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    Economie

    Peste équine : 80% du cheptel ont été vaccinés

    Par L'Economiste | Edition N°:1 Le 31/10/1991 | Partager

    Malgré le dispositif de vigilance mis en place en 1987, à l'apparition de la peste équine dans la péninsule ibérique, le cheptel équin marocain a été atteint en 1989. Depuis cette date, le front de la peste équine, très mobile, s'est vers le Sud et l'Est, en partant du Nord où se situent les premiers foyers. En 1991, 176 cas ont été recensés, dans des provinces aussi dispersées que Beni Mellal, Azilal, El Kelâa, Khénifra, Boulemane, Ifrane, Taza, Ouarzazate, Errachidia, Tata, Agadir, Taroudant, Benslimane, Khémisset, Khouribga, Kénitra et les wilayas de Marrakech, Fès et Meknès, toujours sous forme de cas isolés ayant échappé à la vaccination. Les dernières régions à avoir été atteintes ont été celles de Khouribga, Meknès, Errachidia, Fès et Kénitra, au cours de ce mois d'octobre.
    L'importance socio-économique des équidés confère à cette épidémie un impact considérable. Aujourd'hui, 80% du cheptel équidé national a été vacciné.

    En Mai 1991, une nouvelle campagne de vaccination et de rappel du vaccin contre la peste équine a été lancée.
    La généralisation de la vaccination se poursuit sur l'ensemble du territoire national. Actuellement, plus de 1.600.000 équins sur 2.000.0000 ont été vaccinés, soit un taux de couverture de 80%. Elle a été préconisée par le Comité National de Vigilance pour la lutte contre la peste équine. Trois espèces sont menacées par ordre de sensibilité, les chevaux, les mulets et les ânes. Les ânes sont d'ailleurs suspectés d'être un réservoir de la maladie. Ils entretiennent l'infection et jouent un rôle important dans sa persistance dans une zone.

    Une maladie virale

    La peste équine est causée par un virus de la famille des orbivirus. Elle se diagnostique suite à des accès de fièvre, des hémorragies, et des oedèmes (des tissus sous-cutanés des poumons, des cavités internes). L'animal éprouve des difficultés respiratoires, élimine de la mousse par les narines. Dans 25% à 95% des cas, l'animal meurt.
    La peste sévit princi-palement dans le continent africain où les conditions climatiques (chaleur et humidité) jouent un rôle majeur dans la propagation du virus.
    L'introduction d'équidés malades et la dispersion de l'insecte-vecteur contribuent à la diffusion de la peste sous forme d'épizootie (épidémie) causant des pertes énormes au cheptel. La maladie est transmise soit :
    ·  par les insectes hématophages, principalement les moustiques, vecteurs de la maladie.
    ·  de façon mécanique (seringue).
    Après avoir été introduite en Espagne en 1987 par des zèbres provenant d'Afrique, puis au Portugal, elle a atteint le Maroc en 1989 où elle est encore présente. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois puisque déjà, en 1965 et 1966, les trois pays du Maghreb ainsi que l'Espagne avaient été atteints.

    Législation sanitaire vétérinaire

    Elle prévoit l'application de mesures d'urgence, c'est-à-dire :
    ·  l'isolement et la séquestration des animaux atteints ou suspects,
    ·  l'enfouissement des cadavres,
    ·  des traitements et des vaccinations à l'aide de produits autorisés par le ministère de l'Agriculture et de la Réforme agraire. Des mesures complémentaires et spéciales peuvent être prescrites : abattage des animaux atteints, suspects ou contaminés.
    Des indemnités pour abattage peuvent être accordées par le M.A.R.A aux propriétaires. Des opérations ont également été menées dans les zones menacées et dans les écuries abritant des effectifs importants.

    Lutte difficile

    La situation épidémiologique prévalant sur une vaste zone à relief accidenté est à l'origine des difficultés à radier cette maladie au Maroc.
    Les mesures d'interdit sanitaire imposées pendant plusieurs mois ont eu un impact économique et social négatif. Pris sur proposition du Directeur de l'élevage, l'arrêté ministériel n° 1433-89 du 6 septembre 1989 notifie que, lorsqu'un foyer de peste équine est déclaré, un Arrêté gubernatorial portant déclaration d'infection doit être immédiatement pris. Cet arrêté doit fixer:
    - la délimination à l'intérieur de la province ou préfecture de l'étendue du périmètre infecté, où les mesures de police sanitaire d'urgence deviennent exécutoires après notification à toutes les autorités administratives du périmètre infecté, soit :
    - l'interdiction de circulation des équidés à l'intérieur dudit périmètre;
    - l'interdiction de faire sortir les équidés hors de ce périmètre et d'y faire pénétrer tout autre équidé étranger;
    - la suppression et interdiction de tout rassemblement d'équidés (fantasias, marchés...);
    - l'obligation de tout propriétaire d'équidé reconnu atteint de peste équine d'en faire la déclaration à l'autorité locale qui prendra de concert avec le vétérinaire inspecteur, chef des services provinciaux ou préfectoraux de l'élevage les mesures d'urgence prévues à cet effet;
    - la vaccination obligatoire des équidés reconnus non atteints de peste équine;
    - la désinfection et la désinsectisation des lieux et locaux infectés. La désinsectisation peut être réalisée par voie aérienne : de 1989 à 1990, 65.000 ha ont été traités.

    Résurgence de la peste

    La résurgence de la peste équine en 1990 et 1991 dans les zones de vaccination et parfois même sur des équidés vaccinés dix mois auparavant est dûe :
    ·  à la persistance d'une poche de résistance (asins qui auraient échappé à la vaccination dans la zone infectée en 1989);
    ·  à la baisse du niveau de protection dans la zone de vaccination;
    ·  à la durée d'immunité conférée par la primo-étude sérologique entreprise.
    Des études sont en cours sur le rôle éventuel du portage du virus chez les asins. Une infrastructure de diagnostic a été mise en place pour le renforcement des laboratoires nationaux en matériel de diagnostic rapide afin de permettre une épidémio-surveillance étroite du cheptel équin.
    Les déplacements des équidés feront l'objet d'inspections et surveillance régulières sur le plan international.
    La peste équine est régie par les normes du code zoo-sanitaire international, notamment l'interdiction d'importation ou le transit sur le territoire des pays indemnes, d'équidés domestiques ou sauvages, en provenance directe ou indirecte de pays infectés. Une zone ou un pays sont considérés indemnes lorsque la déclaration de la peste équine y est obligatoire et où aucun cas de peste équine n'a été relevé depuis au moins deux ans.

    Nadia EL ASRI.

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