Economie

Plan Emergence
Les ambitions industrielles se précisent

Par L'Economiste | Edition N°:2166 Le 07/12/2005 | Partager

. La feuille de route expliquée aux patrons. Un ciblage sectoriel détaillé. Objectif: moins de 50% de déficit économique dans 10 ansLa «feuille de route de la croissance de l’industrie marocaine» a fait le sujet d’une étape de la tournée de sensibilisation, entamée par Salaheddine Mezouar, ministre de l’Industrie et du Commerce. Lors d’un séminaire organisé, hier à Casablanca, par l’Association pour le progrès des dirigeants (APD), le ministre a présenté devant un parterre de patrons et d’opérateurs économiques le détail d’une stratégie fraîchement élaborée par le gouvernement. Une stratégie qui tend à offrir une vision plus claire de l’industrie du pays dans 10 ans. «La nécessité d’un tel effort de planification n’est pas à démontrer. Et pour cause, l’économie marocaine progresse au ralenti. Elle reste, malgré quelques efforts, dépassée par l’ouverture sur le marché mondial. Le Maroc s’est ainsi vu peu à peu écarté des échanges mondiaux», indique Mezouar. Cependant, plus qu’une simple stratégie, le ministre appelle les opérateurs à être plus «volontaristes». Et adopter une telle attitude est le seul moyen de «capter les opportunités et anticiper les évolutions futures». Mais il faut commencer par un diagnostic. C’est d’ailleurs une phase à laquelle une très haute importance a été accordée. Ainsi, il a été procédé à l’étude de quelque 12 filières et 77 branches industrielles. Premier constat: le secteur industriel ne représente pas de grands enjeux pour l’emploi ou la contribution au PIB. En effet, l’industrie n’emploie que 12% de la population active et ne contribue qu’avec 16% dans le PIB. Elle occupe en revanche la première place dans les exportations avec 52%, soit plus de 130 milliards de DH. Mais marginaliser l’industrie mènerait immanquablement à réduire la compétitivité du pays au niveau international. Autre donne à signaler, l’agroalimentaire et le textile qui se dégagent comme les deux géants de l’industrie. Par ailleurs, la phase d’analyse a fait état d’une grande faiblesse sur le plan de l’environnement structurel. Que ce soit au niveau de la lenteur des procédures administratives, de la lourdeur de la fiscalité ou encore du développement du secteur informel. Celui-ci continue d’inquiéter les acteurs économiques et le gouvernement car il freine l’investissement dans les filières qu’il touche. Le ministre a parlé dans ce sens de plusieurs mesures de lutte contre l’informel. La réduction des droits de douane serait actuellement en étude. Autre obstacle, le coût exorbitant de l’énergie. Des avantages cependant. Le ministre rappelle le positionnement géographique avantageux du Maroc et son accès aux marchés mondiaux grâce aux accords de libre-échange et la disponibilité d’une main-d’œuvre qualifiée et peu coûteuse.Toutes ces données disponibles, place maintenant à la stratégie. Celle-ci est plutôt «ciblée sur les métiers mondiaux du Maroc», explique Mezouar. En clair, les filières permettant de plus larges échanges à l’international seront privilégiées. «Mais ce n’est pas un choix discriminatoire. Il fallait seulement miser sur des filières conformes aux enjeux actuels», ajoute le ministre. C’est le cas du offshoring, matérialisé sous forme de centres d’appels, qui occupe une place de choix dans le plan de relance. Le Maroc a des avantages, notamment la maîtrise des langues étrangères, qu’il compte bien mettre de son côté. De fait, le secteur pourra augmenter sa contribution au PIB de plus de 15% dans 10 ans. Autre cheval de bataille, le secteur automobile. Dans ce sens, le souci pour le Maroc est de constituer une plate-forme de production de pièces et de composantes de véhicules afin d’approvisionner les sites de productions européens. Ceux-ci étant accessibles géographiquement parlant. Pour ce secteur, le ministre promet une hausse de 7,2%. Le plan Emergence concerne, par ailleurs, bien d’autres filières comme l’aéronautique, l’électronique, les produits de la mer, l’agroalimentaire, le textile sans oublier l’artisanat (cf. www.leconomiste. com).En gros, l’impact du ciblage volontariste proposé par le plan prévoit une croissance du PIB de 1,6% à l’horizon 2015. La création de 440.000 emplois ainsi que la réduction de 50% du déficit commercial sont annoncés. La politique de modernisation de l’Etat mise également sur des volets précis, notamment donner accès au financement et offrir une assistance technique et managériale. Enfin, le ministre de l’Industrie n’a pas manqué d’appeler les acteurs économiques privés à plus de réactivité et plus d’adaptabilité à l’environnement mondial. Pour lui, «il n’y a pas de secteur condamné mais seulement des acteurs condamnés».


Et le Maghreb?

«Et le Grand Maghreb?« a demandé un intervenant reprochant au ministre d’avoir dessiné le futur des échanges commerciaux marocains sans intégrer les possibilités d’échanges maghrébins. «Il faut être pragmatique. La coopération maghrébine sera renforcée quand les choses seront mûres», réplique Mezouar. Le ministre a par ailleurs nié la part de responsabilité du Maroc dans la faiblesse des relations avec les pays arabes. Ichrak MOUBSIT

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