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    Economie

    Poisson: La spéculation à plein régime

    Par L'Economiste | Edition N°:3344 Le 19/08/2010 | Partager

    . Des prix sans aucun rapport avec les transactions en gros. Un rapport de 1 à 2, voire de 1 à 3 pour certaines espèces . Espadons, merlans, ombrines et soles à plus de 120 DH/kg«Le poisson est inabordable », s’exclame cette ménagère devant son marchand de poisson. De plus, sur cette place de commercialisation des fruits et légumes et autres produits carnés, les prix ne sont pas affichés. Alors quand le commerçant annonce la couleur, c’est le vertige. Certes, quelques exceptions sont à relever mais la règle est la vente selon la tête du client. Un seul poissonnier, le mieux fourni en diverses variétés de poissons nobles, arborait les prix, ce lundi 16 août, et en bonne place une mercuriale des produits de la mer. A la simple lecture, même le consommateur le plus porté sur les protéines animales se convertirait au régime végétarien. Et pour cause, les prix atteignent des sommets sans précédent sous l’effet de la spéculation. Le poisson, du débarquement à l’étal, passe par un circuit dominé par une armada d’intermédiaires. Qu’on en juge par les chiffres. Les soles moyennes et longues étaient proposées à 100 DH/kg, les crevettes roses à 120 DH/kg. Il en est de même pour l’ombrine et le loup bar. Quant à l’espadon, il caracole à 150 DH/kg. Même le merlan colin a dépassé la barre de 90 DH pour atteindre 100 DH, voire 110 DH dans certains points de vente. Ces prix sont un peu en baisse dans les grandes surfaces. Il faut les diminuer en effet d’environ 10 DH/kg. Idem pour les vendeurs ambulants équipés en matériel de froid. Pourquoi cette flambée? Dans la mesure où les prix relevés au niveau de plusieurs halls aux poissons situés dans différents ports s’éloignent largement des tarifs pratiqués au stade de la vente au détail, soit au bout de la chaîne.

    Armada d’intermédiaires
    Les chiffres de l’Office national des pêches (ONP) sont édifiants à cet égard. Les cotations relevées stade gros le même jour (lundi 16 août) donnent un rapport de 1 à 2, voire 1 à 3. A titre d’illustration, le prix de l’espadon est commercialisé à moins de 50 DH/kg. Une semaine avant le mois de ramadan, il était à 48 DH/kg. Le merlan, poisson blanc très prisé par le consommateur marocain, était à 15,40 DH/ kg et pourtant il était plus cher à la veille de Ramadan (30 DH/kg) L’ombrine valait 22 DH/kg en moyenne et était négociée dans les halles à 27 DH/kg. Cela n’a donc rien à voir avec les 120 DH affichés sur les marchés. Le même constat est valable pour les merlans et les soles. Le prix de cette dernière espèce n’a guère dépassé les 26 DH/kg alors qu’il était en augmentation de 24% par rapport à la semaine avant le mois de Ramadan. Cet état de choses ne trouve son explication que dans la spéculation dont l’appétit s’aiguise par période de forte demande. Sinon comment expliquer l’envolée des prix de la sardine ? Ce petit poisson négocié à moins de 2,50 DH/kg stade gros se vend au cours incroyable de 20, voire 25 DH le kilo.C’est que l’activité compte déjà plusieurs catégories d’intermédiaires, lesquelles connaissent une véritable inflation durant le mois de ramadan. Et Casablanca en concentre le plus grand nombre, selon un responsable à l’ONP. Le circuit le plus simple est constitué des mareyeurs, des grossistes, semi-grossistes, distributeurs et enfin les détaillants. Mais entre certains maillons de cette chaîne s’installent aussi une autre catégorie d’intermédiaires constituées essentiellement par des transporteurs qui prélèvent aussi leur marge. Il faut dire aussi que mis à part les petits pélagiques noirs (sardines, maquereaux, chinchards …) qui ne peuvent être conservés plus de 2 jours, tous les autres poissons peuvent l’être plus que 20 jours. Et c’est le procédé par lequel agissent grossistes, semi-grossites et autres spéculateurs de la filière. Ceci au grand dam du consommateur sans toutefois être inquiété par l’appareil de contrôle. En clair, le marché est libre, bonjour la spéculation! Car c’est vraiment de spéculation qu’il s’agit. Pour s’en convaincre, les débarquements sur le premier semestre 2010 ont enregistré une amélioration de 17% en comparaison avec la même période de 2009. Les prix moyens ont aussi baissé de 12% sur la période considérée. Mieux encore, sur les sept premiers mois les quantités débarquées ont atteint 582.220 tonnes en augmentation de 16% par rapport à 2009. Et cette hausse provient essentiellement du poisson pélagique.A. G.
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