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    Economie

    Pêche : Les Espagnols réclament plus de flexibilité

    Par L'Economiste | Edition N°:237 Le 04/07/1996 | Partager


    Pour la première fois depuis 1991, le directeur général de la pêche, M. Mohamed Rami, s'est rendu en visite officielle à Madrid. Les armateurs espagnols veulent bien coopérer mais souhaitent une plus grande flexibilité de la loi sur les sociétés mixtes.
    Les premières bases d'une coopération bilatérale plus approfondie entre le Maroc et l'Espagne en matière de pêche ont été jetées, la semaine dernière à Madrid, lors de la visite du directeur général de la pêche, M. Mohamed Rami, et du directeur de la coopération internationale, Mohamed Tangi.

    Les deux représentants de l'administration marocaine ont été reçus par leur homologue espagnol, le directeur général de la Pêche, José Ramon Barañano, et ont tenu plusieurs réunions avec les représentants de la patronale espagnole la CEOE, la Fédération Nationale des Confréries de Pêcheurs, l'Organisation des Producteurs de la Pêche ainsi que la société de consultance Alhambra.
    Six mois après la signature de l'accord de pêche entre le Maroc et l'Union Européenne et à peine un mois après la visite du Premier ministre espagnol, José Maria Aznar, à Rabat, cette rencontre -qui n'avait plus eu lieu depuis 1991- était attendue. Les deux partenaires veulent concrétiser les engagements pris dans le cadre de l'accord de pêche Maroc-UE et lors des déclarations d'intentions des représentants politiques.

    Cette première prise de contact a d'abord permis aux interlocuteurs de se faire connaissance. Nommé il y a à peine deux semaines, José Ramon Barañano, ancien attaché économique de l'ambassade d'Espagne au Maroc, a fait très bonne impression auprès de ses invités, qui ont beaucoup apprécié le fait qu'il connaisse parfaitement la réalité marocaine.

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    Cette rencontre a également permis aux représentants marocains de constater "formellement" que le temps des tensions et de la crispation créées lors des négociations de l'accord de pêche est définitivement révolu. Le message de l'administration et des hommes d'affaires espagnols était clair: le temps de la coopération est venu, et ils ont, semble-t-il, bien su le faire comprendre aux représentants marocains. "Nous sommes très contents de l'accueil et de l'intérêt manifesté par nos amis espagnols pour collaborer avec nous dans le domaine de la pêche mais aussi tous les secteurs annexes", a déclaré M. Mohamed Rami à Madrid.
    Si sur le fond tout le monde était d'accord, il n'en allait pas de même de la forme. Les industriels espagnols ont fait part à m. Mohamed Rami de leur volonté de voir plus de flexibilité des conditions d'investissement étranger au Maroc. Actuellement, toute société étrangère créée au Maroc, dont l'objet social est la pêche, doit obligatoirement être mixte à 50%.

    Or, les investisseurs espagnols souhaitent augmenter leur participation pour pouvoir contrôler de plus près leurs affaires.
    Tous les autres secteurs touchant de près ou de loin la pêche, telles la transformation et la commercialisation des produits de la mer, ont également été abordés.

    Les délégués ont évoqué l'importance de la protection de la faune marine et l'efficacité des commissions de contrôles mixtes mises en place par l'accord de pêche. M. Rami a assisté cette semaine à la première inspection de bateaux espagnols à Palma, en présence d'inspecteurs marocains. "Nous sommes tous d'accord qu'il faut protéger les ressources marines, sinon tout ce dont on parle aujourd'hui ne servira à rien demain!", a précisé José Ramon Barañano.

    Coopération scientifique


    Les deux administrations se sont par ailleurs engagées à signer en septembre un accord de coopération en matière de recherche scientifique et de formation professionnelle. L'harmonisation des politiques commerciales respectives ont également retenu l'attention des délégations.

    "Pour nous c'est très important d'avoir un Maroc économiquement développé et riche, car c'est aussi assurer emploi et prospérité dans tout le Sud de l'Espagne!", a insisté le directeur général espagnol.
    Pour ce qui est de la collaboration industrielle, les armateurs espagnols se sont montrés disposés à renforcer leur présence et leurs investissements au Maroc et à faire profiter leurs homologues marocains de leur "know-how", notamment en matière d'aquaculture, -par exemple pour les élevages de coquilles Saint Jacques-.
    il a aussi été question de collaboration et de projets mixtes en infrastructure et aménagements des ports, dragages et dévasages, réparation et stockage frigorifique des produits.

    Si tout ce qui a été dit est mis en pratique, les quatre prochaines années de relations hispano-marocaines s'annoncent très fructueuses en matière de pêche. En tout cas, elles seront cruciales pour l'avenir de la zone. En 1999, les autorités marocaines ont déjà averti qu'il n'y aura pas de nouvel accord de pêche. Mais du côté espagnol on ne désespère pas "si notre coopération est productive", conclut Barañano, "et que les bancs de pêche sont bien organisés, il peut très bien y avoir place pour deux flottes, la Marocaine et l'Européenne".

    Pascale Bourgaux,
    notre correspondante à Madrid

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