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    Economie

    Pollution : Des rejets industriels par centaines de tonnes

    Par L'Economiste | Edition N°:148 Le 06/10/1994 | Partager

    Les unités industrielles rejettent trois types de déchets: liquides, solides et gazeux. L'Océan Atlantique est le principal récepteur. Mais les cours d'eau subissent des conséquences plus désastreuses.

    Les régions du Sebou, Safi et certaines zones de Casablanca Mohammédia sont les plus polluées par les rejets industriels. C'est ce qui ressort d'une enquête du Ministère du Commerce et de l'lndustrie réalisée entre les mois de mars et mai 1994. Cette étude, qui a porté sur plus de 6.000 unités de production, a permis d'observer la situation et l'importance des différentes sources de nuisances. L'objectif est de déterminer les actions à entreprendre afin de remédier aux problèmes de pollution. L'enquête s'est penchée sur les trois types de rejets existants: liquides, solides et gazeux.

    Le débit total des rejets liquides écoulés par les unités industrielles en 1993 est évalué à 964 millions de m3. Les industries chimiques et parachimiques, essentiellement celles valorisant les phosphates, sont les principales sources de rejets liquides, environ 931 millions de m3 représentant 97 % du volume total. Les matières polluantes, par ordre d'importance décroissante sont les substances organiques, les métaux lourds et l'azote. Les premières sont engendrées principalement par les industries agro-alimentaires. Les secondes, constituées essentiellement de chrome, sont rejetées par les tanneries à raison de 110 tonnes par an. Le milieu le plus touché est l'Oued Sebou (tanneries de Fès). L'azote, troisième matière polluante, provient pour 55% des industries de la chimie organique et le reste des industries agro-alimentaires. Le rejet de cet élément est évalué à 3.300 tonnes par an.

    23% des rejets réutilisés

    Les déchets solides produits en 1993 par les entreprises industrielles s'élèvent, quant à eux, à 800.000 tonnes. La majeure partie, soit environ 580.000 tonnes (72 %), est stockée dans des lieux aménagés à proximité des unités industrielles. Ceci concerne les boues, le sable et les chutes de ferraille. En revanche, près de 40.000 tonnes constituées de chutes de matières premières (peaux. tissus...) de restes de poissons, d'épluchures de produits agricoles et de fûts métalliques et plastiques ayant servi à l'emballage, notamment des produits chimiques, sont évacuées vers les décharges publiques. L'étude note par ailleurs que 23% des déchets solides (80.000 tonnes) sont réutilisés dans le processus de fabrication ou cédés à des tiers en vue de divers emplois. Ces rejets sont essentiellement la bagasse des sucreries, le grignon produit par les huileries, les chutes de laine, le caoutchouc, le bois et certains métaux.

    Les rejets gazeux résultent de la combustion d'environ 1 million de tonnes-équivalent pétrole de combustibles, essentiellement du fuel. Ce qui se traduit par la formation d'une masse d'environ 2 millions de tonnes de gaz carbonique, précise l'enquête.

    En plus des émissions de gaz carbonique, les entreprises industrielles rejettent dans l'atmosphère du dioxyde de soufre (180.000 tonnes par an), des non-brûlés (400 tonnes), du monoxyde de carbone (700 tonnes), des oxydes d'azote (7.000 tonnes), des poussières (10.000 tonnes) et des composés fluorés (plus de 200.000 tonnes). Ce sont les unités de production d'acide sulfurique, d'acide phosphorique, d'engrais et les cimenteries qui sont les plus concernées.

    L'Océan Atlantique, dépotoir

    Quantitativement, l'Océan Atlantique reste le plus grand dépotoir. Il reçoit près de 99% du débit total des rejets liquides. Qualitativement, toutefois, ces rejets ont un impact plus important sur les cours d'eau. Le Sebou véhicule les rejets de nombreuses sucreries, huileries et tanneries de la région et reçoit en outre les rejets des bains de traitement de surface contenant du cyanure. Les rejets acheminés vers l'Oum Er Bia et le Tensift sont relativement moins importants en qualité mais leur impact sur la qualité de l'eau peut s'avérer à long terme plus dommageable. Le MCI rappelle que consécutivement aux travaux réalisés en 1993 sur la pollution du Sebou, plusieurs opérations ont été effectuées ou sont en cours. Elles ont concerné plusieurs activités et donné lieu à des recommandations.

    Pour le blanchiment de la pâte à papier, il a été préconisé la substitution de l'oxygène au chlore, complétée par un traitement biologique des rejets. Pour les sucreries, les opérations ont concerné le traitement des effluents résiduels. Quant aux activités de raffinage de pétrole, il est prévu la récupération des pertes d'huiles. En revanche, pour les huileries et tanneries de Fès, l'épandage de la margarine pour les premières et la récupération et réutilisation du chrome pour les secondes permettraient de réduire la pollution. Des opérations de traitement intéressant certaines industries alimentaires et de production d'alcool sont en cours d'examen.

    Fatima MOSSADEQ

    Etablissements classés insalubres, incommodes ou dangereux

    Le projet de loi piétine

    Les travaux sur le projet de loi concernant les établissements classés insalubres, incommodes ou dangereux piétinent. Le texte, qui date de 1986, est sans cesse réaménagé pour tenir compte du contexte environnemental. En attendant, la réglementation qui s'applique est issue de différents dahirs et lois de 1914, 1953 et 1955. Elle est considérée comme dépassée(1) par la Fédération des Industries Chimiques et Parachimiques.

    Un groupe de travail a été désigné par cette Fédération pour élaborer et proposer un projet de texte définitif sur les établissements industriels classés insalubres, incommodes ou dangereux. Les secteurs concernés par la réglementation sur ce type d'établissements sont les industries ou les lieux de stockage pouvant produire des fumées, des poussières, des odeurs, des émanations nuisibles ou accidentelles, manipulant des substances toxiques ou présentant des dangers d'incendie, d'explosion ou d'altération des eaux, même accidentellement.

    A titre d'exemple, sont cité, les abattoirs et dépôts de viandes, les extractions des matières grasses, les gaz comprimés, la fabrication d'accumulateurs, d'acides, l'affinage des métaux, les distillations, le stockage d'hydrocarbures et solvants, la fabrication d'allumettes, d'explosifs, de munitions, la fabrication d'amidon, d'ammoniaque, des huiles de carbures, des savons, le traitement des chiffons et tissus, la fabrication des colles, des peintures, des résines, des engrais, des goudrons, des brais, des mousses....

    Pour leur installation, ce type d'établissements doit suivre une procédure particulière lors de sa constitution. La demande doit être présentée en 8 exemplaires. Le formulaire est disponible auprès des directions du Ministère des Travaux Publics. Il comprend une demande, une note technique indiquant le caractère et la consistance de l'établissement envisagé, les plans ainsi que tous les renseignements techniques importants.

    Le dossier remis à la direction des affaires techniques du Ministère des Travaux publics est soumis à une étude technique préliminaire qui permet de contrôler la conformité aux réglementations. Puis, il est procédé, soit à l'ouverture par arrêté d'une enquête commodo et incommodo, soit à la transmission du dossier aux autorités locales pour enquête publique.

    Celle-ci dure près d'un mois. Un rapport d'enquête est établi qui donne, soit un avis favorable, soit un refus motivé. Si l'avis est favorable, un arrêté d'autorisation est notifié. Le délai global normal de la procédure est de 3 mois.

    F.M.

    (1) Table ronde du 30 septembre.

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