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    Paribas: Vieille dame, mais très branchée

    Par L'Economiste | Edition N°:298 Le 02/10/1997 | Partager

    Un peu d'ONA, un brin de bourse, une pincée de banque et beaucoup de conseil. La Banque de Paris et des Pays-Bas, arrivée au Maroc il y a presqu'un siècle, a tourné le dos aux vieilles activités. Elle s'implique dans les nouveaux créneaux et la haute finance. Et toujours injectant la bonne dose, attirant les confrères.


    La maison Paribas ne s'encombre pas de son passé. Elle vit les affaires du présent, dans un immeuble neuf, un décor dépouillé, au centre de Casablanca.
    Le bureau de représentation, installé en 1996, est animé par un staff réduit et très jeune. M. Charles Gasparac, le représentant au Maroc de la banque centenaire, arrivée au Maroc avant le Maréchal Lyautey, évoque avec fierté cette présence, mais ne se perd pas dans le détail et les anecdotes.
    D'ailleurs, le bureau n'a pas d'archives. Juste quelques photos du Maroc de Mazagan et Louis-Gentil pour décorer la salle de réunions.
    Il semble que la banque ait toujours cherché à bien doser sa présence et entraîner d'autres consoeurs dans des opérations qui n'ont jamais rien d'aventure. Le maître-mot semble être la prudence et non pas l'expansion conquérante, contrairement à ce que l'on croit.

    Privatisation des télécoms


    Commençons par l'ONA, la plus connue de ses participations. Avec 3% du capital, il n'y a pas de quoi appeler le plus grand groupe marocain «filiale». M. Michel François Poncet, président du conseil de surveillance de Paribas est administrateur de l'ONA, alors que M. Fouad Filali est membre d'un comité international consultatif de la compagnie financière Paribas. Voilà pour l'échange de civilités.
    Autre participation directe, la Société Marocaine de Dépôt et de Crédit (SMDC). Paribas en détient 24% avec deux postes d'administrateurs. Il y a enfin la SMEG, holding de participations cotées et non cotées. «C'est la seule gestion directe, et le portefeuille passe près de cent millions de Dirhams», indique M. Gasparac qui coordonne aussi les autres activités du groupe au Maroc.
    Outre les participations, le conseil en privatisation pour le gouvernement, Paribas a conclu un partenariat avec la BEX pour concourir à la privatisation des télécoms, la grande affaire des prochains mois: toujours s'adapter au bon secteur du moment, et avec un confrère. Les négociations sont même en cours pour impliquer un 3ème banquier. Les conseils de ce consortium, s'il est retenu, porteront sur le placement à l'extérieur. Paribas ne manquera pas de mettre en avant son expérience acquise à l'occasion de la privatisation de France Télécom.
    En matière de privatisation, Paribas peut aussi conseiller un acheteur. Ce fut le cas du groupe qui a acquis la CNIA.

    La banque intervient aussi dans l'activité de «corporate finance», qui mobilise de gros montants et génère une forte valeur ajoutée.
    «Notre apport ne se limite pas à la seule mise à disposition d'argent, mais à tout l'environnement du crédit», précise le chef du bureau de représentation, qui cite les exemples d'achats d'avions, ou de concession de production électrique à Jorf Lasfar.
    Paribas sera investisseur direct dans une société qui exploitera avec EDF l'énergie éolienne dans la région de Tétouan. Le coût de l'investissement sera de 50 millions de Dollars.
    Des opérations de privé à privé peuvent avoir leur importance et faire appel au conseil de la banque.
    Paribas est par ailleurs présente dans Attijari Finances, via sa filiale Cetelem, spécialisée dans le crédit à la consommation. Elle en détient 50% du capital, tout comme la BCM.

    Enfin, Paribas reste présente sur les «activités de marchés», c'est-à-dire les emprunts d'Etat, qui lui avaient ouvert les portes du Maroc. La première opération remonte en 1902. La dernière en 1996. La banque française avait le mandat pour lancer et placer un emprunt de 1,5 milliard de Francs français, garanti par la CFD. Son rôle est dit, dans le jargon, de «leader manager».
    L'emprunt a été placé à partir d'une équipe de Londres. D'ailleurs, le bureau de Casablanca, s'il relève de Paris, travaille en liaison avec Londres, Milan ou Francfort, en fonction de l'intérêt.
    «Le rôle du bureau est de promouvoir le Maroc dans toute la banque présente dans 60 pays», précise M. Gasparac. «Car, s'intéresser à un pays n'est pas naturel». Optimiste, il croit que «les choses se font à un bon rythme, de manière satisfaisante».
    La banque ne regarde donc pas le Maroc comme un vieux fief, mais comme un «pays émergent», qui a sa place dans le concert des affaires, pourvu que l'on sache attirer l'investisseur, et bien l'informer sur les opportunités.

    Paribas dans le monde


    C'est en 1872 que la Banque de Paris et la Banque de Crédit et de Dépôt des Pays-Bas unissent leur destin pour mieux affronter la mondialisation et la construction de l'Europe. Et oui, ce n'est pas un anachronisme. Car, à la fin du XIXème siècle, il fallait déjà lever de gros capitaux pour le train, le percement des canaux, la conquête des marchés extérieurs qui se mêlaient à l'expansion coloniale Guillaume III de Hollande et Napoléon III encourageait ce mouvement. Très tôt, la banque a été mêlée au grand mouvement de fonds, comme les emprunts d'Etat, les versements des indemnités de guerre.
    Aujourd'hui, Paribas est un des premiers groupes bancaires mondiaux, avec 61 milliards de Francs de fonds propres, et plus de 26.700 salariés. Le portefeuille des participations industrielles et commerciales est évalué à 37,4 milliards de Francs à fin 1996. Les dépôts de la clientèle de cette institution pourtant recentrée sur la banque d'affaires se montent à 218 milliards, et les crédits à 409 milliards. L'action Paribas est cotée à Paris, Anvers, Bruxelles, Tokyo et à la Bourse suisse.
    Les plus importants actionnaires sont les assureurs français: AXA-UAP (9,8%) et les AGF (6%).


    Khalid BELYAZID

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