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    Europe

    Parce que le compte à rebours a déjà commencé : Une nouvelle initiative de L'Economiste

    Par L'Economiste | Edition N°:237 Le 04/07/1996 | Partager


    Ce printemps, un coup de tonnerre a ébranlé les certitudes de tout un secteur, la conserverie de poisson: 11 entreprises n'avaient pas obtenu le feu vert pour exporter sur l'Europe. Ce type de cas se représentera: question "d'Euro-niveau" pour tenir la route avec l'Europe.


    C'est pourtant une histoire bien simple qu'a vécue la conserve marocaine, avec l'application des normes communautaires. Au cours de l'année 1991, l'Union Européenne diffuse une directive, par laquelle elle indique les normes et standards à respecter pour rester dans le champ de ses fournisseurs en conserves de poisson. Ce texte ne concerne pas le marché intérieur, uniquement l'exportation vers l'Europe, mais il est évident que progressivement, de fait ou de droit, l'impératif va s'étendre à l'ensemble de la filière, jusques et y compris sur le marché intérieur.

    Cette directive communautaire est publiée in extenso par L'Economiste dans les mois qui suivent, car le texte décrit très précisément les équipements et les modes opératoires(1). A ce titre, tout ardu et rébarbatif qu'il soit, il est une sorte de mode d'emploi pour rester dans la course.

    Mais les esprits ne sont qu'à moitié prêts. La publication soulève des protestations. Quelques conserveurs font part au journal de leur "étonnement" ou de leur "irritation". "En diffusant de telles informations, se plaignent-ils, vous jetez le doute sur la qualité des produits".

    Aujourd'hui ce genre d'arguments prête à sourire, il y a quatre ans, il avait droit de cité. Et il n'avait pas été facile de faire admettre que, non seulement il fallait diffuser ces normes, mais encore qu'il fallait d'urgence apprendre à raisonner à l'endroit: la négation du risque ne fait pas du tout disparaître le risque et personne ne fera l'effort à la place des conserveurs pour qu'ils se hissent au niveau requis.

    Quatre ans après, il faut croire que la leçon n'avait pas été acquise pour tous, puisque de rudes batailles ont agité le milieu professionnel. Les batailles ont duré jusqu'à ce printemps. Pourtant la majorité des conserveurs se retrouvent à la date dite avec des procédés industriels capables d'entrer sur le marché européen. D'ici à ce qu'ils mettent un label de reconnaissance sur les boîtes vendues livrées au marché intérieur et qu'ils tirent bénéfice de leur "Euro-niveau", il n'y a qu'un pas.
    Ainsi, dès avant l'accord, la globalisation des marchés de la conserve de poisson était à l'oeuvre.

    Bien sûr, quelques-uns croyaient encore qu'en développant des discours passéistes, ils pourraient faire revenir l'Etat marocain et l'Union Européenne sur la politique normative.

    Le résultat est maintenant connu: le Ministère des Pêches Maritimes et de la Marine Marchande n'a pas reculé et a tenu à conserver entre ses mains et à exercer réellement le pouvoir de contrôle que lui confie l'Union Européenne. Onze entreprises doivent donc investir des montants divers pour décrocher leur "Euro-niveau".

    Cette histoire décrit presqu'à la caricature les effets structurels que va avoir l'accord avec l'Union Européenne. C'est en tirant les leçons que L'Economiste ouvre une rubrique nouvelle, Euro-niveau. Elle approchera les questions d'investissements, de formation, de normes ou de réseaux d'affaires. Les entreprises ou les services publics, qui aujourd'hui vivent dans un univers trop fermé sur lui-même, y trouveront des informations précises pour évaluer leur propre situation vis-à-vis de l'Euro-niveau.

    Nadia SALAH



    (1) Cf L'Economiste du 25 juin, des 2, 9 et 16 juillet 1992.

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