: comparativement aux pays de même niveau, le Maroc n'est pas en retard du point de vue des équipements. Cependant, le grand problème réside dans l'alimentation des réseaux en informations. La nature familiale de l'entreprise et les rigidités qu'elle engendre sont toujours désignées du doigt. Une forte résistance encore à terrasser pour décrocher la confiance des investisseurs.

    Alié Dior NDOUR

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc