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    Economie

    Pauvreté: Le HCP contre-attaque

    Par L'Economiste | Edition N°:3349 Le 27/08/2010 | Partager

    . La méthodologie du nouvel indice Pnud-Oxford critiquée. Les éléments retenus dans son calcul ne couvrent pas toutes les priorités socioéconomiques . Le Maroc s’oppose à son application Le classement des pays selon l’Indice de pauvreté multidimensionnelle (MPI) élaboré par l’université d’Oxford pour le compte du Pnud soulève des remous. Depuis leur publication par L’Economiste (www.leconomiste.com), les résultats de cette étude font des vagues. Après le communiqué du ministère des Affaires étrangères, le Haut-commissariat au Plan a organisé une conférence de presse, mercredi 25 août, à Casablanca. Une occasion de lister les lacunes de la méthode utilisée. Pour le HCP, l’insuffisance des variables et des données sur lesquelles cette approche se fonde montre qu’elle ne peut se substituer aux méthodes objectives des organismes internationaux. «Cette approche est moins pertinente que celle du HCP. Elle ne peut, en aucun cas, servir au classement des pays en développement avant qu’elle ne se fonde sur la même période de référence et fasse l’objet d’un débat au sein de la Commission des statistiques relevant des Nations unies», soutient Ahmed Lahlimi, haut-commissaire au Plan. Le HCP a également révélé que la Banque mondiale critique la méthodologie utilisée: «Le MPI ne saurait probablement pas bien saisir les impacts des chocs économiques ou des phases d’expansion rapide de la performance macro-économique sur les populations pauvres». Si les arguments du HCP tiennent la route, il n’en reste pas moins que les discussions avec le Pnud risquent d’être animées. Le Maroc qui critique son classement (56e sur 104 pays) a saisi cet organisme international pour que cette approche ne soit pas appliquée dans l’édition du 20e anniversaire du Rapport mondial sur le développement humain, attendu en octobre prochain. «Si c’est le cas, nous exigerons que l’approche multidimensionnelle mise au point par le HCP soit également publiée», soutient Lahlimi. Il explique que «comme toutes les approches multidimensionnelles, la mesure de la pauvreté d’après le MPI se fonde sur un seuil subjectif et ne se prête pas aux comparaisons avec les approches monétaires dont le seuil est objectivement déterminé ». Les années de référence des enquêtes prises en compte par les chercheurs d’Oxford sont également pointées du doigt car elles diffèrent d’un pays à l’autre. Ce qui ne permet pas d’opérer une comparaison entre pays. Dans ce classement, les chercheurs ont comparé le Maroc de 2004 à l’Egypte de 2008 par exemple occultant ainsi tous les efforts fournis entre 2004 et 2008 en matière de développement humain, économique et social. «Si les chercheurs à l’origine de cette étude ont opéré ce classement, c’est uniquement pour avoir des subventions. Sinon pourquoi ne l’ont-ils pas effectué pour des pays comme les Etats-Unis ou la France», poursuit Lahlimi. L’étude est également critiquée car la méthodologie mise en place par Oxford avec le soutien du Pnud a fait grimper la pauvreté de plusieurs points, soit à 28%. Pour le HCP, les dimensions retenues dans le calcul de l’indice multidimensionnel de la pauvreté ne couvrent pas toutes les priorités socioéconomiques. Elles excluent les indicateurs d’apport qui mesurent la capacité des populations à se prendre en charge. C’est le cas des facteurs de revenu tels que l’emploi, la couverture sociale ou encore l’accès au réseau routier et aux moyens de financement. Autre lacune citée par le Haut-commissariat au Plan, les variables sur lesquelles se fonde la mesure du MPI. Celles-ci deviennent problématiques dès que l’on inscrit la pauvreté dans une approche dynamique. Autrement dit, un déficit sanitaire, nutritionnel ou scolaire d’un membre du ménage augmente le risque pauvreté des autres membres. Pour étayer ses arguments, Lahlimi explique que par exemple «tous les membres d’un ménage sont classés pauvres si l’un d’entre eux souffrant de malnutrition, quitte le système scolaire avant l’âge de 14 ans».Khadija MASMOUDI

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